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L’Afrique veut mieux tirer profit de son «or brun»

L’Afrique veut mieux tirer profit de son «or brun»

L’Afrique veut mieux tirer profit de son «or brun»
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Le continent africain, qui génère actuellement 73% de la production mondiale de cacao, espère, désormais, transformer davantage son «or brun» pour propulser l’économie africaine, selon les spécialistes de l’industrie chocolatière.

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Plusieurs pays africains veulent emboîter le pas à la Côte d’Ivoire, premier producteur de fèves de cacao au monde, qui a inauguré sa première usine de transformation du beurre de cacao en pâte à tartiner en mai 2015.

Le continent africain, qui génère actuellement 73% de la production mondiale de cacao, espère, désormais, transformer davantage son «or brun» pour propulser l’économie africaine, selon les spécialistes de l’industrie chocolatière.

L’Afrique produit les 3/4 de la production mondiale de cacao, soit un revenu annuel de 9 milliards de dollars. Un taux constamment croissant. Pourtant, le premier producteur mondial de fève ne capte que 1% des revenus issus de la transformation de son cacao, d’après l’Organisation internationale du cacao (OIC ou ICCO).

Une situation à laquelle le continent veut rapidement remédier en tirant profit d’un produit agricole phare qui ne cesse d’intéresser les géants de l’industrie chocolatière.

En témoigne le chocolatier américain Theo Chocolate et l’ONG Eastern Congo Initiative (de l’acteur Hollywoodien Ben Afleck) qui accompagnent, aujourd’hui, plus de 2 000 agriculteurs congolais (RDC), cultivant le cacao.

D’ailleurs, en 2014, ce chocolatier a acheté, à lui seul 640 tonnes de cacao, quantité que tout le pays exportait en trois ans, auparavant, selon des données officielles.

Au Togo, même constat. «Avec l’actuelle hausse du prix du cacao au niveau international et la réorganisation structurelle au niveau locale, les agriculteurs gagnent mieux dans la production et s’y investissent davantage» explique à Anadolu Eric Komi Agbokou, promoteur de la coopérative Choco-Togo.

Cette coopérative a été la première à produire du chocolat bio 100% locale en 2013, après des séances d’échanges avec leurs pairs de la région et d’Italie.

Mais « reste encore à véritablement transformer la matière brute », reconnait-il.

Pourtant, le Togo ou la RDC ne sont pas de grands producteurs à l’échelle internationale, Les géants du monde étant, la Côte d’Ivoire 32%, le Ghana 9%, le Nigéria 5%, le Cameroun 3%, sur le plan africain.

Puis, il ya le Brésil 11%, l’Equateur 3% et la Colombie 2%, pour l’Amérique Latine. A l’échelle asiatique, l’Indonésie demeure la plus en vue avec 10%, selon les chiffres du site spécialisé Chocolat-cacao.com.

Autant de producteurs, mais si peu de “transformateurs”. “Pour le moment, seuls 17% du cacao africain sont transformés localement, contre 40% en Europe et en Asie”, déclarait le directeur général de l’African Export-Import Bank, lors d’une assemblée générale de l’Alliance des pays producteurs du cacao (COPAL) tenu en juin 2013 à Yaoundé.

C’est effectivement le cas de la Côte d’Ivoire qui enregistre pourtant des productions record sur le continent mais dont la production du chocolat à partir du cacao demeure relativement faible, ce produit étant considéré par la population et les producteurs, comme un produit de luxe dont la transformation se fait toujours à l’étranger.

Maurice Sawadogo, proche du directeur général du Conseil café-cacao et producteur à Abengourou (Est) a ainsi déclaré à Anadolu : « On ne fait pas assez de politique de consommation des produits du cacao, nous sommes les premiers producteurs mondiaux mais ne consommons pas assez de chocolat » soulignant que « le gouvernement devrait encourager la population à consommer du chocolat, même dans la sous-région ouest-africaine et donner des primes pour la première transformation. »

La Côte d’Ivoire, tente, toutefois, de dépasser cet obstacle. Le pays a ainsi inauguré sa première usine de transformation du beurre de cacao en pâte à tartiner en mai 2015, dans la zone industrielle de Yopougon, à Abidjan, d’après la presse ivoirienne.

Selon ses responsables, l’usine transforme jusque-là entre 2 000 et 3 000 des 150 000 tonnes de fèves achetées chaque année aux planteurs ivoiriens, en attendant son renforcement.

Même si les initiatives restent peu nombreuses, les producteurs africains semblent déterminés à suivre l’exemple ivoirien, afin de mieux valoriser un produit phare, dont la valeur ajoutée profite aujourd’hui beaucoup mieux aux pays transformateurs européens et asiatiques qu’aux pays d’origine.

Ceci étant, la Banque africaine de développement (BAD) et l’OIC ont convenu de renforcer pour les années à venir, leur coopération dans une série de domaines, tels que la création de valeur et la promotion de la consommation de cacao et de chocolat en Afrique, selon le site de la Banque panafricaine.

L’accès au crédit, l’accès au marché et aux bourses des matières premières, l’adoption de modèles rentables de production de cacao, le développement de coopératives prospères, la logistique et le transport (avec de plus grandes exigences de traçabilité) et la transformation sont les axes sur lesquels vont travailler et agir les deux partenaires, pour promouvoir le secteur du cacao en Afrique.

La consommation du chocolat extrait du cacao a connu une nette augmentation au fil du temps, surtout dans les pays européens. Les Suisses en sont toujours les plus gros consommateurs (9,7 kg/an/habitant), devant l’Autriche (8,7 kg), la Norvège (8,1 kg), la Belgique (7,3 kg) et le Royaume-Uni (7,3 kg), d’après chocolat-cacao.com.  AA / Kinshasa/ Mohamed Abdellaoui avec la contribution de Georges Kasanda

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