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Après sa condamnation à la CPI : Bemba trahi par ses 15 députés au Sud-Ubangi

Après sa condamnation à la CPI : Bemba trahi par ses 15 députés au Sud-Ubangi

Après sa condamnation à la CPI : Bemba trahi par ses 15 députés au Sud-Ubangi
Summary:
Reconnu coupable de crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans un verdict rendu par la Cour Pénale Internationale (CPI) le 21 mars 2016, Jean-Pierre Bemba Gombo vient d’enregistrer un nouveau coup dur dans la nouvelle province du Sud-Ubangi, son fiel électoral. Il s’agit de la défaite de son candidat, Pelendo Goza, face à José Makila, dans la course au gouvernorat, organisée le vendredi 1er avril 2016.

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Après sa condamnation à la CPI : Bemba trahi par ses 15 députés au Sud-Ubangi

Reconnu coupable de crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans un verdict rendu par la Cour Pénale Internationale (CPI) le 21 mars 2016, Jean-Pierre Bemba Gombo vient d’enregistrer un nouveau coup dur dans la nouvelle province du Sud-Ubangi, son fiel électoral. Il s’agit de la défaite de son candidat, Pelendo Goza, face à José Makila, dans la course au gouvernorat, organisée le vendredi 1er avril 2016.

 

Selon la révélation faite à Radio Okapi par le président fédéral du MLC (Mouvement de Libération du Congo), Gaby Mbombo, les 15 députés provinciaux de ce parti n’ont pas respecté la consigne venue de La Haye, qui consistait à donner toutes leurs voix au précité. Contrairement aux attentes, le candidat de Jean-Pierre Bemba n’a récolté, en tout et pour tout, qu’une voix, contre quatorze à José Makila et neuf au candidat de la Majorité Présidentielle.

A en croire l’accusation, les quinze députés provinciaux du MLC se seraient laissés corrompre par le camp du nouveau gouverneur élu du Sud-Ubangi. Comme conséquence immédiate de leur acte de trahison, ils sont réputés démissionnaires et ne devraient plus siéger à l’Assemblée provinciale du Sud-Ubangi comme délégués du MLC. Si cette décision est appliquée à la lettre, Jean-Pierre Bemba ne devrait plus compter aucun représentant au sein du parlement de sa province d’origine. Par ailleurs, il a été décidé que les présumés « traitres » ne puissent figurer sur aucune liste de ce parti lors de prochaines élections législatives provinciales.

Il s’agit là, notent les observateurs, d’une exclusion définitive, qui devrait automatiquement conférer aux quinze députés provinciaux sanctionnés le statut d’indépendants. Les incriminés pourraient ainsi conserver chacun son mandat jusqu’à la fin de la législature en cours.

De fâcheux précédents 

Le Mouvement de Libération du Congo (MLC) n’en est pas à son premier cas de trahison à l’occasion de l’élection des gouverneurs de provinces. Ses députés provinciaux avaient, en son temps, trahi leur candidat au profit de Jean-Claude Baende du PPRD, après le limogeage de José Makila de l’ancienne province de l’Equateur. En 2006, la défaite d’Adam Bombole (MLC) face à André Kimbuta (PPRD) à Kinshasa ainsi que celle du duo Fuka Unzola- Ne Muanda Nsemi face au ticket Mbatshi-Deo Nkusu au Kongo Central avaient fait couler encre et salive en termes de corruption des députés provinciaux du MLC.

Les observateurs notent que ce parti est, avec le RCD (Rassemblement Congolais pour la Démocratie) celui qui a enregistré le plus grand nombre de départs de cadres pour d’autres cieux politiques. C’est aussi le MLC qui détient le record d’anciens cadres devenus chefs de leurs propres partis.

Ainsi que le pressentaient nombre d’analystes politiques au lendemain de l’annonce de la condamnation de Jean-Pierre Bemba à la CPI et avant que cette juridiction ne détermine la hauteur de sa peine, le MLC court un grand risque d’implosion. Mort politiquement, le « Chairman » ne pèse plus comme « Autorité morale ». Les tentations de violer ses consignes vont s’accroître dès que les têtes brûlées connaîtront le « tarif » exact de son séjour dans les geôles de la CPI.

Kim / Le Phare

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