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AFGHANISTAN: AU MOINS 18 MORTS DANS UN ATTENTAT SUICIDE PRÈS D’UNE BASE MILITAIRE

AFGHANISTAN: AU MOINS 18 MORTS DANS UN ATTENTAT SUICIDE PRÈS D’UNE BASE MILITAIRE

Un soldat afghan stationné à un barrage dans la province de Khost, le 7 août 2012 | AFP/Archives | Jose Cabezas


Au moins 18 civils ont été tués dimanche dans un attentat commis dans l’est de l’Afghanistan par un kamikaze près de Camp Chapman, une base où sont stationnés des soldats afghans et étrangers.

Les rebelles talibans n’ont pas revendiqué l’attaque dans l’immédiat, mais les forces de sécurité afghanes et étrangères font partie de leurs cibles de prédilection.

Pour autant, dans le conflit qui les oppose au gouvernement de Kaboul depuis la chute de leur régime en 2001, les civils payent le prix fort. Près de 1.000 Afghans sont morts dans des violences au cours des quatre premiers mois de l’année, selon l’ONU.

Et plus tôt dimanche, deux civils sont morts à Kunduz, dans le nord du pays, dans l’explosion d’une bombe artisanale au passage d’un véhicule de police.

L’attentat suicide de dimanche soir s’est produit « alors que les habitants se dépêchaient de rentrer chez eux pour l’iftar », le repas de rupture du jeûne du ramadan, a indiqué à l’AFP Faizullah Ghairat, le chef de la police de Kost, ville où est située la base.

Un kamikaze au volant d’une voiture piégée a fait exploser sa charge à proximité d' »un barrage des forces de sécurité afghanes près de l’entrée » de Camp Chapman, a-t-il ajouté.

« Nous avons recensé 18 morts et six blessés », a précisé le Dr. Hemat de l’hôpital municipal de Khost. Faizullah Ghairat a de son côté avancé un bilan de 25 morts et 16 blessés, « uniquement des civils ».

Interrogée par l’AFP, la mission de l’Otan en Afghanistan a dit être « au courant » d’une explosion, sans pouvoir dire si des soldats avaient été blessés.

Camp Chapman avait été en décembre 2009 la cible d’un spectaculaire attentat suicide revendiqué par Al-Qaïda qui avait tué sept agents de la CIA.

La ville de Khost est proche de la frontière pakistanaise, une région instable où les talibans et d’autres groupes armés sont implantés de longue date.

Depuis la fin de la mission de combat de l’Otan en décembre dernier, 12.500 soldats étrangers sont encore déployés en Afghanistan dans le cadre de « Soutien résolu ». Ils ont pour tâche de former et de conseiller leurs homologues afghans, qui sont désormais seuls face aux combattants se réclamant du groupe Etat islamique, notamment dans l’est du pays, et aux talibans.

Ces derniers réclament le départ de la totalité des troupes étrangères d’Afghanistan. C’est d’ailleurs une de leurs revendications pour mettre des pourparlers de paix sur les rails.

Les premières négociations directes ont eu lieu cette semaine au Pakistan entre des représentants des insurgés islamistes et une délégation du gouvernement afghan. Mais malgré cette amorce de dialogue, les insurgés sont en plein dans une offensive estivale d’envergure et ne limitent plus leurs attaques à leur fief du sud.

Un groupe commando a ainsi lancé un assaut contre le parlement afghan à Kaboul il y a deux semaines, opération qui s’est soldée par la mort des sept assaillants.

Dans le nord, et plus particulièrement dans la province de Kunduz, verrou stratégique sur la route du Tadjikistan, les insurgés mettent les forces de sécurité à rude épreuve.

Ils sont parvenus par deux fois ces dernières semaines jusque dans les faubourgs de la ville de Kunduz avant d’en être repoussés.

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