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Reprise du dialogue inter-burundais à Arusha

Reprise du dialogue inter-burundais à Arusha

Reprise du dialogue inter-burundais à Arusha
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Le dialogue politique inter-burundais a finalement repris samedi à Arusha, dans le Nord de la Tanzanie, après des mois de balbutiements, a constaté le correspondant de Anadaolu.

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Reprise du dialogue inter-burundais à Arusha

En l’absence de la principale plateforme de l’opposition

Le dialogue politique inter-burundais a finalement repris samedi à Arusha, dans le Nord de la Tanzanie, après des mois de balbutiements, a constaté le correspondant de Anadaolu.

Les concertations tant attendues, conduite par le nouveau médiateur et ancien président tanzanien, Benjamin Mkapa, « risquent fort d’être sans issue », craignent plusieurs observateurs politiques qui évoquent l’absence de la principale plateforme de l’opposition, le Conseil National pour le respect de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et de l’Etat de droit(Cnared), comme un « handicap de taille » à la réussite du dialogue.

Le Cnared, qui regroupe 25 partis d’opposition, avait annoncé, vendredi, qu’il boycottera le dialogue tant qu’il n’a pas été convié en tant qu’entité. Chose que la médiation n’a pas fait, se contentant d’adresser des invitations individuelles à quelques représentants de cette plateforme dont le Mouvement pour la solidarité et le développement (MSD), dirigé par Alexis Sinduhije, le Front pour la démocratie du Burundi (Frodebu), présidé par Leonce Gendakumana, l’Union pour le progrès national (Uprona) de Charles Nditije, a appris Anadolu auprès de ces partis qui n’ont toutefois pas déclaré si ils prendront part ou non aux concertations.

De son côté le Cnared a fait savoir que son exclusion « préméditée par Bujumbura » risque fort de compromettre l’aboutissement des pourparlers. « L’exclusion du Cnared des négociations inter burundaises signifie que ces négociations n’aboutiront à rien. Et le médiateur sait parfaitement cela. La grande question qui se pose dès lors est de savoir si on peut faire confiance à Mkapa », a écrit, samedi, Jérémie Minani, le porte-parole de la plateforme d’opposition sur sa page facebook personnelle.

Pacifique Nininahazwe, président du Forum pour la conscience et le développement (Focode-une des principales ONG burundaises de défense des droits de l’Homme) a, pour sa part, dénoncé sur son compte twitter officiel un « Nkurunziza monologue » s’interrogeant sur le bien-fondé d’un tel dialogue à sens unique.

De son côté la médiation n’a fait aucun commentaire sur l’absence du Cnared et les pourparlers ont effectivement démarré samedi matin avec la participation de représentants du gouvernement, de la société civile et de la communauté internationale.

Initialement prévu du 2 au 6 mai, ce nouveau round du dialogue inter-burundais a été reporté par la médiation au 21 du même mois afin de « conduire des consultations avec les différentes parties politiques autour des points de blocage ». Des concertations préliminaires avaient précédé celui d’Arusha, au début du mois de janvier dernier à Entebbe en Ouganda.

La reprise de ce dialogue survient au lendemain de la publication, par l’Organisation « International Crisis Group », d’un rapport alarmant sur le Burundi. « Un an après le début de la crise déclenchée par la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, la situation au Burundi reste critique », souligne le rapport consulté par Anadolu.

A la fin avril 2015, le Burundi a sombré dans une grave crise politico-sécuritaire née du refus d’une grande partie de la scène politique de la candidature jugée « inconstitutionnelle » du président Pierre Nkurunziza. Cette crise et les violences qu’elle a générées, ont fait plus de 700 morts et poussé 273 927 personnes à quitter le pays, selon le dernier rapport du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) du 21 avril 2016. AA

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