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Nouveau Gouvernement en RCA: “C’est toujours la paix, rien que la paix que nous voulons” (communauté musulmane)

Nouveau Gouvernement en RCA: “C’est toujours la paix, rien que la paix que nous voulons” (communauté musulmane)

Nouveau Gouvernement en RCA: “C’est toujours la paix, rien que la paix que nous voulons” (communauté musulmane)
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La reconstruction de centaines de mosquées détruites pendant la crise inter-communautaire fait partie des demandes de la minorité musulmane.

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Nouveau Gouvernement en RCA: "C’est toujours la paix, rien que la paix que nous voulons" (communauté musulmane)

La reconstruction de centaines de mosquées détruites pendant la crise inter-communautaire fait partie des demandes de la minorité musulmane.

La minorité musulmane de la RCA sont unanimes, s’agissant de leurs attentes du Gouvernement annoncé lundi; le retour de la paix, à travers la réconciliation nationale, dans ce pays secoué par des années d’affrontements inter-communautaires.

Cette demande est ainsi partagée par de simples citoyens de la communauté musulmane ainsi que par des dirigeants de l’ex-Séléka (milices à majorité musulmane) et des activistes musulmans de la société civile.

« C’est toujours la paix, rien que la paix. Il faudra que les déplacés internes et les réfugiés, Chrétiens et Musulmans, retournent en toute sécurité chez eux pour reprendre leur vie normale et participer à la reconstruction nationale. Pour cela, je reste disposer à œuvrer dans ce sens avec le Gouvernement pour l’atteinte de ces objectifs», a déclaré à Anadolu, le Général Mohamed Moussa Dhaffane de “la Séléka-Rénovée”.

Ce parti politique a fait scission de la Séléka, un groupe politico-militaire, engagé, au même titre que les Anti-Balaka, dans les affrontements qu’a connus le pays depuis 2013. La crise s’est progressivement résorbée, jusqu’à l’organisation, il y a quelques mois, d’élections générales consacrant le retour à l’ordre constitutionnel.

Elu en février dernier, le Président Faustin-Archange Touadéra a nommé, lundi, sur proposition de son Premier Ministre Simplice Sarandji, les membres du nouveau Gouvernement. Quatre Musulmans figurent dans la nouvelle équipe de 23 Ministres.

Interrogé par Anadolu, l’Imam d’une mosquée de Bangui, Youssou Namguena, avait estimé que “pour nous, il n’est pas question de Chrétiens et de Musulmans. L’essentiel est que les gens soient choisis pour leur compétence”.

Ahmed Ibrahim, habitant de l’enclave musulmane de Bangui, PK5, abonde dans ce sens “la représentativité n’est pas importante, a-t-il déclaré à Anadolu, dans la mesure où l’on ne veut pas communautariser les charges de l’Etat, et dans tous les cas, pour les 10% que nous constituons, la nomination de 4 Ministres atteindrait largement un hypothétique quota communautaire”.

“Ce sur quoi nous voulons insister, en revanche, c’est sur la nécessité du retour des nôtres au pays, et cela passe par la réconciliation nationale, seul vecteur de paix”, rajoute Bilal, son frère.

Quelque 470.000 Centrafricains, en grande partie de confession musulmane, ont quitté leur pays ces deux dernières années et se sont réfugiés au Cameroun, au Tchad, au Congo et en République démocratique du Congo (RDC), d’après le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

A côté de ceux-là, des dizaines de milliers de Centrafricains sont dans des camps de déplacés internes. A Bangui, le camp M’poko accueille encore à ce jour près de 28.000 personnes, selon des sources onusiennes, alors que le nombre de déplacés dans tout le pays était estimé à 300.000 en décembre dernier, selon le HCR.

Pour les Musulmans de Bangui, la réconciliation nationale passera par les institutions prévues à cet effet. Les recommandations du Forum de Bangui, organisé l’année dernière pour envisager une sortie de crise, avait prévu des structures adaptées. Une Commission vérité, justice et réconciliation, relayée par des comités locaux de paix et de réconciliation, devrait ainsi être mise en place.

Ibrahim, un jeune actif dans le réseau associatif, pense que les habitants auront besoin de “manifestations concrètes de paix et de réconciliation”.

“Pour les politiciens, la réconciliation nationale, c’est s’asseoir autour d’une même table, négocier pour sortir un beau discours..Pour nous, c’est des choses plus visibles, comme la reconstruction de nos mosquées que devrait faciliter le Gouvernement de Simplice Sarandji”, a-t-il suggéré, dans une déclaration à Anadolu.

Selon l’ONU, 417 mosquées sur les 436 que compte le pays avaient été détruites par des groupes armés ces dernières années. Seules,quelques unes de ces mosquées endommagées ont été jusqu’ici restaurées.

Pour Moustapha Younous, coordonnateur de l’Organisation de la jeunesse musulmane de Centrafrique (ORJMUSCA), le Gouvernement devrait engager les jeunes dans ces efforts et dynamique pour la paix et la réconciliation.

«Nous nous attendons à ce que ce le Gouvernement s’engage pour la vraie paix et la vraie réconciliation entre les filles et fils de la République centrafricaine. Nous souhaitons une implication effective des jeunes dans le processus politique, car les jeunes ont été acteurs, mais aussi des victimes dans cette crise que nous avons connue», a-t-il déclaré à Andalou. AA/ Bangui/ Sylvestre Krock

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