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France: polémique autour des vêtements islamiques pour les femmes en Europe

France: polémique autour des vêtements islamiques pour les femmes en Europe

France: polémique autour des vêtements islamiques pour les femmes en Europe
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Jusqu'à présent connue pour ses campagnes de publicité aguicheuses, la griffe italienne Dolce & Gabbana a, elle, créé en janvier une ligne de voiles et de tuniques longues. Cette collection baptisée «Abaya» (longue robe traditionnelle) a été conçue pour le Moyen-Orient, mais aussi plusieurs villes européennes, dont Paris et Munich.

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France: polémique autour des vêtements islamiques pour les femmes en Europe

Jusqu’à présent connue pour ses campagnes de publicité aguicheuses, la griffe italienne Dolce & Gabbana a, elle, créé en janvier une ligne de voiles et de tuniques longues. Cette collection baptisée «Abaya» (longue robe traditionnelle) a été conçue pour le Moyen-Orient, mais aussi plusieurs villes européennes, dont Paris et Munich.

Une ministre française et une personnalité éminente de la mode ont fustigé mercredi les marques développant les vêtements islamiques pour les femmes en Europe, les accusant de promouvoir un mode de vie contraire à la liberté.

Au pays de la mode, où les maisons de couture célébrant le «chic français» contribuent depuis toujours au rayonnement à l’étranger, l’apparition de collections islamiques incluant le «burkini» (maillot de bain intégral) ou le hijab a fait bondir la ministre des Droits des femmes et le cofondateur de l’illustre maison Yves Saint Laurent.

«Lorsque des marques investissent ce marché (…) parce qu’il est lucratif, un marché pour les pays d’Europe, pas un marché pour les pays du Golfe (…), elles se mettent en retrait de leur responsabilité sociale», a dénoncé la ministre, Laurence Rossignol, sur la radio RMC.

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Ces marques sont «irresponsables» et font «d’un certain point de vue la promotion de l’enfermement du corps des femmes», a-t-elle tancé, affirmant que ces tenues s’accompagnent d’un phénomène grave: la raréfaction des femmes dans la rue ou dans les cafés dans certains quartiers.

Ces propos interviennent alors que la France s’interroge sur le développement du communautarisme musulman dans les quartiers populaires, que certains responsables politiques considèrent comme des terreaux djihadistes.

Alors que le journaliste lui faisait remarquer que certaines femmes choisissent de porter ces vêtements, la ministre a répondu: «Mais bien sûr. Il y a des femmes qui choisissent, il y avait des nègres afr…, des nègres américains qui étaient pour l’esclavage».

La ministre a plus tard concédé une «faute de langage» sur l’emploi du mot «nègre», mais sa déclaration a suscité l’ire de l’Observatoire contre l’islamophobie, qui a dénoncé des propos «stigmatisants».

«Est-ce qu’un ministre a le droit de s’ingérer dans la manière dont une femme souhaite s’habiller, dans la mesure où elle respecte les lois de la République et qu’elle ne cache pas son visage?», a demandé Abdallah Zekri, président de cet observatoire et secrétaire général de l’instance représentative du culte musulman auprès de l’État.

Après un débat houleux en France, une loi sur le port de signes religieux ostensibles votée en 2004 autorise le voile laissant apparaître le visage dans les lieux publics, l’université, mais l’interdit dans les écoles publiques au nom du respect de la laïcité. Le voile intégral est quant à lui interdit depuis 2010.

«Embellir les femmes»

De grandes enseignes occidentales telles l’espagnol Mango ou encore le britannique Marks&Spencer ont récemment dessiné des collections spéciales destinées aux clientes musulmanes. En septembre dernier, la firme suédoise H&M de prêt-à-porter, présente dans 50 pays, a également fait polémique avec une publicité présentant un mannequin voilé.

Jusqu’à présent connue pour ses campagnes de publicité aguicheuses, la griffe italienne Dolce & Gabbana a, elle, créé en janvier une ligne de voiles et de tuniques longues. Cette collection baptisée «Abaya» (longue robe traditionnelle) a été conçue pour le Moyen-Orient, mais aussi plusieurs villes européennes, dont Paris et Munich.

L’ex-compagnon d’Yves Saint Laurent (décédé en 2008), Pierre Bergé, s’est dit mercredi «scandalisé» par l’incursion des créateurs sur le terrain de la mode islamique, les conjurant de «ne pas enfermer les femmes dans des voiles, comme des prisons».

«Renoncez au fric, ayez des convictions! Vous êtes là pour embellir les femmes», leur a lancé sur la radio Europe 1 M. Bergé, cofondateur de cette griffe connue pour avoir inventé la «femme moderne» en réinterprétant dans les années 1960 les classiques du vestiaire masculin.

Refusant qu’un créateur de mode «soit complice de cette dictature qui impose cette chose abominable qui fait qu’on cache les femmes», il a au contraire plaidé pour «apprendre aux femmes à se dévêtir, à se révolter, leur apprendre à vivre comme la plupart des femmes dans le monde entier».

«Les femmes ont droit de se voiler, mais je ne vois pas pourquoi on va vers cette religion, ses habitudes, ses moeurs absolument incompatibles avec celles de la liberté qui sont les nôtres, occidentaux», a-t-il poursuivi. «On n’est pas dans un pays (la France) qui a inventé les Droits de l’homme pour faire ces choses-là», a-t-il insisté.

Anticipant les critiques, Pierre Bergé s’est défendu d’être «islamophobe» en soulignant qu’il vit en partie au Maroc.

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