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Syrie : Que compte faire Washington, pour « stopper » Poutine?

Syrie : Que compte faire Washington, pour « stopper » Poutine?

Poutine, la clé du règlement de la crise syrienne?!!

La Turquie et la Russie partagent, désormais, des frontières communes ? Chaque acte, d’une part ou de l’autre, pourrait déboucher sur une confrontation directe. Mais pourquoi Erdogan est -il en colère contre Moscou? La raison, il faut la rechercher du côté du front Nord des combats, en Syrie.

Les évolutions de ces dernières semaines le prouvent, de manière on ne peut plus claire, la guerre, en Syrie s’étend ! Trois événements quasi concomitants expliquent cette amplification des combats : d’abord, l’attentat terroriste, revendiqué par Daech, contre un avion de ligne russe, dans le Sinaï. Viennent, ensuite, les attaques terroristes du 13 novembre, à Paris, elles aussi, revendiquées par Daech.

Ces attaques, quasi identiques à celles perpétrées, il y a 15 ans, contre les twin towers, à New York, iront, sans doute, étendre le champ d’ingérence des puissances extra-régionales, en Syrie. Selon les analystes, la polarisation entre le camp pro-américain et celui des alliés d’Assad ira croissante : Washington et ses alliés tenteront davantage de démembrer la Syrie, tandis que les partisant de l’Etat nation syrien, ( Assad. et cie), continueront à s’y opposer. Ces derniers essairont, aussi, d’expurger la Syrie et son environnement immédiat de la présence de Daech.

Mais un autre événement de grande importance vient de se produire : l’abattage d’un Sukhoi russe, en pleine mission contre Daech, par un F-16 turc, et ce, dans le ciel syrien. Cet incident a poussé très loin la possibilité que la guerre, par procuration, en Syrie, se transforme en une confrontation directe entre la Russie et la Turquie. Le réalisme, qui règne, au Kremlin, empêcherait, peut-être, qu’une guerre directe n’éclate, n’empêche que le climat soit propre à se dégrader, très rapidement, faisant entrer les acteurs, dans une dynamique de guerre du corps à corps ! En effet, la Turquie et la Russie partagent, désormais, des frontières communes, dans le Nord,  via la mer Noire. Dans le Sud de la Turquie, les avancées de l’armée syrienne et ses alliés, à Alep, se confirment, ce qui crée de nouvelles frontières « virtuelles » entre la Turquie et la Russie.

En d’autres termes, Ankara se voit en position de faiblesse, sur le plan sécuritaire. Ce constat est d’une importance de poids : le Nord syrien n’est plus le théâtre d’affrontements entre les Kurdes pro-américains et les milices pro-Ankara, d’une part, et les milices anti-Daech, de l’autre. Depuis que Moscou frappe Alep et ses localités, la marge de manoeuvre des terroristes pro-Erdogan se réduit comme une peau de chagrin : les localités, comme Deir Haffer, soit cette voie, qui donnait, directement, sur Raqqa, ne sont plus sûres, pour les terroristes, et ceci rend la donne, encore, plus compliquée. A ceci s’ajoutent les derniers acquis de l’armée syrienne : la prise de l’aéroport de Kouiras, de Takhoum al-Bab, soit le bastion de Daech, dans le rif Est d’Alep. L’autoroute Alep-Raqqa vient, également, d’être libérée.

Que va faire, dans ce contexte, Washington ? Washington cherche à s’emparer d’un maximum de territoires syriens, avant tout dialogue. Sa tactique consiste à créer des « zones libérées de Daech », pour, ainsi, priver la Russie de la possibilité de bombarder ces zones. C’est ainsi que s’expliquent les opérations de libération d’Al-Houl, à l’Est de Hassaka et Sinjar, à l’Ouest de Mossoul, (en Irak). Les Etats Unis continuent à vouloir relier la Syrie et l’Irak, par le biais de coopération avec les Kurdes. Washington veut, à la fois, remplacer Daech, et ne pas l’affaiblir, là où il s’oppose à la Résistance.

Les Américains semblent vouloir fixer les frontières de leur territoire, à Deir ez-Zor. Le front Sud n’est pas, non plus, oublié : les « rebelles », formés par la CIA, devront s’y installer, moyennant plusieurs milliards de dollars, par an. Dans le même temps, l’Europe devrait s’impliquer davantage, dans le conflit, selon les Etats Unis, et les attentats du 13 novembre arrangent bien les Américains, en ce sens. Rien ne dit, pour l’heure, que l’Iran et la Russie veuillent lâcher prise et tourner le dos à Assad. La guerre contre la Syrie, qui est entrée dans sa cinquième année, risque de perdurer, avec, toutefois, un plateau de la balance, qui pencherait du côté de la Résistance…

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