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Burkina Faso : Le Premier ministre annonce des ” mesures fortes” pour les cinq prochaines années

Burkina Faso : Le Premier ministre annonce des ” mesures fortes” pour les cinq prochaines années

Le Premier ministre burkinabè, Paul Kaba Thiéba, nommé le 6 janvier dernier, a annoncé vendredi soir devant le Parlement des “mesures fortes” pour impulser un développement durable dans ce pays classé parmi les plus pauvre du monde.

Dans sa déclaration de politique générale devant les députés qui a duré deux heures, M. Thiéba a souligné qu’en 2014 le Burkina Faso était classé 183 sur un total de 188 pays, selon l’indice de développement humain, et que plus de 40% de ses 19 millions d’habitants vivent en-dessous du seuil de la pauvreté.

“Ce n’est pas brillant”, a-t-lancé, ajoutant que le pays présente des signes de fragilité en terme économique.

Selon le Premier ministre, la croissance économique est évaluée à 5,5% ces dernières années alors que le taux de croissance démographique est de 3%. En 2015, les dépenses courantes de l’Etat ont absorbé 94% des recettes fiscales de l’Etat, a-t-il ajouté.

M. Thiéba a dénoncé l’accroissement “démesuré” des charges courantes, soulignant que la charge de la masse salariale est de 49% alors que la norme exige qu’elle ne dépasse pas 37%.

Il a prévenu que cette situation sera plus perceptible en 2016 dans la mesure où des augmentations de salaires sont en vue.

M. Thiéba, économiste de 55 ans, a soutenu que pour une véritable transformation de l’économie du Burkina Faso, les actions de développement doivent se faire sur la base de trois valeurs à savoir le patriotisme, l’attachement à l’éthique et le volontarisme.

“Nous devons nous mettre au travail. C’est dans un engagement collectif que nous gagnerons la victoire. Beaucoup de cœur, d’engagement au travail et lutte contre l’incivisme, et les intérêts égoïstes”, a-t-il énuméré.

Le Premier ministre a imputé la fragilité de l’économie burkinabè, entre autres, au manque de main d’œuvre qualifiée ou spécialisée. Pour son mandat, il a annoncé de vastes programmes dans les secteurs clés tels que l’éducation, la santé, l’agriculture et la recherche.

Sur le plan sécuritaire, le Premier ministre a expliqué que son gouvernement prend fonction dans un contexte d’attaques terroristes et de tentatives de déstabilisation du Burkina Faso qui vient de sortir de treize mois de transition après la chute du régime de Blaise Compaoré.

“Notre pays a été lâchement agressé”, a-t-il lancé, attribuant ces attaques à des “forces rétrogrades nostalgiques” dont l’objectif est de compromettre la démocratie. “Ce contexte exige du gouvernement des actions fortes”, a-t-il dit.

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