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El Chapo vers les États-Unis, vivra le même sort que le dictateur panaméen, narco-trafiquant, Noriega

El Chapo vers les États-Unis, vivra le même sort que le dictateur panaméen, narco-trafiquant, Noriega

Joaquin «El Chapo» Guzman est escorté par des militaires mexicains alors qu’il est présenté à la presse, à Mexico, le 8 janvier. PHOTO EDUARDO VERDUGO, AP


Le processus d’extradition vers les États-Unis du trafiquant de drogue mexicain Joaquin «El Chapo» Guzman prendra au moins un an, voire beaucoup plus si ses avocats utilisent tous les recours légaux, ont averti les autorités lundi, faisant ressurgir la crainte d’une nouvelle évasion.

Le Mexique, qui s’y refusait jusqu’à présent, a ouvert la voie ce week-end à l’extradition vers les États-Unis d’El Chapo, arrêté vendredi. Après la précédente arrestation de Guzman en février 2014, le président mexicain Enrique Peña Nieto avait refusé son transfert vers les États-Unis, promettant de le juger et de l’incarcérer au Mexique.

Dimanche, des représentants d’Interpol se sont rendus à la prison d’Altiplano, où le baron de la drogue est de nouveau incarcéré, pour délivrer «deux mandats d’arrêt aux fins d’extradition», lançant formellement la procédure.

«J’estime que le processus pourrait durer au moins un an», a déclaré lundi sur la radio «Radio Formula» José Manuel Merino Madrid, directeur des relations internationales des services du procureur, indiquant se fonder sur des cas antérieurs de trafiquants de drogue.

Le raid qui a mené à l’arrestation d’El Chapo

Cela pourrait être plus long encore : «Nous avons eu des procédures d’extradition qui nous ont pris entre quatre et six ans, en fonction des recours déposés par les avocats,» a encore déclaré ce responsable.

«Dans l’hypothèse où le ministère des Affaires étrangères considèrerait qu’il y a suffisamment d’éléments pour donner son feu vert à l’extradition, il (El Chapo) pourrait encore déposer un recours» devant la justice, a-t-il expliqué.

Enfin, après que les juges auront rendu leur décision sur l’extradition, et quand le ministère des Affaires étrangères mexicain aura pris une décision finale, Guzman pourra encore faire appel.

Combat juridique

L’avocat d’El Chapo s’est engagé à mener un combat juridique «dur», pouvant aller jusqu’à la Cour suprême, pour s’opposer à l’extradition du chef du cartel de Sinaloa vers les États-Unis, au motif qu’il risque là-bas la peine de mort.

Le chef du cartel de Sinaloa fait l’objet de poursuites dans plusieurs États américains : en Arizona, en Californie, au Texas, en Illinois, à New York ainsi qu’en Floride.

Joaquin «El Chapo» Guzman a été arrêté vendredi à Los Mochis, dans l’État de Sinaloa (nord-ouest), six mois après son évasion rocambolesque de la prison à haute sécurité d’Altiplano, le 11 juillet dernier, humiliant le président Peña Nieto qui se trouvait alors en visite en France, et qui avait tenu à le faire incarcérer au Mexique.

C’était en effet la deuxième fois que le narcotrafiquant s’échappait d’une prison à haute sécurité mexicaine, après une première évasion en 2001 dans un panier de linge sale.

Une entrevue accordée par El Chapo en cavale

Le gouvernement ne peut cette fois prendre le risque d’une nouvelle évasion du puissant baron de la drogue, qui serait politiquement désastreuse, estiment certains analystes.

Avant même son arrestation, les autorités mexicaines ont préparé la voie, des juges lançant des mandats d’arrêt à fin d’extradition dès le mois d’août.

Le gouvernement mexicain avait précisé avoir reçu une demande formelle d’extradition des États-Unis le 25 juin, soit deux semaines avant l’évasion.

Plusieurs hommes politiques américains ont appelé ce week-end le président Barack Obama à réclamer l’extradition de Guzman.

Mais pour le sénateur mexicain Miguel Barbosa, un des leaders du Parti révolutionnaire démocratique (PRD, gauche), El Chapo doit être jugé dans son pays. Extrader Guzman «serait choisir la facilité et, une fois de plus, l’État mexicain montrerait qu’il n’a pas la force de punir sur son territoire ceux qui commettent des crimes», a-t-il déclaré.

Sean Penn surveillé par les autorités mexicaines

Un homme présenté comme Sean Penn, à l’aéroport de Guadalajara, le 2 octobre. PHOTO EL UNIVERSAL

Sean Penn surveillé par les autorités mexicainesUne femme, identifiée comme Kate del Castillo, à l’aéroport de Guadalajara, le 2 octobre.  PHOTO EL UNIVERSAL

Extrader El Chapo vers les États-Unis prendra au moins un an

Les deux acteurs saluant un homme avant de monter dans une voiture. PHOTO EL UNIVERSAL

Sean Penn surveillé par les autorités mexicaines

L’acteur américain Sean Penn et l’actrice mexicaine Kate del Castillo étaient surveillés par les autorités mexicaines avant leur rencontre avec le trafiquant de drogue mexicain Joaquin «El Chapo» Guzman, selon le quotidien mexicain El Universal.

Ce quotidien publie des photos figurant dans un rapport des services de renseignement mexicains qu’il s’est procuré. L’interview du trafiquant de drogue réalisée par Sean Penn a déclenché ce week-end une vague de réactions politiques aux États-Unis comme au Mexique, qui souhaite entendre l’acteur.

Sur ces photos, on voit notamment un homme vêtu d’une casquette et de lunettes noires, ressemblant fortement à Sean Penn, et une femme, identifiée comme Kate del Castillo, qui arrivent à l’aéroport de Guadalajara (centre-ouest), le 2 octobre.

Une autre photo, visible sur le site du journal, montre les deux acteurs saluant un homme avant de monter dans une voiture qui devait les conduire vers une piste d’atterrissage dans l’état voisin de Nayarit, selon le journal.

L’un des deux avions, utilisé ensuite apparemment pour rejoindre la cachette d’«El Chapo», est également photographié.

Les services du procureur n’étaient pas immédiatement disponibles pour commenter ces images.

Les autorités mexicaines cherchent à interroger Sean Penn et Kate del Castillo, sur leur rencontre secrète en octobre avec le fugitif, notamment pour une interview publiée samedi par le magazine américain Rolling Stone.

«El Chapo» a accueilli Sean Penn en un lieu isolé dans la jungle en l’appelant «compadre» (compagnon) et en lui faisant une grande accolade.

La rencontre a duré sept heures et a déclenché de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, tandis que le candidat républicain à l’élection présidentielle américaine Marco Rubio l’a qualifiée de «grotesque».

Un journaliste peut interroger un trafiquant de drogue, or «ce ne sont pas des journalistes», a ajouté une autre source du gouvernement mexicain.

Le magazine américain Rolling Stone a publié samedi l’entretien, relu par le narcotrafiquant avant diffusion, et accompagnée d’une photo prise le 2 octobre de la poignée de main des deux hommes, sur laquelle Guzman apparaît, moustachu et portant une chemise en soie.

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