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![]() KINSHASA -- Le gouvernement du Premier ministre de la République démocratique du Congo (RDC) Adolphe Muzito a totalisé en mois de novembre une année depuis son investiture. Pour plusieurs observateurs de la scène politique congolaise, après une année d'existence, il fallait faire le bilan de sa gestion du pays. A son entrée en fonction, en novembre 2008, le gouvernement du Premier ministre Adolphe Muzito s'est assigné une mission sur plusieurs fronts. Parmi ceux-ci figuraient la refondation de l'Etat, la consolidation de la paix et de l'unité nationale, la consolidation de la stabilité macroéconomique et la mise en oeuvre de cinq chantiers, l'amlioration des conditions sociales par l'accès de tous aux services sociaux de base de qualité. Une année après, on constate que tous ces objectifs sont loin d'être atteints. En effet, sur le plan sécuritaire, la région orientale de la RDC reste encore instable politiquement. Malgré les opérations conjointes entre les FARDC et l'armée nationale rwandaise lancées au mois de janvier 2009, malgré l'opération Kimia I et Kimia II menée conjointement par les FARDC et la mission de l'ONU en RDC (MONUC), les rebelles rwandais des Forces démocratique de libération rwandaise (FDLR) continuent encore à semer la terreur dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l'est du pays. Une situation instable qui empêche ainsi toute possibilité d'investissements dans cette partie pourtant riche du pays. Sur le plan national, le processus de la formation d'une armée restructurée, integrée et républicaine n'a jamais vraiment démarré. Au contraire, l'opération de réinsertion des ex-combattants au sein des FARDC n'a pas produit d'effets positifs attendus, dans le sens de la formation de l'armée nationale congolaise. Selon un haut responsable des FARDC, aujourd'hui, certains de ces ex-combattants ont fini par déserter l'armée pour retrouver leurs groupes armés. Sur le plan économique et social, la situation des Congolais ne s'est vraiment pas améliorée en une année. Sur le front de l'amélioration des conditions sociales par l'accès de tous aux services sociaux de base de qualité, le gouvernement d'Adolphe Muzito a perdu l'estime des Congolais du fait que qu'il n'a pas réalisé ses promesses . En effet, la dépréciation perpétuelle du franc congolais a entraîné la baisse du pouvoir d'achat de la population. Une année après, les Congolais n'ont pas de couveture sociale et l'accès aux soins de santé essentiels, à l'eau potable, à l'électricité, au transport et à l'emploi reste toujours un droit de luxe. Plusieurs choses restent encore à faire sur ce chapitre, étant donné que la situation sociale de la population congolaise ne s'est pas encore développée. En outre, l'industrie minière du Katanga, au sud de la RDC, a été fortement touchée par la crise économique et financière internationale. Au point où beaucoup d'entreprises minières de cette province du sud de la RDC ont du être fermées et mis leurs travailleurs au chômage. Au Kasai Oriental, la Minière de Bakangwa (MIBA) qui produit du diamant a également été fermée. La politique de la réforme des entreprises de l'Etat amorcée par le ministère du Portefeuille a davantage conduit ces entreprises vers leur faillite. L'opératon Tolérance zéro lancée par le gouvernement n'arrive pas à contenir la pratique de corruption, de détournement et pillages des richesses de la RDC. Sur le plan de la reconstruction, il faut tout de même signaler des points positifs observés dans le domaine des infrastructures avec notamment des travaux des infrastructures routières réalisés à Kinshasa et dans les provinces par des entreprises chinoises dans le cadre de cinq chantiers de la république. Sur le plan politique, la RDC a renoué avec sa visibilté régionale en organisant tour à tour à Kinshasa, le 29ème sommet des chefs d'Etat des pays membres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique Australe (SADC) et le sommet de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC). Deux évènements politiques qui ont marqué le grand retour de la RDC sur la scène régionale. A la lumière de ces faits observés, l'on dit sans crainte que le bilan du gouvernement d'Adolphe Muzito en une année d'existence est loin d'être positif, même si quelques efforts ont été faits dans certains secteurs qui n'ont rien à voir avec le vécu quotidien des Congolais. Tout compte fait, il reste qu'un remaniement ministériel qui s'avère indispensable pour redonner un nouveau souffle à un gouvernement qui visiblement a montré ses limites et qui semble être dépassé par les évènements. Par Luc-Roger Mbala et SHU Shi Publié le 2009-12-01 08:48:04
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