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La Turquie et l’Arabie Saoudite ont déjà un pied en Syrie

La Turquie et l’Arabie Saoudite ont déjà un pied en Syrie

Alors que la Turquie et l’Arabie saoudite se disent prêtes à déployer leurs troupes sur le sol syrien, une invasion indirecte a déjà eu lieu depuis longtemps, estime le politologue Yuri Pochta dans un entretien accordé à Sputnik.

« C’est que l’invasion, malgré indirecte, a déjà eu lieu. La Turquie et l’Arabie saoudite œuvrent via les groupes rebelles hostiles au gouvernement syrien », explique le politologue. « Ces mercenaires sont pourtant devenus moins actifs depuis que la Russie a entamé sa campagne aérienne. Dès lors, les terroristes reculent dans plusieurs régions ».

L’Armée arabe syrienne, appuyée par les avions russes et par les forces du mouvement chiite libanais Hezbollah, est parvenue ces derniers mois à inverser le cours de la guerre et à passer elle-même à l’offensive. Cette année, les forces gouvernementales syriennes ont enregistré de grandes victoires dans la province de Lattaquié mais pas que, alors que les combattants de Daech ont battu en retraite dans plusieurs régions. Et la Turquie avec l’Arabie saoudite ont épaulé ces derniers.

A l’heure qu’il est, Ankara et Riyad ont apparemment « décidé de sauver la situation en lançant une opération terrestre directe en Syrie et de renverser le président Bachar el-Assad », fait remarquer M. Pochta.

armée saoudienne
              © AP PHOTO/ SPA

La preuve est apparue cette semaine. Jeudi, le ministère russe de la Défense a pointé les signes indiquant que les forces armées turques se préparaient, activement mais clandestinement, à une opération militaire en Syrie. Ce même jour, l’Arabie saoudite a exprimé son intention d’envoyer ses troupes en Syrie sous prétexte de lutter contre Daech.

Pour autant, si les deux pays se décident à déployer leurs forces militaires sur le territoire syrien, ils ne feront que compliquer davantage la situation sur ce théâtre déjà submergé d’actions militaires, met en garde l’interlocuteur de Sputnik.

De nombreux experts ont déjà pointé le fait que la résolution du conflit syrien se révèle un processus long et dur en raison du grand nombre des parties prenantes.

Mais la Turquie, l’Arabie saoudite, contre qui elles vont lutter?, s’interroge l’analyste.

« Cette initiative ne tournera-t-elle pas en une vraie guerre où seront engagées l’Arabie saoudite, la Turquie et la Syrie? Et ensuite, il y a la Russie… Et la Turquie est un membre de l’Otan. La situation est également aggravée par des centaines de groupes rebelles impliqués. La Syrie est en passe de devenir une +zone grise+. Les acteurs locaux, régionaux et mondiaux poursuivent tous leurs propres buts. La majorité d’entre eux rêvent de détruire la société et l’Etat syriens. C’est tragique », résume M. Pochta.

SPUTNIK

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