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Affaire des 26 provinces : Une nouvelle bourde politique aux conséquences imprévisibles

Affaire des 26 provinces : Une nouvelle bourde politique aux conséquences imprévisibles

Corps d’inspecteurs territoriaux chargés de contrôler les entités administratives en RDC
Il faut vite rendre opérationnelle une structure d’exécution de missions dévolues à Luzolo Bambi et celle chargée de la mise en œuvre effective de la formule » Tolérance zéro » !

Une nouvelle trouvaille a vu le jour dans les laboratoires politiques de la Majorité présidentielle. Il s’agit de la création et la mise en place en RDC d’un corps d’inspecteurs territoriaux chargés de contrôler les entités administratives dans ce pays !

Il y a lieu de préciser que le corps d’inspecteurs territoriaux telqu’il se présente est une structure d’accompagnement du découpage du pays qui vient d’être opéré en donnant lieu à une nouvelle cartographie du territoirequi présente désormais 26 provinces au lieu de 11.

Comme l’indiquent des informations récemment diffusées à ce sujet par le gouvernement, la phase expérimentale du déploiement de ce corps d’inspecteurs territoriaux a été lancée dans l’ex-province du Katanga éclatée en quatrenouvelles provinces, à savoir le Haut Katanga, le Lualaba, le Tanganyika et le Haut Lomani, la généralisation de l’expérience sur l’ensemble de la République devant intervenir sans plus tarder, précise-t-on !

L’avenir s’annonce orageux

Les mêmes sources indiquent parailleurs que cinquante inspecteurs territoriaux ont été installés lundi dernier dans les quatre nouvelles provinces précitées. Combien y en aura-t-il à la phase de généralisation de ce corps ?

Appelés à contrôler les entités territoriales et non à les gérer, les inspecteurs territoriaux seront coordonnés par des inspecteurschefs de pools.

Au niveau de provinces, il y aura des inspecteurs attitrés. Hiérarchiquement, ces derniers transmettront leurs rapports à l’inspecteur général qui, à son tour, les fera parvenir au vice-premier ministre en charge des Affaires intérieures et de la Sécurité, avant d’atteindre les offices du premier ministreet du président de la République !

A ce début apparemment prometteur, les choses marchent comme sur des roulettes. Mais l’avenir s’annonce déjà orageux, faute de garde-fous !

En effet, les inspecteurs territoriaux sont nantis d’un pouvoir de contrôle sur les gestionnaires des affaires de l’Etat : autorités territoriales, gouverneurs, maires de villes, administrateurs de territoires, bourgmestres, chefs de collectivités, chefs de villages et Tuttiquanti. Ils ont donc un droit direct de regard sur l’utilisation desressources financières, l’application de textes légaux, bref sur la gouvernance en général.

Mais dans quelle mesure ces fonctionnaires de l’Etat seront-ils à l’abri de la corruption de la part des gestionnaires décidés à ne pas perdre leur place suite à un audit objectif conduit sur leur gouvernance ?

Pour de nombreux observateurs, la création et la mise en place d’un corps d’inspecteurs territoriaux chargés de contrôler les entités administratives en RDC est une nouvelle bourde politique aux conséquences imprévisibles commise par la Majorité au pouvoir toujours portée à faire flèche de tout bois !

Nous partageons quant à nous l’opinion des Congolais d’ici et d’ailleurs qui pensent qu’il faut rendre opérationnelle sans tarder une structure d’exécutionde missions dévolues à Luzolo Bambi et celle chargée de la mise en œuvre effective de la formule » Tolérance Zéro » avant de prendre des initiatives destinées à améliorer la gouvernance des responsables où qu’ils puissent se trouver sur le territoire national.

Par KambaleMutogherwa

La Tempête des tropiques

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