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Présidentielle béninoise : Cinq favoris en l’absence du président sortant… la course se refuse à tout pronostic (Eclairage)

Présidentielle béninoise : Cinq favoris en l’absence du président sortant… la course se refuse à tout pronostic (Eclairage)

L’élection présidentielle au Bénin est sur la dernière ligne droite. Trente-trois candidats en lice, dont l’actuel Premier ministre Lionel Zinsou, se disputent la chaise du Plais de la Marina et les enjeux s’avèrent multiples.

La bataille électorale aura, en l’occurence, lieu en l’absence du président sortant Boni Yayi qui a accédé au pouvoir le 6 avril 2006. Et la bataille électorale gardera son suspens jusqu’au dernier moment.

Sont donc appelés aux urnes dimanche 4,7 millions de Béninois. Ils devraient arbitrer entre 33 candidats, dont cinq favoris, de l’avis de certains observateurs et analystes.

Lesdits cinq favoris sont tous issus des milieux économiques et cultivent une approche libérale du développement. Sauf que les enjeux, les alliances et les calculs des uns et des autres pèseraient fort probablement pour faire pencher la balance d’un côté ou d’un autre.

L’ancien Premier ministre Makandjou Pascal Irénée Koupaki et l’ex-patron de la Banque ouest-africaine de développement (Boad) Bio Tchané sont passés par la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao). Âgés respectivement de 64 ans et 63 ans, ils ont des parcours plus ou moins similaires : les deux candidats ont gravi les échelons de l’institution financière ouest-africaine avant d’être nommé ministre de l’Économie et des Finances au Bénin. Patrice Talon, le magnat du coton, Sébastien Ajavon, l’empereur du poulet et l’actuel Premier ministre Lionel Zinsou complètent le quintette.

De Porto Novo à Ouidah en passant par Cotonou et Abomey, les villes sont sur leur trente et un. Depuis le démarrage de la campagne électorale le 19 février dernier se poursuivant jusqu’à vendredi à 00h, les rues sont aux couleurs des différents candidats. Mais partout où l’on se rend dans les grandes circonscriptions électorales, une question demeure et oriente le débat : qui des 33 candidats ou du moins des cinq favoris remportera la bataille électorale ?

Comme aiment dire certains Béninois (sans se référer à tel ou tel sondage, au fait), il y a des poids lourds, compte tenu des alliances, du niveau de richesse et de déploiement sur le terrain de chacun, ajoutés à la qualité des relations entretenues avec la masse électorale. «Sans doute ça se jouera entre Bio Tchané le candidat de l’Alliance pour un Bénin Triomphant et le candidat de la coalition gouvernementale Lionel Zinsou », a, à titre d’exemple, déclaré à Anadolu, un observateur de la campagne électorale de la société civile béninoise.

Mais la victoire finale demeure, par-delà, tributaire de certains facteurs, en tête desquels les alliances se trouvant derrière chaque candidat, la capacité de chacun à se faire valoir auprès de son électorat et le choix que fera le Nord du pays, lequel, d’ordinaire, se réunit derrière le président sortant, originaire du septentrion.

Mieux s’entend, le Bénin compte douze Départements dont six grands au Nord: l’Atacora, la Donga, le Borgou, l’Alibori, le Zou et les Collines, totalisant plus de 2 millions d’électeurs sur un total de 4,7 millions, selon le site 24haubenin.info.

Reste à savoir si cette fois-ci cet électorat obérait derechef à la consigne du Chef de l’Etat sortant, face à une galaxie de candidats issus également du Nord (13 prétendants) et au moment où Boni Yayi s’apprête à entamer sa retraite.

L’autre développement à prendre en considération pour ce qui est du sens du vote, concerne le fameux couple Soglo. Il s’agit de Nicéphore, le père, président de 1991 à 1996 puis maire de Cotonou entre 2003 et 2012 et de Rosine, la mère, fondatrice du parti Renaissance Bénin (RB).

D’ailleurs, depuis l’annonce de la candidature de Lionel Zinsou, ces derniers avaient multiplié les attaques à l’encontre du Franco-Béninois. La députée Rosine Soglo a ainsi affirmé : «Lionel Zinsou est un Blanc et aucun Blanc ne peut diriger le Bénin ». Pourtant son fils, Léhady Soglo, avait officialisé, le 12 janvier, sa décision de ne pas se porter candidat et d’accorder son soutien au Premier ministre et candidat des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), Zinsou.

Une question demeure, du reste : vers qui se tendra la perche du couple Soglo convoitée par Ajavon et Talon. Les Béninois se montrent impatients de le savoir.

La multitude des candidats issus du Nord, la position du parti au pouvoir et les attitudes des personnalités du pays feraient, du reste, penser à un éventuel effritement des voix. Voilà pourquoi le scrutin béninois semble capable de déjouer tout pronostic. AA/ Mohamed Abdellaoui avec la collaboration d’Alphonse

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