Vendredi 30 octobre 2009
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L'Angola promet de nouvelles expulsions des congolais
''Il est évident que l'Angola ne renoncera jamais à son droit d'expulser des citoyens Congolais dont les actes ne profitent pas à notre pays'', la déclaration faite
lundi sur la radio angolaise'' Radio national de l'Angola'', reflétant donc le point de vue du gouvernement et du ministre angolais des Affaires étrangères, Assurancao dos Anjos.
En voilà une qui est de nature à saper tous les efforts diplomatiques entrepris par l'Angola et la RD Congo pour apaiser davantage les esprits qui étaient surchauffés, au lendemain de la vague
d'expulsions des ressortissants congolais et angolais de part et d'autre, mesure conjointement prise par les gouvernements des deux pays de les suspendre. Pour qu'il ne puisse subsister aucun
doute sur les nouvelles intentions de son gouvernement, Assuncao dos Anjos a précisé que ''l'Angola se réserve le droit d'expulser des immigrants congolais illégaux, particulièrement s'ils
viennent travailler dans les mines de diamant''. On peut s'interroger sur l'opportunité d'une telle déclaration qui risque, à n'en point douter, de raviver les tensions et d'exaspérer les
Congolais, gouvernement comme population, alors qu'on était en droit de penser que le malheureux épisode du mois d'octobre courant était censé appartenir au passé.
Sous réserve de la réaction des autorités congolaises compétentes, le ministre angolais des Affaires étrangères ne doit pas avoir fait une telle déclaration par hasard. Elle doit manifestement
être le fruit d'une réflexion murie destinée à rappeler aux autorités congolaises que le gouvernement angolais n'entend pour rien au monde transiger sur la sécurité de ses frontières et même avec
les exigences de l'ordre public, s'agissant particulièrement de la politique d'immigration.
On peut donc en déduire qu'il faut s'attendre à d'autres expulsions, si tant est qu'il y aura encore et toujours des migrants congolais qui prennent le risque (et le luxe) d'être en situation
irrégulière en Angola. Avec ce que cela pourrait entraîner comme conséquences en pareilles circonstances (exactions en tous genres, viol des femmes, pillage etc…) à l'endroit des 'clandestins'
pris en flagrant délit de séjour légal.
Certes que le gouvernement angolais à ce droit, comme tout autre pays dont la RDC, d'expulser qui il veut séjournant irrégulièrement sur son territoire. Mais a-t-il le moyen de contrôler le
mouvement de ces expulsions pour en éviter des abus attribués par la suite'' aux éléments incontrôlées ''comme a tenté de se justifier Luanda ?''. Cette question en soulève une autre, qui
consiste à savoir si les forces de l'ordre et des militaires angolais commis à ces expulsions prennent la précaution de faire la différence entre les Congolais en situation irrégulière et les
autres ?
Or, tous les témoignages de nos compatriotes expulsés d'Angola ainsi que ceux des ONG des droits de l'homme ont attesté que cette mesure, à la limite vexatoire, avait la particularité de ne pas
faire de distinction entre les ''irréguliers'' et les ''réguliers'', les uns et les autres ayant été indistinctement logés à la même enseigne et traités comme des bêtes de domme.
Pour rappel, plus d'une centaine des milliers des congolais considérés comme des clandestins avaient été brutalement chassés d'Angola. En représailles, le gouvernement congolais, généralement
très attentiste et surtout accommodant, a pris le parti de rendre la pareille à Luanda, en expulsant, à son tour, près de 20.000 angolais dont certains ont prétendu être réfugiés ayant fui la
guerre civile angolaise de 1975 à 2002.
Maintenant que nous sommes à quelques pas d'une nouvelle vague d'expulsions des ressortissants congolais d'Angola, de l'aveu même du ministre angolais des Affaires étrangères, que compte faire le
gouvernement congolais pour éviter surtout de nouveaux cas de morts consécutifs à cette frénésie d'expulsions que Luanda vient d'annoncer avec insolence ?
Aura-t-elle lieu avant où après la réunion de la grande Commission mixte angolo congolaise prévue au mois de novembre prochain dans la capitale angolaise ? Nul ne saura le dire, mais on sait que
les problèmes sécuritaires au nombre desquels celui des migrants clandestins est inscrit à l'ordre du jour de cette réunion.
Selon l'ambassadeur Bagbeni Adeito, autrefois représentant de la RDC aux Nations Unies et à Genève qui se confiait récemment à notre confrère ''Le Potentiel'', ''les non dits autour des
expulsions des ressortissants congolais de l'Angola et des Angolais de la RDC reposent entre autres sur la gestion des frontières maritimes''. Détail important qu'il n'y paraît ignoré du grand
nombre, la question des frontières maritimes a déjà été résolue par la convention de Montego Bay, en Jamaïque, depuis le 10 février 1982. L'Angola le sait pertinemment bien et c'est sans doute
par un coup de tête qu'il tente désespérément de jouer sur ce registre, misant sans aucun doute sur ce registre, misant sans aucun doute sur notre distraction pour se délecter d'une partie de
notre frontière maritime. Espérons que la réunion de la grande commission mixte Angola RDC aboutira à une solution de compromis sur toutes les questions qui fâchent les deux pays.
Jeff Kalambaie
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