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RDC-La CENI : La pression exercée et Corneille Nangaa prêt à publier un calendrier électoral réaménagé 

RDC-La CENI : La pression exercée et Corneille Nangaa prêt à publier un calendrier électoral réaménagé 

C’est dans le cadre des consultations des partenaires au processus électoral que le président de la Ceni a eu des contacts avec les chefs des églises de réveil. Corneille Nangaa, président de la Ceni, se dit prêt à publier un calendrier électoral réaménagé. Ce calendrier, a-t-il fait savoir, ira au-delà du délai constitutionnel. Intervenant sur le plateau de la Télévision RTVS1, le président de la Centrale électorale a affirmé que c’est « un calendrier électoral du glissement ». Il a justifié ce glissement par le fait que son chronogramme irait au-delà du délai constitutionnel.

Les difficultés sont énormes pour organiser les élections dans le délai. Sa précision de taille est que  pour contourner cette difficulté, la Ceni invite toutes les parties prenantes au processus électoral à trouver un consensus sur ce calendrier réaménagé.
Corneille Nangaa est, enfin, prêt avec un calendrier électoral réaménagé. Il soumettra ce calendrier à ses partenaires pour trouver un entendement commun, du fait que les moyens matériels et financiers ne seront pas au rendez-vous avec le temps. Donc, ce calendrier, a-t-il dit ouvertement et clairement, dépasse les bornes  constitutionnelles. A l’en croire, ce calendrier réaménagé va à l’encontre de la Constitution qui exige que le corps électoral soit convoqué 90 jours avant la fin de la mandature en cours.

Corneille Nangaa revient sur le consensus à trouver dans le cadre d’un dialogue politique inclusif sur le calendrier électoral réaménagé. Or, à ce jour, le dialogue est toujours dans l’impasse totale.

Que faire face aux pro et anti-dialogue ?

Après les consultations menées par le chef de l’Etat au Palais de la nation, il y a eu des tendances qui se sont dégagées au sujet du dialogue. Les premiers sont les personnalités qui acceptent le dialogue, en posant des conditions comme par exemple le respect des délais constitutionnels de la mandature en cours. Ce groupe laisse néanmoins la latitude au chef de l’Etat d’en fixer les termes de référence.

D’autres groupes jugent le dialogue inopportun. Devant cette cacophonie, pro-dialogue et anti-dialogue, sur la question des élections, la Ceni devra trouver une ligne médiane. Faut-il noter à ce sujet que depuis la publication par le chef de l’Etat de l’Ordonnance de convocation qui prévoyait la mise sur pied du Comité préparatoire dans les 10 jours à compter de la date de sa signature, aucun autre acte n’a été posé. On est déjà en janvier 2016. Et dans l’entre-temps, les positions des pro et anti-dialogue ne se sont jamais rapprochées.

Difficile consensus

Le consensus électoral tel que souhaité par le président de la Ceni  sera difficile à trouver, à voir de très près le décor qui est planté de part et d’autre. L’opposition est restée de marbre dans sa logique de trouver le consensus dans le cadre de concertation Ceni-Opposition-MP-Société civile.

Il faut aussi rappeler que tous les calendriers électoraux publiés par la Ceni ont toujours soulevé un tollé général. Au cours de cette législature, la centrale électorale avait publié un calendrier partiel en 2014, qui ne reprenait que les élections locales, municipales et urbaines. Ce calendrier a été rejeté dans tous les camps politiques et la Société civile. En échange, tous exigeaient un calendrier global reprenant tous les scrutins en respectant les délais constitutionnels.

C’est ce que la Ceni a fait en publiant au mois de février 2015 le calendrier électoral global qui prévoyait  les locales et les provinciales au 25 octobre 2015, les législatives et la présidentielle en novembre 2016 et la passation des pouvoirs au 20 décembre 2016.

Ce calendrier a été qualifié d’irréaliste par l’Opposition et la Société civile qui exigent tout de suite son réaménagement dès sa publication. On en est là aujourd’hui, avec le nouveau calendrier que va proposer la Ceni.

Alors la question fondamentale qui se pose est celle de la priorisation des scrutins pour affronter le défi du temps et des ressources financières dont se plaint la Ceni.

Peter Tshibangu
La Prospérité

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