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Créé le 02 -09-2010 à 00h30 | AFRIQUE REDACTION | REDACTEUR EN CHEF : ROGER BONGOS | SITE PANAFRICAIN | ACTUALITE | RDC | Mis à jour le jeudi 02 -09-2010 à 02h40 | PAR : FORUM DES AS

La faculté de droit de l'Université de Kinshasa (UNIKIN) organise, depuis la semaine dernière, la première session des examens pour l'année académique 2009-2010,
dans les promotions de deuxième graduat et deuxième licence. Au niveau de la licence, les examens se déroulent dans des conditions quasi-acceptables. Les étudiants occupent leurs auditoires
respectifs transformés en salles d'examen. C’est au niveau du graduat que le bât blesse. Les épreuves se déroulent dans des conditions inacceptables, en violation même des droits des étudiants.
Reportage.
L'on se croirait dans une école située au fin fond d'un village enclavé de la République démocratique du Congo. C'est pourtant en plein ex. Louvanium à Kinshasa.
Les examens en deuxième année de graduat de droit se présentent dans l'ancien resto-central, mué en deux auditoires depuis les années 1980, l'un au rez-de-chaussée et l'autre au premier niveau.
Ces étudiants de G2, qui suivent déjà difficilement les cours dans un endroit presque isolé de l'université, dans des auditoires communément appelés "Manzengele", ont encore du mal à se
concentrer pour bien répondre aux épreuves.
Les deux salles d'examen de l'ancien resto-central sont à peine équipées. Celle du rez-de-chaussée contient quelques bancs et pupitres. La salle du premier niveau,
par contre, offre un espace vide, semblable à un terrain qu'on peut aménager pour un match de tennis de table. Dans cette situation, les étudiants qui arrivent au campus à temps se précipitent au
rez-de-chaussée pour occuper les bancs. Certains vont même jusqu'à réserver des places pour leurs camarades absents. Pour une promotion de près de 700 étudiants, les bancs réservés à cinq
personnes, arrivent parfois à être assiégés par 8 ou 9 étudiants. Dans ce cafouillage, seuls quelques 300 étudiants arrivent, cahin-caha, à s’asseoir.
Il suffit de franchir avec toute agilité dix marches d'escalier divisées en deux temps, pour se retrouver dans l'auditoire d'en haut, réservé, pour la plupart des
cas, aux étudiants " retardataires ". Le comble là-bas, c'est qu'il n'existe aucun banc, ni chaise ni écritoire. La faculté n'ayant rien prévu par pallier ces insuffisances, chaque étudiant se
sent donc obligé de se trouver individuellement des moyens confortables en vue de bien présenter son examen. La location des chaises en plastique fait bonne affaire. Deux cents Francs congolais
suffisent pour louer une chaise.
Mais, il faut laisser sa carte d'identité en caution. Le budget des étudiants ne permet pas à tous de louer une chaise. Les moins nantis n'ont pas d'autre choix que
de s'asseoir sur le claustrât, voire sur les fenêtres. " Je ne sais comment me concentrer dans ces conditions. En tout cas, je vais miser sur la tricherie(…) Regardez le désordre dans lequel ces
chaises sont installées. Même dans une église de réveil ou dans une réunion de parti politique, l'ordre règne ", fait savoir Mika, rencontré debout, papiers duplicateurs en mains, en attente du
questionnaire d'examen.
Les droits des étudiants en péril
Pour satisfaire au mot d'ordre du Gouvernement, selon lequel l'année académique en cours doit se terminer au mois d'octobre prochain, l'enseignement à l'UNIKIN
s'est dispensé à une vitesse exponentielle. La plupart des professeurs n'ont pas terminé leurs programmes. Pendant que l'horaire des examens était affiché à la valve, les cours continuaient à
être dispensés. Pas de blocus, déplorent des étudiants : " le règlement prévoit deux semaines de blocus. Pour cette année, rien n'est prévu, alors que nous avons un horaire marathon. Pas
d'intervalle. Pendant deux semaines, jour pour jour, nous passons les examens. Dans quelle disposition psychologique ? ", s'interroge Trésor Nkoy.
Il est bon de clôturer l'année dans le délai, pensent certains observateurs. Mais, cela ne doit pas se passer en violation des droits des étudiants. Le droit à
l'éducation est garanti par la Constitution. Il ya aussi le règlement de l'université. Il prévoit que lorsque tous les professeurs ont épuisé la matière selon la charge horaire mise à leur
disposition, que l'institution, après avoir accordé deux semaines de blocus aux étudiants, organise la session d'examen. Tout cela doit confortablement se dérouler dans de bonnes conditions pour
permettre au récipiendaire de mieux se concentrer. Pour l'année académique prochaine, toutes les batteries doivent, en amont, être mises en marche pour qu'en aval, étudiants et professeurs
sortent gagnants.
Rocco NKANGA
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