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La RDC “bandifiée” : Le Congo-Kinshasa pillé par la fratrie « Kabila » & Cie

La RDC “bandifiée” : Le Congo-Kinshasa pillé par la fratrie « Kabila » & Cie

La RDC “bandifiée” : Le Congo-Kinshasa pillé par la fratrie « Kabila » & Cie
Summary:
Une semaine après la divulgation des conclusions de l’enquête dite « Panama Papers », Jaynet « Kabila », citée parmi les personnes ayant une société off shore dans les paradis fiscaux, reste muette. Ce silence semble suggérer que l’argent planqué dans les îles vierges britanniques (BVI), cinq mois après la mort de LD Kabila, est loin d’avoir été gagné honnêtement. A contrario, elle se serait présentée devant l’opinion congolaise pour s’expliquer et « rétablir la vérité ».

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La RDC "bandifiée" : Le Congo-Kinshasa pillé par la fratrie « Kabila » & Cie

Une semaine après la divulgation des conclusions de l’enquête dite « Panama Papers », Jaynet « Kabila », citée parmi les personnes ayant une société off shore dans les paradis fiscaux, reste muette. Ce silence semble suggérer que l’argent planqué dans les îles vierges britanniques (BVI), cinq mois après la mort de LD Kabila, est loin d’avoir été gagné honnêtement. A contrario, elle se serait présentée devant l’opinion congolaise pour s’expliquer et « rétablir la vérité ».

La fratrie « Kabila » a opté pour la loi du silence. Cette « omerta » fort prisée dans les milieux mafieux. « Panama Papers » est une occasion pour jeter un regard sur le pillage en règle du Congo-Kinshasa par la « famille Kabila » et sa clientèle. Une famille qui étend ses tentacules sur tous les secteurs lucratifs : marchés publics, banque, immobilier, commerce général etc. De l’enrichissement sans cause dont les bénéficiaires auront à répondre tôt ou tard devant les juridictions compétentes.

« Le gouvernement n’a pas d’argent pour organiser l’élection des gouverneurs de 21 nouvelles provinces ». Cette déclaration faite le 5 septembre 2015 par le Premier ministre Augustin Matata Ponyo avait provoqué une véritable stupeur. Et pour cause, le coût de ces opérations électorales était évalué à 2,1 millions USD.

Les observateurs ont été surpris cinq mois après de voir « Joseph Kabila » multiplier des libéralités dignes d’un prodigue. Plusieurs dizaines de véhicules 4×4 de marque « Prado » ont été distribués aux officiers des FARDC ainsi qu’aux joueurs de l’équipe nationale « Léopards ». Où a-t-il trouvé de l’argent ? « Joseph Kabila » a ainsi trahi son serment solennel fait « devant Dieu et la nation » de ne se « laisser guider que par l’intérêt général (…) ». L’homme ne se laisse plus guider que par ses intérêts et son bon plaisir.

Les révélations contenues dans « Panama Papers » au sujet de Jaynet « Kabila » vient donner aux Congolais un début de réponse sur la cause de la « pauvreté » ambiante. Ceux qui gouvernent le Congo-Kinshasa et leurs « clients » se sont appropriés l’argent qui devait se trouver dans le trésor public pour financer les services sociaux de base (routes, eau, électricité, hôpitaux, écoles). Ils l’ont détourné pour monter des sociétés off shore dans des paradis fiscaux.

S’il est vrai que toute société off shore n’est pas illégale en soi, il n’en demeure pas moins vrai que ce genre de montage est généralement prisé par ceux qui ont intérêt à contourner le fisc ou à procéder au « blanchiment » de l’argent sale provenant notamment de la corruption.

Fauché comme un rat d’église

Chaque année, l’ONG Transparency International place le Congo dit démocratique dans le peloton de queue des pays les plus corrompus du continent. On est ainsi stupéfait d’entendre le Premier ministre Augustin Matata Ponyo dire, sans pudeur, que « la lutte contre la fraude et la corruption est notre cheval de bataille. (Voir le mensuel Notre Afrik n°65 daté du mois d’avril 2016). La fratrie « Kabila » qui se compose officiellement de Joseph, Jaynet et Zoé est la plus corrompue.

« Joseph Kabila ». Né à l’étranger comme les autres membres de la fratrie, « Joseph » a foulé, pour la toute première fois, le sol du pays qui s’appelait alors Zaïre, en octobre 1996. Affublé du grade de « commandant », il était fauché comme un rat d’église. Ceux qui ont eu à le côtoyer après la prise du pouvoir par l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo) assure que « Joseph Kabila » se livrait à quelques « coups tordus » pour se faire de l’argent.

Quinze années après son accession à la tête de l’Etat congolais, « Joseph » se trouve à la tête d’une immense fortune estimée, à tort ou à raison, à une vingtaine de milliards de dollars US (voir le magazine Forbes du 30 juin 2014). Il est le propriétaire de plusieurs ranchs dans l’ex- Katanga (Kashamata et Kundelungu), au Bas-Congo (île de Mateba et Moanda) et à Kinshasa (Kingakati). Au Nord Kivu, il a racheté les anciennes propriétés de feu Prigogine Ngezayo Safari dans le Territoire de Beni.

