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Balkanisation: Le journal New York Times (NYT) prédit la disparitionon de la Belgique, RDC, Mali et d'autres‏...

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Crée le 01-10-2012  06h00 | AFRIQUE REDACTION | REDACTEUR EN CHEF : ROGER BONGOS | SITE PANAFRICAIN |ACTUALITE NATIONALE, AFRICAINE ET INTERNATIONALE. Mis à jour le lundi 01-10-2012 -06H40 PAR : ARTV NEWS

 

 
 
Les masquent viennent de tomber. Le prestigieux journal New York Times (NYT) a jeté –samedi 22 septembre 2012- un pavé dans la marre. Veuillez cliquer sur ce lien   une carte , pour découvrir la nouvelle carte géographique de la planète –des Etats-nations qui naitront de la nouvelle redistribution des frontières. En scrutant la fameuse carte, NYT annonce sans hésitation et d’une manière frontale: La Belgique, La RDC, le Mali vont disparaitre. Et aussi d’autres pays : Azerbaïdjan, Bahreïn, Kurdistan, Syrie, Somalie et Yémen. Pendant qu’on y est, un oubli de taille : l’Espagne.
 
 
 
Le diagnostic de NYT est formel et sans appel. Les pays qui sont colorés jaunes sur la carte  cesseront d’exister dans leurs dimensions et frontières actuelles.  NYT annonce toute une première : la réunification des deux Corées selon le modèle Allemand. C’est-à-dire la Corée du Sud, plus riche, prospère et industrielle « avalera » la Corée du Nord, puissance militaire mais économiquement pauvre.  Le message principal de NYT est simple : le monde va assister au « baby-boom » des Etats-nations qui vont bouleverser la géopolitique et géostratégie mondiale.
 
 
 
La livraison de NYT n’est ni fortuite, anodine, encore moins innocente. NYT a choisi une période cruciale où les grands de ce bas monde se côtoient, discutent en aparté, les alliances se nouent ou se défont, les tensions s’apaisent ou enflent, les complots se tissent, les stratégies de déstabilisation par jeu d’alliances se dessinent, les décisions et résolutions qui pèsent sur le devenir de la planète, sont souvent prises, sans nécessairement les consentements des peuples. Ce moment électrique, ludique, presque mythique est la réunion annuelle de l’Assemblée générale des Nations-Unies.
 
 
 
NYT marque des points. Le premier ministre belge Elio di Rupo –qui se trouve à New York pour l’Assemblée générale des Nations-Unies- a vivement réagi à l’article de NYT et surtout sa prophétie sur la disparition de la Belgique au profit du foisonnement des Etats-nations. Sur un ton martial –presque guerrier, Elio di Rupo tonne : « Le gouvernement se bat pour maintenir le pays dans la solidarité…La majorité des citoyens veulent garder le pays. (…) Il y en a beaucoup qui disent « ça n'ira pas ». Mais moi, je me bats pour garder notre pays uni ». Source : article du journal le Soir daté 25 septembre 2012, ci-dessous. On entend les réactions d’autres Chefs d’Etat et chefs de délégation des pays visés.
 
 
Pour le Mali, NYT ne nous apprend rien. Il a abouti à la même conclusion que nous, lors du débat –dans nos forums- sur le Mali. La partition du Mali est faite. L’armée malienne n’a aucune possibilité de recouvrir l’intégrité territoriale. Il faut une aide extérieure notamment une force régionale dans le cadre de la CDEAO. Toutefois, sans l’aide des occidentaux (renseignements militaires, satellites de surveillance, encadrement des soldats maliens, etc), les troupes de la CDEAO échoueront.
 
 
 
En ce qui concerne la Belgique, NYT annonce ce que nous savons déjà. La Wallonie latine serait littéralement écrasée par la bataille démographique au profit de la Flandre n’eut été le statut spécial de la région de Bruxelles. En effet, c’est grâce à la « fécondité » des belges d’origine turque, africaine que le poids  démographique de la Flandre est atténuée. Relevons que ces belges d’origine étrangère viennent de l’immigration –bête noire des partis de droite et extrême-droite belges.
 
 
 
Grace aux belges d’origine étrangère et à l’immigration, la langue française des wallons résiste à  la langue néerlandaise.  On assiste aussi à une revanche de la Flandre sur l’économie. Pendant longtemps, les flamands représentèrent une majorité démographique mais une minorité économique. C’était l’époque où la Wallonie avec son industrie lourde (métallurgie, sidérurgie), et l’industrie textile, son port et chantier navale contribuait pour 60% du Produit National Brut (PNB). Toutefois, dès 1955, un renversement spectaculaire se produit. La Wallonie (latine) ne pèse que 34% du PNB, Bruxelles pour 17% et la riche Flandre produit 49% du PNB de la Belgique. En 1997, la part de la Wallonie au PNB dégringole à 25%, la région  de Bruxelles baisse aussi à 14% et la part de la Flandre atteint 61% du PNB. La Wallonie peine à rattraper son retard. En 2008, la part de la Flandre au PNB fléchit à 60% du PNB, la part de région de Bruxelles grimpe à 15% du PNB et la part de la Wallonie stagne à 25% du PNB. Les disparités au niveau social confortent les écarts de croissance économique. Le taux de chômage est de 7% de la population active en Flandre contre 15% en Wallonie. Le taux de pauvreté est plus élevé en Wallonie 17% contre 11% en Flandre.
 
