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Edouardo Dos Santos se plie à l’alternance : Kabila perd son plus puissant soutien de la région

Edouardo Dos Santos se plie à l’alternance : Kabila perd son plus puissant soutien de la région

Edouardo Dos Santos se plie à l’alternance : Kabila perd son plus puissant soutien de la région
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La présidence à vie ne fait plus recette en Afrique. Quelque chose est en train de bouger sur le continent. L’effet Burkina-Faso se fait déjà) sentir. Après une trentaine d’années au pouvoir à Luanda, Eduardo Dos Santos annonce son retrait en 2018. Tiendra-t-il parole ? Nul ne le sait. Le plus important est que le président angolais s’inscrit dans la logique de l’alternance. Ce qui reste encore une chimère à Kinshasa où Joseph Kabila nourrit toujours un mythe autour de son avenir politique après 2016.

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Edouardo Dos Santos se plie à l’alternance : Kabila perd son plus puissant soutien de la région

La présidence à vie ne fait plus recette en Afrique. Quelque chose est en train de bouger sur le continent. L’effet Burkina-Faso se fait déjà) sentir. Après une trentaine d’années au pouvoir à Luanda, Eduardo Dos Santos annonce son retrait en 2018. Tiendra-t-il parole ? Nul ne le sait.

Le plus important est que le président angolais s’inscrit dans la logique de l’alternance. Ce qui reste encore une chimère à Kinshasa où Joseph Kabila nourrit toujours un mythe autour de son avenir politique après 2016.

En République démocratique du Congo, la Majorité présidentielle (MP) pense qu’il suffit seulement de ne pas organiser les élections au deuxième et dernier mandat de Joseph Kabila, pour que celui-ci continuent à conserver le pouvoir indéfiniment.

Une absurdité que seuls les plus zélés des caciques de la famille du Chef de l’Etat se permettent de défendre sur les plateaux de télévision. Ils comptent ainsi sur les intimidations, les persécutions d’adversaires politiques et la répression pour parvenir à une telle forfaiture. C’est dire qu’on continue à rêver en RDC alors que le reste du continent avance, de plus en plus, vers une gouvernance moderne, non personnalisée.

Au nom de la stabilité des institutions

L’Afrique reste un continent de l’avenir. La stabilité permanente des institutions politiques devient la mode dans plusieurs pays africains. Simplement, parce que, de plus en plus, les leaders politiques du continent estiment que la présidence à vie reste un triste souvenir du pouvoir sur le continent.

L’Afrique de « guide éclairé », de « timonier », de « pouvoir divin » ou encore de « dynastie » est révolue. N’en déplaise aux nostalgiques de la dictature mobutienne qui pensent toujours que la RDC n’est peut pas trouver parmi ses dignes fils et filles des personnes capables de l’amener à l’émergence et au développement autre que l’Autorité morale de la MP.

Incroyable mais vrai. A la MP on croit dur comme fer que seul le Raïs est à même de présider à la destinée du grand Congo. Un obscurantisme qui frise la déification. Ainsi, au PPRD, le parti présidentiel, la devise est « Joseph Kabila, candidat élu et éligible ».

Voilà qui explique le blocage artificiel dans lequel se trouve la RDC aujourd’hui. Toutes institutions de la République marchent aux pas du régime. Ainsi, le gouvernement n’a pas épargné de fonds pour organiser les élections.

La CENI, la centrale électorale, se fourvoie à organiser les scrutins au-delà des délais constitutionnels, en violation des textes de lois. Le Parlement est devenu une caisse de résonnance qui répond au doigt et à l’œil d’un groupe d’individus au pouvoir. Pendant que la corruption devient le mode de gouvernance par excellence pour obtenir même des lois immondes.

Kabila perd son plus puissant soutien de la région

« J’ai pris la décision de quitter la vie politique en 2018 », a déclaré Edouardo dos Santos, le président Angolais, devant le Comité central de son parti, le MPLA. L’on savait que son mandat actuel se termine en 2017.

Mais, la Constitution de son pays ne lui empêchait pas de solliciter un énième mandat. Le second plus ancien chef d’État au pouvoir en Afrique, devancé seulement par le dirigeant de Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema, se résous ainsi à quitter le pouvoir, sans que ni le peuple angolais, dans sa majorité, encore moins la communauté internationale ne lui fassent pression.

Avant lui, plusieurs Chefs d’Etat ont fait de même en Afrique. Au bénin, Boni Yayi, plusieurs mois avant la fin de son mandat, s’est refusé de tripatouiller la constitution en faveur d’un autre quinquennat.

Mieux, Boni Yayi a même choisi son dauphin et battu campagne pour lui. Les exemples sont maintenant légion en Afrique des présidents qui jouent librement le jeu de l’alternance.

En Zambie, en Tanzanie, au Ghana et dans bien d’autres pays africains, « la passation civilisée de pouvoir » se pratique allègrement. Kinshasa ne peut pas s’inspirer du Congo Brazzaville où le référendum a été utilisé pour maintenir Denis Sassou Nguesso au pouvoir.

Un fait remarquable est que tous les pays engagés sur la voie démocratique non seulement jouissent de la stabilité des institutions mais aussi restent économiquement viable. La RDC doit tendre à cela, conformément à sa constitution.

Pour autant que Joseph Kabila sort de son silence et déclare solennellement qu’il ne briguerait plus aucun mandat en RDC et qu’il organiserait les élections dans le délai en vue de permettre l’alternance au sommet de l’Etat. On en est là.

LP/LC

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