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Demandes de rapatriement de jihadistes en France: Paris hésite et «étudie les dossiers» et se prononcera «au cas par cas»

Demandes de rapatriement de jihadistes en France: Paris hésite et «étudie les dossiers» et se prononcera «au cas par cas»

Confronté aux premières demandes de rapatriement de femmes et d’enfants français de jihadistes détenus en Syrie et en Irak, le gouvernement français se prononcera «au cas par cas».

Demandes de rapatriement de jihadistes en France: Paris hésite et «étudie les dossiers» et se prononcera «au cas par cas»
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Confronté aux premières demandes de rapatriement de femmes et d’enfants français de jihadistes détenus en Syrie et en Irak, le gouvernement français se prononcera «au cas par cas».

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Demandes de rapatriement de jihadistes en France: Paris hésite et «étudie les dossiers» et se prononcera «au cas par cas»

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Confronté aux premières demandes de rapatriement de femmes et d’enfants français de jihadistes détenus en Syrie et en Irak, le gouvernement français se prononcera «au cas par cas».

Être jugées voire condamnées pour avoir rejoint le groupe État islamique (ÉI), mais en France, avec leurs enfants près d’eux: c’est ce qu’au moins deux Françaises actuellement détenues en Syrie demandent aux autorités françaises.

Emilie König, 33 ans, une propagandiste et recruteuse notoire de l’ÉI, a fait savoir mercredi par son avocat qu’elle se tenait «à la disposition de la justice française», qui la réclame depuis 2015.

Arrêtée début décembre, elle est détenue dans un camp des forces kurdes en Syrie avec son garçon de quatre ans et ses jumelles d’un an.

L’une des Françaises détenues avec elle a de son côté demandé au président Macron à être transférée en France avec ses deux enfants pour «répondre de ses actes», selon son avocate.

Le gouvernement a indiqué étudier ces messages. «Nous voulons être sûrs qu’ils proviennent bien des personnes qui disent les avoir envoyés», a déclaré jeudi la ministre de la Justice Nicole Belloubet.

D’après une source proche du dossier en France, une quarantaine de jihadistes français adultes, autant d’hommes que de femmes, accompagnés d’une vingtaine d’enfants, ont été arrêtés en Syrie et Irak, dont la grande majorité par les forces kurdes en Syrie.

Parmi eux, on trouve des figures connues de la mouvance jihadiste française, homme comme Thomas Barnouin, 36 ans, vétéran de la nébuleuse jihadiste du Sud-Ouest de la France dans laquelle ont gravité outre Mohamed Merah, les frères Clain, ou Emilie König.

Depuis les attentats de 2015, en partie perpétrés par des jihadistes français de retour de Syrie, les «revenants» du jihad sont la hantise des autorités françaises.

«S’arranger avec Paris»

Le gouvernement a jusqu’ici estimé que ceux faits prisonniers en Irak devaient être jugés dans ce pays, où ils encourent la peine de mort. Il reste plus flou et au conditionnel sur la Syrie, où les Kurdes contrôlent une partie du nord et du nord-est qu’ils ont repris à l’ÉI avec l’aide des Occidentaux, mais n’ont pas d’État reconnu.

Si «dans le Kurdistan syrien (…) il y a des institutions judiciaires qui sont en capacité d’assurer un procès équitable (…), elles seront jugées là-bas», a déclaré jeudi son porte-parole, Benjamin Griveaux.

Khaled Issa, représentant de la fédération kurde syrienne (Rojava) à Paris, a de son côté déclaré à l’AFP que les Kurdes syriens étaient prêts à «s’arranger» avec Paris sur le sort de ces prisonniers.

L’une des solutions pourrait être de les transférer à la France, comme le Rojava l’a fait il y a quelques mois avec la Tchétchénie, a-t-il souligné, sans écarter non plus la possibilité de procès en territoire kurde syrien.

«Les forces kurdes (…) se retournent vers la France. Nous aurons donc un certain nombre de décisions à prendre en particulier pour les enfants», a noté mardi le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb.

Le cas des femmes et de leurs enfants est le plus épineux et M. Macron a assuré en novembre que leur sort serait examiné au «cas par cas», une ligne dénoncée par les avocats et familles des femmes concernées, qui estiment que cela revient à sortir d’un cadre légal.

Des voix s’élèvent pour s’opposer à tout retour sur le territoire français. «Aucun risque ne doit être pris avec la sécurité des Français», et les femmes jihadistes françaises doivent être «jugées là où elles se trouvent», a ainsi souligné Lydia Guirous, porte-parole des Républicains (LR, droite).

Selon les autorités françaises, environ 1700 Français sont partis rejoindre les zones jihadistes irako-syriennes à partir de 2014. Jusqu’à 450 seraient morts, et 302 sont revenus en France. Les «revenants» adultes y font systématiquement l’objet d’une procédure judiciaire, et les enfants au minimum d’un suivi judiciaire ou éducatif.

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