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Dans le procès sur l’assassinat des défenseurs des droits de l’Homme Floribert Chebeya et Fidèle Bazana, les parties arguent que les déclarations du cinéaste
Thierry Michel apportent des éléments nouveaux.
Le mardi 17 juillet 2012, le procès qui oppose le ministère public et les parties civiles aux assassins présumés de Floribert Chebeya Bahizire et Fidèle Bazana
Edadi a suscité une joute oratoire sans pareil. Et cela, à cause des déclarations du journaliste et cinéaste belge Thierry Michel qui détiendrait le témoignage du policier Paul Mwilambwe,
condamné à mort par défaut au premier degré. Ce qui est à la base d’une nouvelle requête des parties civiles. Discussions qui ont d’ailleurs retardé le sujet du jour, à savoir le réquisitoire du
ministère public contre l’appel des parties civiles à l’endroit de l’arrêt avant-dire-droit de la Cour militaire de Kinshasa/Gombe.
En effet, les parties civiles ont fait voir que depuis la dernière audience, plusieurs organes de presse ont relayé les déclarations de Thierry Michel dans
lesquelles le policier Paul Mwilambwe dit avoir vu Floribert Chebeya et Fidèle Bazana dans l’après-midi de la date fatidique. Dans ce récit, Paul Mwilambwe affirme que Fidèle Bazana a été tué le
premier et enterré dans une fosse commune dans la ferme du général John Numbi. Toujours selon les propos prêtés à Paul Mwilambwe, Floribert Chebeya a été tué par strangulation. Toujours selon le
mémoire unique des parties civiles, Paul Mwilambwe précise qu’il a été entendu à l’auditorat, et le général John Numbi l’a récupéré pour le transférer à Lubumbashi.
Pour les parties civiles donc, ces déclarations apportent un élément nouveau et exigent une instruction supplémentaire. Leurs conseils ont demandé à la Haute cour
militaire la sécurisation du site où le corps de Fidèle Bazana a été enterré. Ils ont aussi exigé que le cinéaste Thierry Michel soit entendu à l’audience et que sa bande soit visionnée. Enfin,
ils réclament que la Haute cour ordonne les mesures conservatoires citées dans leur mémoire unique.
En guise de réponse, le président de la Haute cour militaire a fait comprendre aux parties que cette requête des parties civiles sera examinée séparément avec la
requête sur l’arrêt avant-dire-droit.
Du coup, le bâtonnier Jean-Joseph Mukendi wa Mulumba est passé à la barre pour dire aux hauts magistrats militaires : «Les parties civiles insistent pour que la
Haute cour militaire se penche sur cette situation particulière. Il y a des éléments spéciaux et il ne faut pas renvoyer l’affaire à une date ultérieure». A son tour, Me Richard Bondo Tshimbombo
a déclaré : «Nous attendons un feu vert de votre part. Il y a une nuance entre un mémoire unique et une requête». Me Kabengela Ilunga leur a succédé pour faire remarquer que dès que les preuves
sont révélées, il y a lieu d’ordonner les mesures conservatoires.
S’étant levé, l’auditeur général Likulia a posé cette question : «L’urgence se trouve à quel niveau ?». En guise de réponse, Me Richard Bondo a dit que l’urgence
n’est pas d’attaquer le fond. Et cela avant de renchérir : «Les parties civiles ont appris comme vous qu’il y a une fosse commune dans une ferme. La RTNC en a fait un éditorial, elle qui n’a
jamais couvert ce procès. Il faut que ces preuves soient sauvegardées. Car, la ferme de John Numbi est réputée cimetière non connu du public. Le témoin dit que John Numbi était
présent».
Et lorsque le président de la Haute cour a dit : «La Cour préfère laisser ce petit débat et passer à l’essentiel», Me Richard Bondo a directement rétorqué :
«Pensez-vous que c’est un petit débat ?». Le président de la chambre lui a alors fait comprendre que c’est la requête qui va provoquer un grand débat quand elle sera examinée. Prenant la parole à
son tour, l’organe de la loi s’est ainsi exprimé : «Il faut d’abord examiner l’arrêt avant-dire-droit. Que l’on donne au ministère public l’occasion de s’imprégner de cette nouvelle
requête».
Non satisfait, Me Kabengela Ilunga s’est ainsi adressé aux juges militaires : «Il n’y a que vous qui pouvez prendre ces mesures pour conserver les preuves, le
ministère public est partie au procès». Pour clore le débat, le président a fait comprendre aux parties que la Haute cour militaire n’examinera cette question que lorsqu’elle aura vidé le
problème de l’arrêt avant-dire-droit soulevé à la dernière audience par les mêmes parties civiles.
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rdcongo-kinshasa, Nord et Sud KIVU, Kinshasa, Bas Congo, Dongo, Equateur, Maniema, Lubumbashi, les deux Kasai. Rédacteur en Chef : BONGOS Roger
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