Soumis à aucun contrôle démocratique, « Joseph Kabila » dispose des deniers publics à sa guise. Depuis le mois de mai 2009, il s’est arrogé le rôle d’ordonnateur du compte du trésor en lieu et place du Premier ministre. En 2014, il a fait financer 190 projets non budgétisés pour un montant de plus ou moins un milliard USD. La construction de l’immeuble dit « intelligent » et l’achat de deux AirBus A320 répondent à cette logique de gestion pirate. Notons que le capital de la banque congolo-gabonaise « BGFI » est détenu à 60% par le « raïs ». Celui-ci a amorcé, via des prête-noms, des négociations en vue du rachat de la très mythique BCDC (Banque commerciale du Congo).

L’achat d’armement en Ukraine constitue une de plus importantes sources d’enrichissement pour « Joseph Kabila ». Pour ce genre de dépense, le président sortant demande à la Banque centrale pas moins de 100 millions USD en cash. Il garde généralement une bonne partie de cette somme. Négociant attitré auprès des Ukrainiens, le « général » François Olenga s’est bâti une fortune. Il a construit une sorte de mini-Disneyland sur la route de la Nsele.

Monopole des marchés publics

« Jaynet ». C’est au lendemain des obsèques du président Laurent-Désiré Kabila que les Congolais ont découvert son visage émaciée. Bombardée présidente de la toute nouvelle « Fondation Mzee LD Kabila », « Jaynet » a reçu, à ce titre, de nombreux dons notamment de plusieurs personnalités africaines dont le libyen Moammar Kadhafi. Des dons gérés en toute opacité. Elle est citée, comme intermédiaire, dans plusieurs opérations de bradage des mines de la Gécamines. Elle a chaque fois perçu des « commissions ». C’est le cas notamment lors de la vente par un groupe australien de ses parts dans la mine appelée « Deziwa » ou Kulumaziba. Lors des législatives du 28 novembre 2011, elle est « élue » députée nationale à Kalemie.

Chaque année, le trésor public verse un montant de trois millions USD à la Fondation Mzee LD Kabila. « Jaynet »,seule, connait la destination donnée à ce pactole.

« Zoé ». Inconnu du grand public jusqu’au premier tour de l’élection présidentielle de 2006, l’homme, réputé violent et peu éduqué, a commencé par spolier une partie du domaine de l’Athenée de la Gombe pour ériger un centre sportif dénommé « Shark Club ». Il a par la suite lancer un restaurant-bar pour « VIP ».

Depuis lors, « Zoé » est devenu un « homme d’affaires » prospère. Lui et Jaynet détiennent le monopole de tous les marchés publics. Toutes les fournitures destinées aux régies financières ainsi qu’à la Banque centrale passent par leur canal. Il en est de même des formulaires destinés à faire des paiements auprès de la DGI (Impôt), DGRAD (Recettes administratives et domaniales) et DGDA (Douanes) et des transactions à la Banque centrale du Congo. Selon des sources bien informées, le gouvernement verse chaque mois un montant de trois millions USD au duo Zoé-Jaynet pour ces fournitures.

Les plaques d’immatriculations, les passeports et les permis de conduire constituent un autre monopole détenu par ce duo de choc. Depuis janvier 2001, le Congo-Kinshasa a déjà changé de passeport au moins deux fois. Le passeport biométrique est remplacé par celui à puce. Il semble 300.000 passeports biométriques vierges se trouvent encore dans un coffre de la Banque centrale.

« Les amis de Maman »

Olive Lembe di Sita. A Kinshasa, l’épouse du « raïs » est devenue la « marraine », au sens mafieux du terme, de plusieurs commerçants indo-pakistanais. Les propriétaires de « Congo Futur » et de la Sofibanque sont devenus des intouchables. « Ce sont les amis de Maman », aime répéter Théodore Mugalu, le chef de la Maison civile de « Joseph Kabila ».

On apprend ainsi que la DGRK (Direction générale des recettes de la ville de Kinshasa) a été instruite par le gouverneur André Kimbuta de loger les taxes perçues dans des comptes ouverts à la Sofibanque.

Augustin Matata Ponyo. Ancien ministre des Finances, l’actuel Premier ministre est loin de prêcher par l’exemple. Il a attribué à sa chère épouse le marché portant sur la « propreté » de la ville de Kinshasa. Chaque mois, un montant de 4,5 millions USD atterrissait dans l’escarcelle de « Mama Premier ». La somme aurait été revue à la baisse par le ministre Yav Mulang.

Il est inutile d’évoquer le trafic d’influence auquel se livre Mama Sifa Mahanya dans le Haut Katanga. Elle fait dédouaner des marchandises au poste frontalier de Kasumbalesa moyennant une « commission ». Qui oserait lui demander de payer les frais de douane?

On le voit, le Congo-Kinshasa est mis en coupe réglée par la fratrie « Kabila » et sa clientèle. Fort heureusement, les bénéficiaires de ce pillage n’emporteront pas tous ces biens mal acquis au paradis…

B.A.W/CI

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