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Présidentielle au Congo Brazzaville : Y’aura-t-il un successeur à Sassou N’Guesso? Oui Général Mokoko

Présidentielle au Congo Brazzaville : Y’aura-t-il un successeur à Sassou N’Guesso? Oui Général Mokoko

Le président congolais sortant Denis Sassou N’Guesso, candidat à sa propre succession, affrontera, le 20 mars prochain, huit candidats, dont son ex-conseiller, Jean Marie Michel Mokoko, ancien chef de l’Etat-major de l’Armée congolaise, qui, malgré des déboires avec la justice, bénéficie d’une popularité.

Le scrutin du 20 mars prochain semble être maintenu, car même si les préalables posés par l’opposition – l’audit du fichier électoral et la mise en place d’une commission indépendante-n’ont pas été satisfaits, celle-ci a tout de même présenté plusieurs candidats et n’évoque pas de boycott.

La campagne présidentielle sera donc lancée le 4 mars prochain pour une durée de deux semaines, mais déjà dans les rues de Brazzaville l’attente est palpable.

Si pour certains, le 20 mars sera l’occasion de mettre fin à «32 ans de règne Sassou» pour d’autres, cela permettra de «stopper net des opposants opportunistes», selon des propos recueillis par Anadolu.

D’après le verdict de la Cour Constitutionnelle, rendu public mercredi, ce sont, au total, neuf candidats sur dix, qui pourront concourir à la magistrature suprême.

En effet, seule une candidature a été invalidée, «pour défaut de paiement de la caution non remboursable de vingt-cinq millions FCFA (50 mille dollars)». Il s’agit, selon la Cour, de celle de Luc Tchinianga Mavoungou- un indépendant, inconnu de la politique congolaise.

En revanche, et sans surprise, celle du président sortant Sassou N’guesso, 72 ans, candidat à sa propre succession, pour un troisième mandat, a reçu la bénédiction de la Cour.

N’guesso, investi candidat à la présidentielle le 26 janvier dernier par sa formation politique, le Parti congolais du travail (PCT), avait officialisé sa candidature, la semaine dernière.

Celui qui cumule plus de 30 ans à la tête du pays, avait, quelques semaines auparavant, décidé d’avancer la Présidentielle, initialement prévue pour juillet 2016 conformément aux dispositions de la Constitution en vigueur depuis 2002.

Une décision intervenue peu de temps après l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution adoptée par référendum en novembre dernier et qui lui a permis de briguer ce nouveau mandat.

Si le chef de l’Etat sortant est installé depuis trois décennies, sur son fauteuil présidentiel, cette année, il affrontera donc huit candidats, dont un de taille, le général Jean Marie Michel Mokoko, apprécié par beaucoup de congolais, surtout au sein de l’armée.

Ancien chef de l’Etat-major congolais, Mokoko, qui avait pris position, en juillet 2015, contre le projet de constitution de Nguessou, avait démissionné, le 3 février dernier, de son poste de conseiller du président, en charge des questions de paix et de sécurité, avant d’annoncer sa candidature quelques jours plus tard.

Représentant spécial de la présidente de l’Union africaine (UA), chef de mission pour la Centrafrique et l’Afrique centrale, le général Mokoko est particulièrement respecté, car il est perçu par ses compatriotes comme un officier qui a su transcender les clivages ethniques Nord-Sud, pourtant particulièrement ancrés dans la vie socio-politique du pays, selon les observateurs politiques.

Si la validation de sa candidature en a réjoui plus d’un, elle en a surpris en revanche de nombreux autres en raison de ses déboires avec la justice.

«Nous sommes heureux de savoir que la Cour constitutionnelle a tout de même validé la candidature de Mokoko mais nous ne comprenons pas l’acharnement de la justice contre ce citoyen qui a le soutien du peuple congolais », a commenté Guy Mafimba membre de l’IDC, l’initiative pour le développement du Congo (IDC-une des principales coalitions de l’opposition qui a aussi présenté un candidat).

Le général Mokoko est en effet actuellement sous le coup d’une enquête dans une affaire de vidéo datant de 2007 et dans laquelle il serait montré en train de fomenter un coup d’Etat contre le régime de Brazzaville, selon des sources politiques et judiciaires.

Il a été entendu, jeudi, pour la deuxième fois depuis le début de la semaine dans les locaux de la direction générale de la sécurité du territoire (DGST), selon des sources policières.

Pour les services de police, joints par Anadolu « il s’agit simplement d’une enquête qui suit son cour sur une affaire pouvant menacer la sécurité de l’Etat».

Troisième candidat de taille, Pascal Tsaty Mabiala, issu de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (Upads), premier parti d’opposition au Congo, a également vu sa candidature être validée par la Cour.

De même celle de l’opposant et ancien ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat, Guy Brice Parfait Kolelas, désormais secrétaire général du Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral (MCDDI) mais qui se présente au scrutin présidentiel sous le label de la Convention des démocrates humanistes africains (Codeha).

L’IDC, a lui aussi présenté un candidat, l’ex-ministre de l’éducation, André Okombi Sallissa dont la candidature a été validée.

L’ex-ministre du commerce Claudine Munari, qui avait été adoubée, le 14 février, par le parti qu’elle dirige, le Mouvement pour l’unité, la solidarité et le travail (Must- qui appartient au Front républicain pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique (Frocad), coalitions d’opposition), affrontera, elle aussi, le président sortant.

Aux côtés de ces candidats, il y a aussi les indépendants, Anguios Ganguia Engambé, Jean-Marie Michel Mokoko, Joseph Kignoumbi Kia Mboungou et Mbouissi N’Gouari dont les candidatures ont été validées.

Près de 2 millions de congolais sont attendus aux urnes pour choisir qui dirigera, pour sept nouvelles années, le pays, selon les dernières données publiées avant la révision des listes électorales qui a eu lieu du 15 janvier au 15 février et dont les résultats n’ont pas encore été fournis.

AA/Brazzaville/Prince Boufaoulo

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