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RDC: de nouvelles formes d’insurrection locale et traditionnelle menacent l’autorité de l’Etat

RDC: de nouvelles formes d’insurrection locale et traditionnelle menacent l’autorité de l’Etat

RDC: de nouvelles formes d’insurrection locale et traditionnelle menacent l’autorité de l’Etat
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L'autorité de l'Etat et la stabilité institutionnelle sont de plus en plus menacées dans plusieurs provinces de la République démocratique du Congo suite aux multiplicités des violences en caractère intercommunautaire, et de nouveau mouvements insurrectionnels armés, enregistrés depuis le début de l'année à travers le pays.

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RDC: de nouvelles formes d'insurrection locale et traditionnelle menacent l'autorité de l'Etat

L’autorité de l’Etat et la stabilité institutionnelle sont de plus en plus menacées dans plusieurs provinces de la République démocratique du Congo suite aux multiplicités des violences en caractère intercommunautaire, et de nouveau mouvements insurrectionnels armés, enregistrés depuis le début de l’année à travers le pays.

Depuis plusieurs années, la République démocratique du Congo fait face dans sa partie est à plusieurs formes de rébellion suite à la présence de multiples groupes armés locaux et étrangers.

Parmi ces groupes armés on y trouve notamment une dizaine de branches des miliciens locaux des Maï-Maï, suivis des rebelles étrangers des forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), et des rebelles ougandaises des forces démocratiques alliées (ADF).

Les deux provinces du Nord et Sud-Kivu (est) enregistrent des dizaines de morts chaque mois. Plusieurs opérations militaires sont en cours dans cette partie du pays avec l’appui de la mission de l’ONU en RDC.

Depuis la fin de l’année dernière, plusieurs formes d’insurrection sont en train de prendre forme dans quelques provinces clés du pays dont la province du Kongo-Central, le Kasaï Occidental et Central, et la nouvelle province de Lualaba au nord de l’ancien grand Katanga.

Le Kongo-Central (ouest), principale province qui détient le premier international du pays, est menacé depuis plusieurs mois par Bundu dia Kongo (BDK), une secte mystico-religieuse du chef spirituel Nemwanda Nsemi, qui s’attaque au symbole de l’Etat, aux forces de l’orde et demande aux non-originaires du Kongo-Central de quitter cette province.

Il y a quelques semaines, les forces de sécurité ont tué lors d’un combat une douzaine d’éléments présentés comme les adeptes de ce mouvement religieux, à Kimpense, province du Kongo-Central, où ils ont repris avec les violences et les attaques contre les institutions du pays.

Suite à cette reprise d’hostilité lancée par les adeptes de BDK, le gouvernement a donné un assaut le 14 février dernier à Kinshasa lors d’une opération de police contre le domicile du chef de cette secte, accusé par les autorités d’être à la base de ces troubles dans l’ouest du pays. Une vingtaine de personnes ont été blessées lors de cette opération, selon la police.

D’autres conflits qui inquiètent le plus est celui des deux provinces du Kasaï. Parties du Kasaï Central en septembre 2016, les violences entre les forces de l’ordre et la milice de Kamwina Nsapu, chef coutumier tué le mois précédent dans une opération militaire après s’être révolté contre le pouvoir de Kinshasa, ont progressivement gagné le Kasaï Oriental et le Kasaï Occidental.

L’extension du conflit né de la mort de ce chef coutumier Kamwina Nsapu a été facilitée par un fort ressentiment de la population locale contre le pouvoir central et les autorités provinciales après une succession de nominations de personnes réputées proches de la Majorité politique en remplacement de chefs décédés, au détriment de leur héritier naturel.

La semaine dernière, l’ONU, qui a parlé de près de 140 morts, chiffres non encore confirmés, a exprimé ensemble avec plusieurs organisations internationales partenaires de la République démocratique du Congo leurs inquiétudes sur le nombre croissant des morts et l’utilisation des forces excessives de l’armée congolaise.

« Des dizaines de milliers de civils innocents vivant dans les provinces du Kasaï, Kasaï Central et Kasaï Oriental sont affectés par une spirale de violence depuis août 2016, née de tensions entre les autorités congolaises et la milice d’un chef local connu sous le nom de Kamwina Nsapu, dans le territoire de Dibaya, au Kasaï Central », a déploré Mamadou Diallo, coordonnateur humanitaire de l’ONU en RDC.

Pour la MONUSCO, ces violences ont entraîné la mort de plusieurs personnes parmi les civils, les hommes de la milice et les forces de sécurité de l’Etat, en plus des dégâts matériels considérables.

Non loin des deux Kasaï, les conflits entre les Pygmées et les Lubas font rage depuis l’année dernière, faisant ainsi des morts et des milliers de déplacés internes. L’équipe des Nations Unies est à pied d’œuvre dans la nouvelle province de Lualaba pour tenter de subvenir aux besoins des victimes de ce conflit.

La violence entre les deux communautés Hutu et Nande, qui a déjà fait une cinquantaine de morts dans la province du Nord-Kivu, inquiète également les autorités de la RDC, mais aussi les Nations Unies. Depuis plusieurs mois, deux factions des miliciens Maï-Maï originaires des communautés que sont Hutu et Nande s’affrontent suite à un conflit ethnique.

« C’est inquiétant pour nous les Nations Unies, mais aussi pour les autorités congolaises de voir cette nouvelle forme de violences qui surgissent à travers le pays, dont Kongo Central, les deux Kasaï. Nous sommes prêts conformément à notre mandat de porter notre soutien comme toujours aux autorités pour affronter ces nouveaux défis sécuritaires », a déclaré Felix Prospère Bass, porte-parole de la MONUSCO à Kinshasa.

La République démocratique du Congo traverse une période très fragile politiquement suite à la fin du mandat constitutionnel au décembre dernier de son actuel président Joseph Kabila. Depuis, un accord politique a été trouvé entre les acteurs politiques sur la gestion du pays jusqu’à l’organisation de la prochaine échéance électorale.

Mais les discussions sur les arrangements particuliers pour la mise en oeuvre de l’accord restent toujours bloquées suite aux divergences entre les deux parties.

Selon les analystes aguerris interrogés, l’ensemble de cette situation sécuritaire prouve en suffisance qu’il faut renforcer l’autorité de l’Etat qui est effectivement menacée suite à l’instabilité politique générale à travers le pays. Avec Agence

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