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Créé
le 19.03.10 à 01h00
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AFRIQUE
REDACTION | FAZ | RDC | Mis à jour le vendredi 19.03.10 à 01h12.
Par :
LE
POTENTIEL
Oubliés et marginalisés, les militaires ex-FAZ, comme tout Congolais, avaient le droit de faire entendre leurs voix. Le mouvement « Pentecôte » est une simple
manifestation de la souffrance, mais non un mouvement insurrectionnel, argue le collectif des avocats de la défense.
Hier jeudi 18 mars, les plaidoiries de la défense ont débuté dans le procès qui oppose le ministère public à une quarantaine de militaires de la composante ex-Forces armées zaïroises (ex-Faz) qui
avaient manifesté dans la nuit du 27 au 28 mars 2004. Mois de la femme oblige, c’est Me Jacqueline Yoka Mieli qui en a donné le ton. Elle a été suivie par Me Peter Ngomo Milambo, coordonnateur du
collectif des avocats de la défense.
Pour cette première journée accordée à la défense, les deux avocats ont effleuré les faits, en faisant voir aux juges de la Cour militaire de Kinshasa/Gombe que c’est en proie au désespoir que
ces militaires bien formés ont ainsi agi. Et contrairement au ministère public qui les avait présentés comme de simples hommes nostalgiques, Me Peter Ngomo a dû présenter la personnalité de
chaque prévenu. Ainsi, on a pu découvrir que la plupart des prévenus sont non seulement formés dans différents domaines de l’art de la guerre ; mais qu’en plus, nombreux sont ceux qui se sont
spécialisés à l’étranger. Tel est le cas du major Amili, ce pilote militaire formé aux Etats-Unis d’Amérique.
Après avoir glorifié Dieu, Me Jacqueline Yoka, qui est sur les traces de son père Me Yoka Mangono, a déclaré aux juges : « Nos clients ont essayé d’exprimer les injustices qu’ils vivaient chaque
jour ». La jeune avocate a aussi déploré le cas de ces autres prévenus impliqués dans le mouvement baptisé « Opération Pentecôte » et qui viennent de passer 6 ans de leur vie en prison sans
savoir ce qu’ils ont réellement fait. Elle a cité pour exemple le prévenu Gingolo, un pasteur qui vient de perdre, non seulement ses trois enfants, mais aussi son épouse. Et pourtant, s’est-elle
indigné, certains prévenus détenus jusqu’à ce jour ont été arrêtés seulement pour raison d’enquête. Tel est le sort du soldat Tshibangu, qui avait abandonné les puits de diamant de son Kasaï pour
servir sous le drapeau. En effet, le pauvre garçon a été enlevé de son poste de travail où il était pourtant commis à la garde d’une vieille marmite et d’une épave de camion de marque « TATA ».
Et depuis lors, lui et ses compagnons moisissent en prison pour n’avoir rien fait.
Exacerbée par tant de méchancetés, Me Jacqueline Yoka a déclaré à la Cour : « Il n’existe pas une justice à la congolaise, la justice doit être la même pour tous les humains ». Elle a donc émis
le vœu selon lequel les juridictions militaires doivent être exemplaires dans la sanction. Et voici sa prière à l’intention de ceux qui vont décider du sort des militaires ex-FAZ impliqués dans
la manifestation du 28 mars 2004 : « Vous jugez vos semblables. La justice militaire est comme toutes les autres justices. Vous mettrez en balance les arguments de l’accusation et ceux des
prévenus ».
Me Jacqueline Yoka à aussi prié la Cour militaire de se plier aux instruments juridiques internationaux ratifiés par la République démocratique du Congo, et qui ont une valeur supérieure à nos
lois. Elle a ajouté : « La jeune démocratie que nous sommes doit faire en sorte que ces instruments juridiques internationaux soient respectés ».
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