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Créé le 31.03.10 à 07h00 | AFRIQUE REDACTION | UNIKIN | RDC | Mis à jour le Mercredi 31.03.10 à 07h20 Par : AFRICANEWS

Dimanche 1er avril 2010. Après le réquisitoire du ministère public qui a requis la peine des travaux forcés pour les deux prévenus détenus au CPRK, l’on n’attend plus que le verdict qui devra
être prononcé dans le délai légal.
Ça se corse pour les professeurs Shako Lubunga et Bertin Bagula. Leur affaire, portant sur une accusation de détournement, est prise en délibéré au niveau de la Cour d’appel de Kinshasa/Matete.
Lubunga, en même temps doyen de la faculté Polytechnique de l’Université de Kinshasa -UNIKIN- et coordonnateur adjoint du Centre de recherche et maintenance -CEREMA-, encourt 48 mois des travaux
forcés pour détournement. Cependant, le directeur général de ce centre, Bagula, ne s’est vu requérir que 24 mois des travaux forcés.
Quoique leur état de santé à tous deux dégénère piteusement, d’autant plus qu’ils ont apparemment déjà atteint l’âge canonique, les deux professeurs attendront leur jugement au Centre
pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa -CPRK- où ils demeurent encore en détention. Le ministère public requiert 24 mois des travaux forcés pour le prévenu Lubunga, autant que pour Bagula.
Il les poursuit pour détournement d’une faramineuse somme de 56.000 USD du gouvernement central, destinée à l’élargissement du boulevard Lumumba. L’infraction, selon l’Organe de la loi, est
commise par les détenus au nom d’une structure dénommée CEREMA. Sur ce, il exige de chacun d’eux la restitution de ce montant.
D’un autre côté, Lubunga a fait cavalier seul en détournant, de la même manière, 9.502.000 FC provenant de la même source. L’Officier du ministère public -OMP- souligne que ce prévenu a octroyé
ce montant à ceux à qui il n’était pas destiné, notamment la Coordination estudiantine de la faculté dont il tient la barre. Pas catholique. Ce faisant, l’OMP demande que Lubunga seul soit puni
de 24 mois des travaux forcés. Ce qui lui fait un total de 48 mois, à lui seul.
L’engrenage des châtiments s’est resserré. L’OMP n’a nullement fait preuve de miséricorde à l’égard des deux prévenus. Comme si seuls les travaux forcés ne suffisaient pas, il a encore requis que
les deux professeurs polytechniciens soient condamnés à des peines subsidiaires, notamment l’interdiction du droit de vote et de l’accès aux services publics.
Pour les défendeurs, le CEREMA n’est pas un gouffre dans lequel sont englouties des sommes aussi importantes. Mieux, «il s’agit d’un service public de l’UNIKIN, décentralisé et jouissant d’une
autonomie de gestion au même titre que les Cliniques universitaires de Kinshasa», a souligné un des avocats des prévenus. Expliquant son fonctionnement, ce dernier révèle que le labelle du CEREMA
est octroyé à n’importe quel collectif des professeurs de l’UNIKIN opérant, à l’extérieur de cette institution, à titre de consultants privés, moyennant un versement de 10% de l’ensemble du
revenu de ce collectif. Pour les défendeurs, le collectif des professeurs a initialement été contacté par le ministère des Travaux Publics et Infrastructures à titre de consultant privé. «La
faculté n’a rien à avoir avec ce dossier», insistent-ils.
La défense est persuadée que cette accusation de détournement n’est que la conséquence du changement du bureau facultaire. Elle dit comprendre alors pourquoi le doyen déchu, Sumuna Temo, s’est
empressé de dénoncer le premier à la police en portant un faux témoignage, allant jusqu’à ne pas reconnaître le CEREMA à la tête duquel il a pourtant été une fois. La défense regrette ce qu’elle
qualifie de mauvaise foi.
Christian GONTCHO
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