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Affaire Chebeya : L'amateur François Hollande dribblé !

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Crée le 11-09-2012-07h00 | AFRIQUE REDACTION | REDACTEUR EN CHEF : ROGER BONGOS | SITE PANAFRICAIN |ACTUALITE NATIONALE, AFRICAINE ET INTERNATIONALE. Mis à jour le mardi 11-09-2012 -07h05 PAR : LE PHARE

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La nouvelle est tombée comme un couperet hier, lundi 10 septembre 2012
dans l’après-midi. Alors qu’il était fiévreusement attendu, au plus tard, la semaine prochaine, le prononcé de l’arrêt avant dire droit de la Haute Cour Militaire (HCM) aux différentes requêtes des parties au procès Chebeya, du nom de l’activiste des droits de l’homme retrouvé mort à Mitendi le 2 juin 2010, est renvoyé au 23 octobre 2012 à la Prison centrale de Makala.

 

D’aucuns croyent que la décision de la Haute Cour Militaire peut être interprétée comme un signal négatif en direction du président français, François Hollande. Cette haute personnalité avait souhaité en effet, en marge de sa participation au XIVè Sommet de la Francophonie, à Kinshasa, que le pouvoir en place en RDC fasse preuve de progrès en matière de démocratie et de respect des droits de l’homme, que la Ceni soit restructurée, qu’il y ait plus de transparence dans le procès des assassinats de Floribert Chebeya et
Fidèle Bazana. Avec le renvoi de l’arrêt avant dire droit au-delà du Sommet de la Francophonie, le président français est dribblé car privé de toute possibilité de constater si ce dossier judiciaire répond aux standards requis pour la transparence.


A en croire le bâtonnier Jean-Joseph Mukendi wa Mulumba, coordonnateur du collectif des avocats des parties civiles, le greffe de la HCM a notifié, lundi, cette ordonnance renvoyant le prononcé au 23 octobre prochain à l’ONG « La Voix des Sans Voix »(VSV). La HCM justifie cette prolongation au-delà de la huitaine par l’abondance et l’importance des questions examinées ainsi que le nombre de jours inférieurs au temps que requiert la rédaction des arrêts à prononcer.


Profondément troublés, les défenseurs des droits de l’homme ainsi que leurs avocats n’ont pas encore précisé les raisons de cette décision, mais annoncent d’ores et déjà trouver ce report suspect. Il convient de rappeler que depuis la fin, le mardi 4 septembre dernier, de longs débats procéduraux autour des différents mémoires avant-dire droit et requêtes introduits par les parties en présence dans l’affaire «Chebeya», le président de la HCM a, après une dizaine d’audiences, décidé de prendre en délibéré les demandes des toutes les parties et d’y répondre dans le délai de la loi. « Plusieurs demandes
ont été introduites. Quand bien même la Cour sera prête dans la huitaine, elle va solliciter auprès du 1er président de la HCM une ordonnance de prolongation afin de produire un travail minutieux, non fait dans la précipitation… » avait-il précisé.

 

Dans le lot des sollicitations, rappelons-le, il y avait l’examen de l’appel avant-dire droit de la Cour militaire, l’examen de deux requêtes tendant à obtenir des mesures conservatoires dont la comparution du général Numbi et la sécurisation de sa ferme, l’examen du mémoire unique des prévenus ainsi que leurs demandes de mise en liberté provisoire, la requête de surséance, etc. « La perfection n’est pas de ce monde, mais demeure l’idéal, nous allons rendre ces arrêts conformément au règlement intérieur de la justice militaire… » a indiqué ce colonel.

 

Nonobstant cet optimisme, le juge a reconnu avoir entendu que «les choses tiraient en longueur à la HCM». Dans notre tâche, a-t-il appuyé, nous devons faire montre d’une certaine hauteur car travailler dans la précipitation c’est se diriger dans l’erreur. Le travail du juge exige réflexion et requiert sérénité et minutie.

 

Pour lui, il s’agit d’une affaire grave avec mort d’hommes, des prévenus ont été jugés et au terme de l’examen de leur cause, la HCM va décider de leur sort. « Il y a eu des mémoires uniques, des requêtes, etc. Et pour respecter le principe de contradiction, tout a été soumis au débat afin que chaque partie s’exprime… »

 

Il importe de souligner que durant presque toutes les audiences, les avocats des parties civiles sont souvent revenus à la charge en réclamant à cor et à cri la comparution du général John Numbi Banza Tambo, toujours considéré par eux comme le principal commanditaire du double assassinat des défenseurs des droits de l’homme, Floribert Chebeya et Fidèle Bazana. Ils disent constater dans le chef du ministère public un comportement suspect qui frise un déni de justice.

 

Parmi eux, Me Peter Ngomo Milambo, se dit convaincu qu’il y a eu tentative de falsification d’une décision de renvoi afin de soustraire l’ancien chef de la police de la Haute Cour Militaire, seule juridiction compétente pour le juger. Accusation formellement récusée par le ministère public qui soutient que toute la procédure dans ce procès s’est fait dans la régularité.

Tshieke Bukasa

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