laredaction@afriqueredaction.com
journaliste-editorialiste@afriqueredaction.com
rogerbongos@afriqueredaction.com
Standard rédaction " Afrique Rédaction " Tél. : 00 33 7 62 08 18 18
laredaction@afriqueredaction.com
journaliste-editorialiste@afriqueredaction.com
rogerbongos@afriqueredaction.com
Standard rédaction " Afrique Rédaction " Tél. : 00 33 7 62 08 18 18
L’instance de décision de l’Organisation mondiale à la croisée des chemin entre les rapports de sa propre mission déployée depuis 10 ans, un rapport d’experts
indépendants qui ont travaillé sur une période limitée de 5 mois pendant l’année en cours, des rapports d’ONG’ internationales et autres agences plutôt. Prolixes en la matière, et ceux du
Gouvernement Congolais.
Partira, partira pas? Si partira, alors quand?
Depuis que le Gouvernement congolais a officiellement posé le problème aux Nations Unies en demandant un plan de désengagement progressif de sa mission en
RDC, la question fait son bonhomme de chemin. Et à New York, elle est plutôt prise au sérieux. Pour preuve, cet embarras manifeste dans lequel se trouve le Conseil de sécurité qui examine
actuellement la prolongation de la mission.
Une dépêche de l’AFP captée sur le Net indique, en effet, que l’instance suprême de décision de l’Organisation mondiale fait face à un véritable casse-tête lorsqu’il lui revient, aujourd’hui, de
« proroger et peut-être repenser le mandat de la Monuc (...) sur laquelle pleuvent les critiques et dont Kinshasa souhaite être débarrassé. »
La reconduction du mandat de la MONUC prévue pour le 21 décembre, indique encore l’AFP qui évoque des diplomates siégeant au Conseil sans les citer tous, fait actuellement l’objet « d’un
débat très difficile ». Le débat se buterait sur le choix entre « la poursuite ou non du soutien de l’ONU à l’opération controversée « Kimia 2 » contre les rebelles hutu
rwandais, et la durée de reconduction du mandat de la Monuc, déployée depuis 10 ans », alors que Kinshasa a déjà émis le souhait de la voir partir prochainement, suivant un plan de
désengagement progressif à proposer.
En effet, Kinshasa souhaite, s’il y a reconduction, qu’elle le soit pour une durée de six mois au lieu d’une année. L’objectif est de permettre d’amorcer un retrait graduel sur un an. Et
dans un rapport rendu public mardi sur la situation en RDC, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, recommande une reconduction de six mois.
Le piège des experts indépendants de L’Onu
On rappelle, cependant, que lors de son dernier point de presse à Kinshasa, le porte-parole du Gouvernement, Lambert Mende, avait fait savoir que le Gouvernement n’avait Spas encore levé une
option formelle du départ proprement dit, mais qu’à ce stade il avait été demandé aux Nations Unies de proposer un plan, de désengagement progressif à présenter d’ici juin 2010. Ce plan,
indiquait-il, devait, ensuite, servir de base des discussions entre les deux parties.
Seulement, l’on comprend que le débat en cours au Conseil de sécurité considérerait moins les vraies réalités de terrain que les enjeux internes au système, mais aussi les intérêts en ballottage,
indiquent des observateurs au fait du fonctionnement du système dans son aspect des opérations de paix... Le dernier rapport d’experts indépendants de l’ONU sur les opérations de sécurisation de
l’Est de la RDC serait à la base des contradictions au sein du Conseil de sécurité, indiquent les mêmes observateurs qui rappellent les attaques particulières de ce panel d’experts contre la
mission onusienne sur terrain.
L’analyse du document laisse transparaître un choix délibéré qui viserait à justifier le besoin du maintien de la mission lorsque les experts chargent systématiquement la MONUC dont ils
reprochent la complaisance face aux exactions des civils mises à charge, globalement, des FARDC. Une manière d’attester que l’armée congolaise ne serait pas encore capable de prendre seule
en charge la situation sur terrain, conclut les observateurs.
Les interrogations à New York
En attendant, à New York, chacun s’interroge et cherche à dégager la démarche à adopter finalement. C’est une vraie question qui nous est posée : va-t-on s’engager dans cette transition ? »,
s’interroge l’ambassadeur de France, Gérard Araud, qui ajoute :
« Si le pays hôte le demande, il est difficile de dire non, mais comment faire en sorte que
cette transition soit réussie et n’oblige pas la communauté internationale à revenir dans quelques années ? »
Le diplomate français à l’ONU poursuit sa dialectique :
« Il faudrait mettre l’accent sur la formation de l’armée, de la police et de la justice
congolaises et sur le développement économique ».
