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Libye: le chef du gouvernement d’union nationale libyen sommé de quitter Tripoli

Libye: le chef du gouvernement d’union nationale libyen sommé de quitter Tripoli

Libye: le chef du gouvernement d’union nationale libyen sommé de quitter Tripoli
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Le chef du gouvernement d'union nationale libyen soutenu par l'ONU est arrivé mercredi à Tripoli mais les autorités non reconnues l'ont aussitôt sommé de partir, un bras de fer qui fait craindre une escalade de la crise.

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Libye: le chef du gouvernement d'union nationale libyen sommé de quitter Tripoli


Le chef du gouvernement d’union nationale libyen soutenu par l’ONU est arrivé mercredi à Tripoli mais les autorités non reconnues l’ont aussitôt sommé de partir, un bras de fer qui fait craindre une escalade de la crise.

Quelques heures après l’arrivée de Fayez al-Sarraj dont le gouvernement est contesté par les deux autorités rivales en Libye, des tirs intermittents dont on ignorait l’origine étaient entendus en soirée dans la capitale Tripoli.

Les artères principales ont été bloquées par des membres de groupes armés, certains en uniforme et d’autres en civil munis de kalachnikovs, arrivés à bord de véhicules militaires. Pris de panique, les habitants sont vite rentrés chez eux et les commerces et les cafés ont baissé leurs rideaux.

Soutenu par l’ONU Premier ministre désigné de la Libye, Fayez al-Sarraj, flanqué par les membres du conseil présidentiel, parle lors d’une conférence de presse le 30 mars 2016 à Tripoli © AFP

La venue de M. Sarraj fait craindre aux habitants de Tripoli des affrontements entre partisans des autorités non reconnues installées par la coalition de milices de Fajr Libya et ceux favorables au gouvernement d’union.

Ce dernier est rejeté aussi bien par le cabinet et le Parlement de Fajr Libya à Tripoli, que par ceux installés dans l’Est, même si certains de leurs membres lui ont apporté leur soutien.

“Ceux qui sont entrés illégalement et clandestinement doivent se rendre ou revenir sur leurs pas”, sinon ils devront “assumer les conséquences légales”, a déclaré dans une allocution télévisée, Khalifa el-Ghwell, chef du gouvernement non reconnu, en dénonçant comme “illégal” le gouvernement de M. Sarraj.

De son côté, le vice-président du congrès général national (CGN, parlement non reconnu) Awad Abdelsadeq, a affirmé que M. Sarraj et les membres du Conseil présidentiel “sont entrés illégalement” en Libye “avec l’aide de soldats et de quelques traîtres”.

M. Sarraj, également président du Conseil présidentiel (CP), est arrivé avec six des membres du CP depuis la Tunisie à la base navale de Tripoli à bord d’un bateau militaire libyen escorté de navires, selon la page officielle Facebook du CP.

Il a été accueilli par des hauts gradés de la marine vêtus d’uniformes bleu foncé et portant des casquettes blanches et des responsables locaux, dont Aref el-Khoja, ministre de l’Intérieur du gouvernement de Fajr Libya, signe d’une division au sein des autorités de Tripoli.

Dans une brève allocution, M. Sarraj s’est engagé à faire de la “réconciliation et du règlement de la crise sécuritaire et économique” sa priorité.

Alors que l’enceinte extérieure de la base est gardée par des véhicules armés de batteries antiaériennes et arborant le sceau du ministère de l’Intérieur, des hommes armés en civil assuraient la protection de Fayez el-Sarraj. On ignorait dans l’immédiat où siègera son gouvernement.

Alors que le pays est en proie aux violences et aux luttes de pouvoir avec une multitude de milices armées, la situation peut déraper si M. Sarraj restait dans la capitale, selon les observateurs.

Le gouvernement d’union a été mis en place après un accord politique signé fin 2015 au Maroc, sous l’égide de l’ONU, par des députés des deux Parlements rivaux et ce, malgré l’opposition des chefs de ces institutions.

Pour être officiellement investi, il devait obtenir la confiance du Parlement de Tobrouk. Après plusieurs échecs faute de quorum, l’entrée en fonction du gouvernement a finalement été proclamée le 12 mars sur la base d’un communiqué de soutien publié par une centaine de parlementaires de Tobrouk (sur 198).

Source: Le Point

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