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République centrafricaine: l’aide humanitaire reste désespérément nécessaire pour sauver des vies.

République centrafricaine: l’aide humanitaire reste désespérément nécessaire pour sauver des vies.

République centrafricaine: l’aide humanitaire reste désespérément nécessaire pour sauver des vies.
Summary:
Les financements humanitaires pour répondre à la crise en République Centrafricaine (RCA) ont été terriblement bas en 2015 : un tiers des 532 millions de dollars demandés ont été mobilisés à ce jour. Le manque de financement est d’autant plus préoccupant dans un pays où l’insécurité est élevée et où les besoins humanitaires sont immenses.

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République centrafricaine: l’aide humanitaire reste désespérément nécessaire pour sauver des vies.

Les financements humanitaires pour répondre à la crise en République Centrafricaine (RCA) ont été terriblement bas en 2015 : un tiers des 532 millions de dollars demandés ont été mobilisés à ce jour. Le manque de financement est d’autant plus préoccupant dans un pays où l’insécurité est élevée et où les besoins humanitaires sont immenses.

 
Le 17 novembre l’Union Européenne et le Gouvernement centrafricain tiendront une conférence à Bruxelles, réunissant les donateurs pour discuter du relèvement du pays durement affecté par la pauvreté et les conflits. Bien que le Conseil Norvégien pour les Réfugiés (NRC) et Action contre la Faim (ACF) saluent cette initiative, nous appelons la communauté internationale à ne pas ignorer le besoin critique de maintenir une aide d’urgence, simultanément aux efforts de relèvement quand ils sont possibles. Les deux types de de soutien étant essentiels dans le contexte actuel. 
 
Quelques 2,3 millions de personnes dépendent de l’aide humanitaire, soit la moitié de la population. On estime que 2,5 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire, contre 1,2 million en 2015[1]. 
 
« Bien que nous avons besoin d’aider le pays sur la voie du relèvement, les besoins humanitaires restent très importants» avertit Maureen Magee, Directrice Pays de NRC en RCA.
 
A seulement quelques semaines du lancement du Plan de Réponse Humanitaire, le risque de voir un engagement particulièrement faible dans le financement de l’aide humanitaire est élevé.
 
«La communauté internationale doit s’engager à continuer d’apporter une aide humanitaire d’urgence, tout en investissant dans le développement de plus long terme. Les deux types d’investissement doivent être articulés ensemble. Nous avons vu d’autres conflits où les efforts se sont focalisés trop tôt sur le développement, au détriment de la situation humanitaire » a déclaré Arnaud Lavergne, Directeur Pays d’ACF en RCA.
 
 « La pauvreté endémique et le sous-développement structurel font partie des moteurs du conflit. Nous avons besoin de routes, de ponts et d’autres infrastructures nécessaires au développement pour aider le pays à se stabiliser et se rétablir, mais ce n’est pas l’un sans l’autre » affirme Maureen Magee. 
 
Les histoires que nous avons reçues de personnes déplacées vivant dans la capitale Bangui rappellent que l’heure n’est pas au retour pour de nombreuses familles qui sont toujours effrayées pas la situation sécuritaire.
 
 « Je suis charpentier, donc il ne sera pas trop difficile de reconstruire notre maison qui a détruite en décembre 2013. Pourtant avec l’insécurité, ce n’est pas possible pour le moment » raconte Raphael, père de 7 enfants vivant dans l’un des sites de déplacés de la capitale. 
 
Une recrudescence de la violence dans plusieurs provinces de la République centrafricaine a entraîné une insécurité accrue pour les civils, notamment dans les foyers de tensions comme Batangafo, Bocaranga, Bambari et Sibut. A Kaga Bandoro, dans la Nana Gribizi, un site abritant des personnes déplacées a été incendié forçant plus de 12 000 personnes à fuir à nouveau. 
 
Les organisations humanitaires sont également affectées directement par cette violence, ce qui complique d’accès aux personnes dans le besoin. Depuis 2014, 458 travailleurs humanitaires ont été ciblés par des attaques violentes et 20 ont été tués. Les évènements violents des 3 derniers mois ainsi que les menaces contre la sécurité des travailleurs humanitaires ont conduit à une relocalisation temporaire du personnel. Certains bureaux ont été pillés et des maisons privées du personnel ont été incendiées. 
 
 « Les civils, parmi lesquels figurent les travailleurs humanitaires doivent être protégés et les personnes qui ont besoin d’aide doivent pouvoir y accéder en toute sécurité. Ce n’est qu’en mettant fin à la crise humanitaire aigüe et à l’insécurité que le pays pourra aller de l’avant » a déclaré Maureen Magee. 
 
Faits et chiffres clés sur la situation humanitaire en République Centrafricaine:
·         Environ 2,3 millions de personnes dépendent d’une aide humanitaire. Cela représente la moitié de la population totale soit 4,6 millions de personnes.
·         En octobre 2016, plus de 385 000 personnes sont déplacées dans le pays et 466 000 supplémentaires ont dû se réfugier dans les pays voisins.[2]
·         Environ 600 enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition aigüe sévère (MAS) sont pris en charge rien qu’à Bangui[3] chaque mois. Un chiffre qui ne diminue pas.
·         Les besoins humanitaires continuent d’être plus importants que les ressources disponibles pour y répondre. Sur les 532 millions de dollars nécessaires seulement 32% ont été réunis au 11ème mois de l’année.
·         La RCA est classée avant-dernière dans l’indice de développement des Nations Unies (187 sur 188). 
 
Note aux éditeurs:
Accès libre aux photos et histoires des personnes déplacées en RCA ci-dessous. 
https://nrc.smugmug.com/Country-Programs/CAR/2016/Humanitarian-needs-among-IDPs-/
 
A propos de NRC et ACF: 
Le Conseil Norvégien pour les Réfugiés est une organisation humanitaire qui travaille dans plus de 25 pays. Pour plus d’informations www.nrc.no
 
Action contre la Faim travaille en RCA depuis 2006. L’organisation mène des programmes en santé et nutrition ; ainsi que des activités visant à améliorer l’accès à l’eau, l’hygiène et l’assainissement, et renforcer la sécurité alimentaire. 

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