L’Ambassadeur français ne le dit pas. Mais un autre diplomate résume la problématique : « d’un côté le secrétariat (de l’ONU) dit que le soutien de la Monuc à Kimia 2 est nécessaire, que les
FDLR sont en recul et donc que la situation s’améliore sur le terrain, de l’autre les ONG disent que les armées congolaises que nous soutenons se livrent à des exactions insupportables ».
Qui donc croire ? Le Conseil de sécurité semble ainsi se trouver à la croisée des chemins entre les rapports de sa propre mission déployée en RDC depuis 10 ans, un rapport d’experts indépendants
qui ont travaillé sur une période limitée de 5 mois pendant l’année en cours, des rapports d’ONG internationales et autres agences plutôt prolixes en la matière, et ceux du Gouvernement
Congolais.
Ce qui est vrai, c’est qu’à New York, une nouvelle opinion a vu le jour pour avancer, toujours selon l’AFP, que « le gouvernement congolais peine à tenir un pays immense face aux multiples
milices armées qui sévissent sur ses frontières de l’Est, avec une armée indisciplinée et des infrastructures détruites par des années de gabegie et de guerre civile. » Tout un programme...
Un autre diplomate, non identifié considère pour sa part que devant une crise mobilisant près de 20.000 Casques bleus pour un
coût d’1,3 milliard de dollars par an, « il y a (au Conseil de sécurité, ndlr), une forte tentation d’accepter la demande de M. Kabila. « Nous serions ravis d’opérer un retrait si nous
étions sûrs que l’armée congolaise n’allait pas se livrer aux pillages et aux viols dans les Kivu », réplique un autre diplomate que ne cite pas l’agence de presse
française.
Analyses biaisées
Il ne reste pas moins que, pour l’heure, le travail attendu du Conseil de sécurité est de décider du maintien du mandat de la MONUC en l’état ou de le modifier. Seulement, l’exercice paraît
biaisé dès le départ lorsque les analyses se basent sur des éléments’ ponctuels et conjoncturels, éléments pris, par ailleurs, avec des à priori ayant bride tout sens d’objectivité. Il s’agit, en
effet, de l’affaire des exactions attribuées à un bataillon des FARDC qui se serait rendu coupable de tueries des civils au Sud Kivu dans le cadre des opérations Kimia 2.
Pourtant, lors de son point de presse évoqué tantôt, le Ministre congolais de la Communication et medias avait démontré qu’à la date où les faits évoqués et attribués aux FARDC se seraient
produits, le territoire concerné était sous contrôle des milices FDLR jusqu’à la date de la fin de l’enquête des experts onusiens. L’armée régulière, avait ajouté Mende, y avait séjourné pendant
4 heures seulement après la période concernée, à l’occasion d’un affrontement avec les éléments des FDLR avant de décrocher. Et au moment où il parlait il y a près de 10 jours, la MONUC en était
encore à négocier avec les occupants un accès au territoire pour vérifier, à la demande du Gouvernement congolais, les allégations mises à la charge des FARDC.
Dans la même démarche, le Gouvernement, chiffres à l’appui, a régulièrement dénoncé les exagérations des rapports des multiples agences et ONG évoluant à l’Est pour attester du peu de
crédibilité à y accorder quant à leur objectivité. Il s’amène alors que Kinshasa se trouve aujourd’hui face à une bataille existentielle face à nombre d’intérêts qui prospéraient sur l’insécurité
à l’Est et dont la perpétuation ne peut être assurée que par la poursuite de cette insécurité. La multiplication, ces derniers temps, de rapports particulièrement sur l’opération spécifique Kimia
2 au Sud Kivu, serait symptomatique du malaise qui, manifestement, a élu domicile sur les places diplomatiques internationales, alors qu’aujourd’hui l’ONU est engagée à assumer sa propre
responsabilité par rapport aux intérêts des uns et des autres.
Qui avait donc commis une enquête sécrète qui a produit un rapport tout aussi confidentiel sur une mission de l’ONU, enquête qui s’apparente aujourd’hui à un audit interne de l’organisation
mondiale? Pourquoi donc les éventuelles défaillances de la mission onusienne sur terrain semblent-elles prospérer sur le dos de l’armée congolaise, mais sur base de données manifestement
manipulées ? Comment justifier que le sort d’un mandat de 10 ans se joue sur la base d’un rapport de 5 mois, du reste fort contester dans ses données de départ et, par conséquent, dans ses
conclusions ? Comment, enfin, parvenir à démêler l’écheveau pour un Conseil de sécurité composé de 5 membres permanents cités tous dans ce même rapport quant à leur responsabilité dans la
survivance des FDLR sur terrain soutenus politiquement et financièrement par des cadres vivant sur leurs territoires et faisant affaires avec leurs entreprises sur les ressources et le sang des
Congolais ?
Ces questions, manifestement, feraient mal, très mal, sur les consciences des uns et des autres à New York...
Jonas Eugène Kota/Forum des As
Aucun commentaire pour cet article
Derniers Commentaires