De notre correspondant à Los Angeles
«Ces archives constituent un récit complètement objectif», affirme Wikileaks, qui, entre mercredi et jeudi, publie plus de 500.000 messages retraçant la journée funeste du 11 septembre 2001. «Nous espérons que ces révélations conduiront à une compréhension plus nuancée
des évènements et de leurs conséquences dramatiques», écrit le site. Les messages proviennent de pagers (souvenez vous les Tatoo) alphanumériques, encore largement employés à l'époque par les employés gouvernementaux ou les services de secours.
Spécialisé dans la diffusion de contenus sensibles, Wikileaks.org est une sorte d'anti Big
Brother. Fondé par «des dissidents chinois, des journalistes et des mathématiciens (pour le cryptage et la protection des données, ndr)», selon la description présente sur le site, Wikileaks
diffuse anonymement des documents confidentiels (notes internes de Guantanamo, emails de Sarah Palin...).
Comment les messages ont-ils été interceptés?
Comme à son habitude, Wikileaks n'identifie pas ses sources mais plusieurs journalistes ont reconnus certains de leurs messages et le site a une solide réputation. Le magazine Wired rappelle qu'il est facile de pirater un pager et Wikileaks précise «qu'il est clair que les données proviennent d'une
organisation qui a intercepté et archivé les télécommunications américaines depuis avant le 11 septembre».
Comme l'explique l'expert de CBS, il y a ici deux
possibilités: soit les archives de la plupart des entreprises de télécoms américains ont été piratées. Soit il s'agit d'interceptions «over the air» (sans fil). Dans tous les cas, cela soulève
de sérieuses questions sur la surveillance et le respect de la vie privée. CBS relève un message envoyé à 16h18 par un patron de Cisco (qui fabrique des équipements télécoms) disant «BESOIN DE
DISCUTER DE LA REQUETE DES 10.000 UNITES DU FBI». Selon un expert, il pourrait s'agir là de l'évocation d'une reconfiguration entre Cisco et les fournisseurs d'accès à Internet pour mieux
surveiller le réseau, quelques heures après le drame.
Twitter avant l'heure
La plupart des messages ne concernent pas les attaques. Les premiers dépeignent une journée qui a commencé comme les autres. «Michael Jordan tente un nouveau
retour au Basket.» «Peux-tu me repasser mes chemises». Puis, à 8h46, au moment du premier impact, un broker semble remarquer une panne dans le système.
Pour le reste, il semble régner une certaine confusion sur l'évacuation des membres du gouvernement vers le bunker du Mount Wheather et sur la coordination des services de secours. Il est trop tôt –et les données trop denses– pour
savoir si les messages contiennent des informations susceptibles d'alimenter les fantasmes des théoriciens du complot. Mais sur Twitter, on ne compte déjà plus la reprise de faux messages
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