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Revenu universel cher à Benoît Hamon : la France en rêve, le Kenya l’expérimente

Revenu universel cher à Benoît Hamon : la France en rêve, le Kenya l’expérimente

Revenu universel cher à Benoît Hamon : la France en rêve, le Kenya l’expérimente
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Alors qu’en France, le candidat socialiste à la présidentielle Benoit Hamon a introduit un projet de revenu universel dans son programme politique, au Kenya, l’organisation philanthropique Give Directly met sur pied une expérience unique qui vise à verser à 26 000 jeunes Kenyans, pendant 12 ans, 0,75 $ par jour, soit 50% du revenu moyen dans les zones rurales visées. Des économistes du Massachusetts Institute of Technology et de l’université de Princeton analyseront chaque année les résultats obtenus.

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Revenu universel cher à Benoit Hamon : la France en rêve, le Kenya l’expérimente

Alors qu’en France, le candidat socialiste à la présidentielle Benoît Hamon a introduit un projet de revenu universel dans son programme politique, au Kenya, l’organisation philanthropique Give Directly met sur pied une expérience unique qui vise à verser à 26 000 jeunes Kenyans, pendant 12 ans, 0,75 $ par jour, soit 50% du revenu moyen dans les zones rurales visées. Des économistes du Massachusetts Institute of Technology et de l’université de Princeton analyseront chaque année les résultats obtenus.

L’organisation (www.givedirectly.org), qui a déjà levé pour cela 23,7 millions de dollars auprès du public et de quelques donateurs, vient de recevoir un renfort de taille avec une contribution de 500 000 $ de la part de Pierre Omidyar, le fondateur d’eBay. «L’idée d’un revenu de base universel gagne du terrain puisque la technologie modifie fondamentalement la nature du travail. (…) Dans de nombreux pays pauvres, en particulier ceux d’Afrique, l’automatisation et la mondialisation créent la perspective d’une désindustrialisation prématurée, où la main-d’œuvre bon marché ne permet pas d’obtenir des emplois manufacturiers stables» soutient M. Omidyar.

Le fondateur d’eBay teste le revenu universel au Kenya

Au-delà de cet apport financier, relativement modeste pour la 54e fortune mondiale, le geste apporte à l’initiative de Give Directly un formidable coup de projecteur sur l’intérêt qu’une large partie de la Silicon Valley accorde à l’idée de revenu universel. Ce don peut également être vu comme une caution de la part de Citibank, Visa ou Mastercard, partenaires d’Omidyar Network, la fondation de Pierre Omidyar engagée dans ce projet.

Le revenu universel n’est pas seulement d’actualité en France, à l’instar de Benoît Hamon, le candidat socialiste à la présidentielle française qui a placé cette idée dite «libérale» au centre de sa campagne. Le revenu universel parvient même à séduire jusque dans la Silicon Valley. Ainsi, Pierre Omidyar, entrepreneur français, iranien et américain et fondateur du géant du commerce en ligne eBay, a annoncé par l’intermédiaire de sa société d’investissement philanthropique Omidyar Network son intention de donner 493 000 dollars à GiveDirectly, une organisation à but non lucratif qui vient en aide aux familles vivant dans l’extrême pauvreté en Afrique de l’Est.

Cet investissement doit permettre à GiveDirectly de financer un programme pilote lancé au Kenya. S’étalant sur 12 ans, il vise à aider 26 000 personnes situées dans 200 villages au Kenya. 6 000 Kenyans toucheront ainsi des indemnités régulières durant l’intégralité de la durée du programme. Dans le même temps, 20 000 autres personnes recevront au minimum une aide sous la forme de transfert d’argent. Omidyar Network explique que des paiements de 0,75 dollar par jour représentant l’équivalent de 50% du revenu typique des adultes dans les régions rurales du Kenya où le programme est déployé.

17% des jeunes actifs au chômage au Kenya

En finançant cet essai, Pierre Omidyar veut faire avancer le débat sur le revenu universel et ainsi inviter les décideurs politiques à réfléchir à la distribution d’une somme annuelle à chaque citoyen, sans aucune restriction. «L’idée d’un revenu de base universel gagne du terrain puisque la technologie modifie fondamentalement la nature du travail. Dans les pays de l’OCDE, voire des pays à revenus intermédiaires comme la Chine, l’Inde et le Brésil, l’automatisation remplace les emplois traditionnels, tandis que la technologie permet une nouvelle «gig economy» (NDLR : économie des petits boulots) qui peut rendre l’emploi beaucoup moins stable et fiable pour soutenir un mode de vie», explique Omidyar Network.

La situation est d’autant plus préoccupante au Kenya puisque 17% des jeunes actifs sont sans emploi, selon les données de la Banque mondiale. «Dans de nombreux pays pauvres, en particulier ceux d’Afrique, l’automatisation et la mondialisation créent la perspective d’une « désindustrialisation prématurée », où la main-d’oeuvre bon marché ne permet pas d’obtenir des emplois manufacturiers stables», précise le réseau du fondateur d’eBay. ARTV

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