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Créé le 11.03.10 à 05h10 - AFRIQUE REDACTION | INSECURITE | HAITI | Mis à jour le Jeudi 11.03.10 à 05h12. Par : COURRIER INTERNATIONAL
Dans la capitale éprouvée par le séisme, les pillages se poursuivent et les prisonniers évadés courent toujours. Les forces de l'ordre essaient de faire face.
© AFP
Un officier de police patrouille dans une rue de Port-au-Prince, janvier 2010 - ONU
Comme toutes les institutions du pays, le tremblement de terre du 12 janvier a provoqué de lourdes pertes dans les effectifs de la Police Nationale d'Haïti (PNH) et la destruction de nombreux commissariats. Pourtant, le directeur général de l'institution, Mario Andrésol, se veut rassurant. "Nous contrôlons à 60-65 % la situation sécuritaire du pays et nous continuons de remplir notre mission, qui est de protéger et de servir la population", explique-t-il. Il souligne que la PNH dont le système de communication fonctionnait encore via les radios de communication, aussitôt après le séisme s'est très vite portée au secours des victimes. Depuis le drame, le centre ville est devenu une zone de non droit, abandonnée, et livrée aux bandits qui pillent et brûlent les magasins en plein jour. Les agents des forces de l'ordre en sont quasiment absents.
"Il est de plus en plus difficile à nos agents de patrouiller près des immeubles fissurés qui risquent de s'effondrer à n'importe quel moment", se justifie Mario Andrésol. Face à cette situation, le chef de la police demande une redéfinition du périmètre à sécuriser. Il a conseillé aux commerçants d’abandonner momentanément les lieux. "Je pense qu'il serait plus sage que les dirigeants des entreprises du centre ville [le poumon économique de la ville] viennent nous demander de les aider à transporter leurs marchandises et les documents importants en lieux sûrs", propose-t-il.
La police nationale mène des opérations de sécurité conjointes avec les casques bleus. "Mais rares sont celles réalisées avec les militaires américains. Ils
sont surtout là pour assurer la sécurité de la distribution de l'aide alimentaire", indique Mario Andrésol. Un des grands défis de la PNH est de remettre la main au collet des quelque cinq
mille prisonniers qui se sont spectaculairement évadés après les premières secousses du Pénitencier national, alors que les locaux de cette institution n'ont pas été détruits. Parmi les
évadés, deux cents ont été déjà arrêtés et reconduits au pénitencier qui a recommencé à fonctionner. En attendant des jours meilleurs, l'un des grands projets de Mario Andrésol est la
construction d'un village réservé aux policiers. "Nous travaillons sur le plan et sur l'endroit", rapporte-t-il. Pour l'instant, le haut état-major de la police nationale fonctionne dans les
locaux des forces d'intervention à côté du centre opérationnel gouvernemental.
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