 
 
Toutefois, NYT surfe seulement sur les antagonismes culturels et linguistiques entre les wallons et les flamands pour expliquer le prochain divorce qui selon le journal ressemblera comme un jumeau au divorce entre la Tchéquie et la Slovaquie. Pour NYT, la scission est retardée grâce au statut spécial de Bruxelles. Dommage, que NYT ne fait aucune analyse sur les conséquences de la balkanisation de la Belgique. D’abord, comment gérer et repartir la dette publique colossale de la Belgique estimée à 97% du PIB.  Les agences de notation s’activeront pour noter les deux nouveaux Etats-nations pour encourager ou décourager les investissements.
 
 
L’épineux problème de la Région de Bruxelles se pose avec beaucoup d’acuité.  Qui de la Flandre et de la Wallonie va « hériter » de la région bruxelloise ? La bataille sera rude. Les flamands veulent récupérer la région de Bruxelles mais sans le consentement et l’appui de la population bruxelloise –en majorité francophone, la mission s’avère impossible. Les belges d’origine africaine et les résidents africains qui vivent dans la région de Bruxelles, ont-ils conscience de leur responsabilité politique ?
 
 
En cas de scission, la Flandre prospère et riche arrêtera les transferts budgétaires vers le reste du Royaume.  L’arrêt de ces transferts signera l’acte de décès de la péréquation fiscale qui recycle la richesse de la Flandre vers les deux régions (Wallonie, région de Bruxelles) moins loties. A coup sur, la Wallonie aura beaucoup de peine à se relever. L’une des solutions serait que la Wallonie se tourne vers son ancienne colonie la RDC.
 
 
NYT ne nous dit rien de nouveau sur les deux Congo : La RDC et le Congo-Brazzaville. Le journal affirme que la création artificielle des frontières entre les deux Congo a provoqué une incohérence ethnique qui subsiste. Pour la RDC –deuxième grand pays en superficie après l’Algérie (le Soudan étant déjà balkanisé et émasculé), son intégrité territoriale est menacée. Toujours selon NYT, l’Est de la RDC –le Congo utile- ne résistera pas longtemps à la scission.  NYT affirme que le Nord et le Sud Kivu sont déjà sous orbite du Rwanda. La riche et prospère province du Katanga chercherait à fusionner avec la Zambie. Seul manquement de taille : le Maniema, où irait-il à l’Ouganda ?
 
 
La conclusion de NYT sur la RDC en particulier et l’Afrique doit nous interpeller tous. Pour NYT, la redistribution des frontières en RDC est le résultat de la dotation en ressources naturelles et non aux différences ethniques. 
 
 
 
En terme moins ésotérique, les différences ethniques n’ont et n’auront aucune incidence sur la prochaine redistribution des frontières, seuls les ressources naturelles compteront. Ici, NYT pèche avec beaucoup de légèreté, superficialité et artificialité. D’abord,  en ce qui concerne les frontières héritées de la colonisation, pourquoi s’arrêter seulement aux deux Congo en les présentant comme les pays les plus fragiles de la sous-région ? L’Angola partage une frontière de plus de 2000 km avec la RDC. Comment démembrer la RDC en laissant intacte l’Angola ? Même la Zambie que NYT présente comme plus solide que la RDC, survivra-t-elle à la désintégration de la RDC ?
 
 
 
Supposons même que la conclusion de NYT soit correcte. La dotation en ressources naturelles dessinera les nouvelles frontières. Dans ce cas, pourquoi l’Angola, le Congo-Brazzaville et la RDC ne fusionneront-ils pas ? Les trois pays ont des liens consanguins avec des peuples compartimentés entre les trois pays mais aussi au Gabon et en Zambie (ne-Kongo, Lunda, Tchokwes, Nkanu, Yaka, Ngala, etc). Qui ignore que l’Angola et la RDC ont les mêmes ressources naturelles et potentiellement riches (pétrole, gaz, diamant, bauxite, cuivre, zinc, étain, uranium, manganèse, cobalt, etc) ? Et encore on découvre des ressources naturelles insoupçonnées dans les deux pays. Une fois, les tests et vérifications accomplis, la publication de ces nouvelles ressources feront des jaloux et envieux. Les deux Etats-nations ont une abondante terre arable qui a fait de l’Angola la deuxième exportatrice mondiale du Café jusqu'à en 1973 ? Qui ignore que les terres arables de la RDC peuvent nourrir toute l’Afrique ? Pauvre Kongo, j’insiste Kongo avec K….
 
 
 
Je suis en désaccord profond avec NYT sur les autres pays ciblés : Azerbaïdjan, Bahreïn, Kurdistan, Syrie, Somalie et Yémen. J’y reviendrai.
 
