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Burkina Faso: les blessés et les parents des victimes du coup d’Etat manqué de 2015 boycottent les cérémonies officielles

Burkina Faso: les blessés et les parents des victimes du coup d’Etat manqué de 2015 boycottent les cérémonies officielles

Burkina Faso: les blessés et les parents des victimes du coup d’Etat manqué de 2015 boycottent les cérémonies officielles
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Les blessés et les parents des victimes du coup d’Etat manqué de septembre 2015 au Burkina Faso ont boycotté vendredi les cérémonies officielles organisées par le gouvernement pour le premier anniversaire de ce putsch raté, a constaté l’AFP.

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Burkina : les victimes du putsch raté de 2015 boycottent les cérémonies officielles

Les blessés et les parents des victimes du coup d’Etat manqué de septembre 2015 au Burkina Faso ont boycotté vendredi les cérémonies officielles organisées par le gouvernement pour le premier anniversaire de ce putsch raté, a constaté l’AFP.

Ils protestent contre les lenteurs de la justice à poursuivre les auteurs du putsch, et se disent en colère de ne pas avoir été suffisamment consultés pour l’organisation des cérémonies officielles.

Ils ont refusé de se rendre à la Primature, où selon le programme officiel le Premier ministre Paul Kaba Thiéba devait les rencontrer en début d’après-midi, a constaté un journaliste de l’AFP.

“C’est par le sacrifice de nos parents que vous êtes parvenus où vous êtes et aujourd’hui vous nous traitez comme des moins que rien”, a lancé un homme d’environ 40 ans aux personnalités officielles s’apprêtant à quitter le cimetière de Goughin (à l’ouest de la capitale), où le Premier ministre, son gouvernement et de nombreux officiels dont des leaders de partis politiques et d’associations de la société civile à la pointe des manifestations contre le putsch, étaient venus commémorer l‘événement.

Chaque groupe, officiels d’un côté, blessés et parents de victimes de l’autre, a déposé séparément ses gerbes de fleurs sur les tombes de la trentaine de personnes tuées lors du putsch manqué de septembre 2015.

“Nous on n’est pas content parce que ceux qui ont tiré sur les gens on les connaît. Mais pourquoi jusqu‘à présent on n’arrive pas à juger ces gens-là?”, a lancé le parent d’une victime, sous couvert de l’anonymat.

“Ce qui nous fait mal: quand ça tirait, ces autorités qui sont assises là-bas, ils ont fui, d’autres même ont quitté le pays mais nous on était là. L’auteur du coup d’Etat, (le général Gilbert) Diendéré a reconnu le coup. Il faut simplement l’envoyer à la barre”, a-t-il poursuivi.

“Ce que je reproche au gouvernement, c’est la lenteur de la justice”, s’est plaint de son côté, Amadé Zougouri, touché par des balles et qui boite encore aujourd’hui. “C’est de la comédie ce qu’ils sont en train de faire. Ca fait douze mois et depuis rien, nous les blessés on n’a pas les soins qu’il faut”, a-t-il ajouté.

“Les réparations et tout, le gouvernement respectera tous ses engagements, mais tout ça est secondaire par rapport au devoir de mémoire par rapport à ceux qui sont tombés, c’est une reconnaissance éternelle parce que ma conviction c’est que c’est grâce à leur sacrifice que la démocratie est fortement ancrée dans notre pays”, a déclaré le Premier ministre Thiéba à la presse.

Le 16 septembre 2015, des éléments du Régiment de sécurité présidentielle, l’ancienne garde prétorienne du président déchu Blaise Compaoré ont fait irruption en conseil des ministres. Le lendemain, ils ont prononcé un coup d’Etat et placé le général Gilbert Diendéré, ancien bras droit de Compaoré à la tête de l’Etat.

Mais une mobilisation populaire soutenue par une partie de l’armée a fait échec au putsch. Des poursuites judiciaires ont été engagées contre les auteurs du putsch et leurs complices présumés avec en tête le général Diendéré inculpé de “crime contre l’humanité”. Beaucoup risquent la peine capitale.

Mercredi, la justice militaire qui connaît de cette affaire a annoncé le procès pour début janvier “au plus tard”. AFP

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