Lundi 7 décembre 2009
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Pour soustraire la jeunesse gabonaise de l’emprise de l’alcool et des paradis artificiels de l’industrie de la nuit, le gouvernement vient de prendre une
somme de mesures jugées salutaires mais dont certaines imprécisions risquent de compliquer leur application sur le terrain.
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© D.R. / Scène de bistrot.
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Lors du conseil de ministre du 03 décembre, le Gouvernement a décidé d’interdire l’ouverture des débits de boissons au delà de 22 heures, ainsi que
toute entité émettant des nuisances sonores audibles à l’extérieur de celle-ci. Les enfants de moins de 16 ans sont interdits de circuler ou de se trouver dans un lieu public après 22
heures, s’ils ne sont accompagnés de leurs parents ou tuteurs.
Il est également interdit à tout débitant de boissons alcoolisées ou de tout établissement destiné à la consommation de boisson alcoolisée, d’admettre tout mineur, qu’il soit accompagné
ou non. Enfin, l’ouverture des débits de boissons et autre entité destinée à la consommation des boissons alcoolisées aux abords des établissements scolaires et universitaires est
prohibée.
Bien qu’elles soient perçues par certains comme assez draconiennes, ces mesures visent à réguler un secteur dont certaines extravagances creusaient le lit d’une zone de non droit. Saluées
par de nombreux parents et enseignants, les conditions de leur application méritent cependant d’être clarifiées pour éclairer certaines zones d’ombre.
La première d’entre elles est relative à l’admission de tout mineur accompagné ou non dans un débit de boisson. Désormais aucun mineur ne pourra donc aller acheter pour ses parents de
l’alcool ou même une boisson non alcoolisée dans un bar. Il est libéré de cette « corvée » jusqu’à sa majorité. Dans ce cas, une maman qui a un enfant à bas âge peut elle entrer avec ce
dernier dans un bar le temps d’acheter une boisson sans tomber sous le coup de la loi?
Il en est de même en ce qui concerne l’ouverture des débits de boissons aux abords des établissements scolaires et universitaires. Cela suggère-t-il que tous les débits de boisson qui
sont à proximité de ces établissements seront fermés ? Quelle est la distance autorisée qui doit séparer l’établissement scolaire du débit de boisson ?
La dernière zone d’ombre concerne la date d’entrée en vigueur de ces mesures et l’autorité chargée de les appliquer sur le terrain. Pour l’application de ces mesures, le conseil de
ministre charge « toutes les personnalités investies des prérogatives de puissance publique ». Celles-ci «doivent veiller à ce que les membres de leur entourage n’enfreignent les
présentes mesures, car la loi, expression de la volonté générale, impersonnelle et de portée générale, doit résolument s’appliquer, sans exception ou franchise, dans toute sa rigueur
».
Tel que libellée, cette formulation de la mesure est potentiellement source de difficultés dans son application, car elle accorde trop de pouvoir aux « détenteurs de puissance publique »
dont la liste pourrait s’allonger à souhait au gré des humeurs et des intérêts et donner lieu à une inflation d’usurpation de titre.
Par ailleurs, qui est détenteur de puissance publique ? Le chef de quartier, le policier, le militaire, l’agent municipal, le maire, le préfet, le gouverneur, etc. ? Le voisin militaire
ou maire peut-il fermer le bar du coin ? Il serait souhaitable que le gouvernement éclaire l’opinion sur les modalités pratiques de l’application de ces mesures afin qu’elles ne
débouchent pas sur des injustices qui les rendraient contreproductives.
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08-12-2009 |00H05 Gaboneco.com
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Par BONGOS ROGER
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Publié dans : Afrique centrale
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