 
 
Pour le moment, retenons simplement que l’article de NYT qui annonce la nouvelle carte mondiale est l’œuvre des laboratoires occidentaux,  de la haute finance et des bureaux conseils d’études stratégiques et géopolitiques. L’objectif est clair : contrôler les ressources naturelles à travers des Etats-nations faibles et fragiles.
 
 
Pour les sceptiques qui balayent du revers de la main la menace réelle de la balkanisation de la RDC, je les invite à revisiter l’histoire de Panama. Savent-ils que le Panama fut un territoire de la Colombie ?
 
 
 
Nous sommes en 1902, le Senat Américain s’apprête à voter pour creuser un canal au Nicaragua, quand un volcan Momotombo fait éruption suivie par un autre en Martinique. Les banques Anglo-saxons en lutte fratricide avec les banques allemandes font pression –par le biais du lobbying- pour que le gouvernement américain embrasse leur projet alternatif : construire le canal de Panama avec deux objectifs : réduire ou carrément éliminer l’influence allemande en Colombie et contrôler le volume des trafics commerciaux en créant un passage maritime entre l’océan Pacifique et l’Océan Atlantique. Enjeu géostratégique est de taille. Trois pays sont en concurrence. La France ne fait pas le poids et se retire de la compétition. Reste l’Allemagne et les Etats-Unis. Derrière les gouvernements de ces deux pays, s’abritent la haute finance représentée par les banques allemandes et les banques protestantes Anglo-saxons, les fameuses WASP (White Anglo-Saxon Protestant). 
 
 
 
 La haute finance américaine obtient le vote du Senat, du Congres (chambre basse) et le soutien indéfectible du gouvernement américain. Le Senat et le Congres autorisent  le gouvernement américain d’acquérir la Société du Canal de Panama.
 
 
Pendant ce temps le parlement de la Colombie –sous influence allemande- vote une loi contre une cession du territoire colombien pour le creusement du tunnel. Le gouvernement américain s’offusque. Le français Bunau-Varila –devenu l’homme lige des banques WASP et l’américain John Milton Hay suggèrent  alors que les services de renseignement américain organisent la sécession du Panama.
 
 
La CIA n’aura aucun problème de réussir sa mission. La Colombie est gangrenée par des dissensions internes. Un groupe d’intellectuel menace le gouvernement central de sécession. La Cia, déjà sur le terrain découvre un jeune leader indépendantiste aux dents longues et aux ambitions démesurées : Manuel Amador Guerero. La Cia lui donne des garanties. La sécession ne pourra que réussir car la puissante impériale Amérique pèsera de tout son poids. Déjà, les Etats Unis envoient l’USS Nashville vers la baie. Amador Guerrero son petit groupe des sécessionnistes rencontrent le français Bunau-Varila qui leur assure que l’Allemagne n’a pas les moyens militaires d’aider le gouvernement central, simplement parce que son armée est loin de ses bases…..en Europe.
 
 
 
Le français Bunau-Varila –décidément entreprenant et ingénieux- retourne à New York. Dans son bureau,  il rédige avec un groupe d’experts Anglo-Saxons, la Déclaration d’Indépendances et la Constitution de la nouvelle république de Panama. Il fait un saut à la Maison Blanche, rencontre le président Theodore Roosevelt et lui demande son appui. Marché conclut. La CIA accélère le processus. La « révolution » panaméenne explose et le 3 novembre 1903, l’indépendance du Panama est proclamée. Manuel Amador Guerero devient président, lit une déclaration d’Indépendances élaborée à New York par les étrangers et jure sur une Constitution préparée à New York  par des étrangers…………..
 
 
Les Etats-Unis et la France reconnaissent la « nouvelle » République, Vaincu, l’Allemagne assiste impuissante à la partition de la Colombie. La Colombie elle-même « reconnait » le Panama en décembre 1903. Le français Bunau-Varila est nommé ambassadeur de la république de Panama aux ………Etats-Unis. Belle revanche de la France latine et l’Amérique Anglo-Saxonne ……………
 
 
 
Les nouvelles « autorités » du Panama donnent le canal pour un siècle aux Etats-Unis. L’impériale Amérique vient encore de gagner contre l’Europe (Allemagne), grâce à la traitrise française. Heureusement, le traité fut rediscuté les années 1970s. Sous le gouvernement Jimmy Carter et le dirigeant Omar Torrijos, le Panama récupère le contrôle du Canal le 31 décembre 1999.
 
 
 
Que les africains lucides ouvrent les yeux et restent sur leur garde. Sinon, d’autres Etas-nations –fabriqués de toute pièce comme le Panama, éliront domicile en Afrique. En première ligne de mire……………la RDC
 
 
 

 
 
  Ed Nsimba
 
 
 
Cliquer sur ce lien pour lire l'article de New York Times:
 
 
 
http://www.nytimes.com/interactive/2012/09/23/opinion/sunday/the-new-world.html
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