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Créé le 31.03.10 à 07h00 | AFRIQUE REDACTION | CONSTITUTION | RDC | Mis à jour le Mercredi 31.03.10 à 07h20 Par : FORUM DES AS
Lorsque sonneront, le 30 juin 2010 à 0h'01'', les carillons du jubilé d'or de l'indépendance, la République Démocratique du Congo disposera d'une œuvre diplomatique à contempler en termes de
réalisation d'une longue et difficile marche vers la reconnexion avec la communauté internationale dans l'optique de son ouverture au monde. Non pas qu'une baguette magique se sera, entretemps,
abattue sur le dispositif diplomatique congolais, mais bien que l'opportunité sera fort propice d'évaluer le niveau des efforts fournis par la RDC pour s'ouvrir diplomatiquement au monde, en
interne comme en externe, avec un intérêt significatif sur la reconnexion des compatriotes de l'étranger avec leur mère patrie.
En cette période où les esprits entreprennent déjà d'évaluer la marche de la Nation, non seulement en rapport avec la fin progressive de la mandature électorale partie de 2006, mais aussi avec l'objectif du cinquantenaire, un regard particulier devrait être jeté sur l'apport de la diplomatie congolaise dans l'œuvre de la reconstruction du pays. L'exercice est d'autant plus incontournable qu'en rapport avec la vision du Président de la République, Joseph Kabila quant à la reconstruction nationale, ce domaine occupe une place de choix dans la recherche des moyens pour traduire en réalité la politique gouvernementale axée sur la réalisation des 5 chantiers de la République.
La RDC ne se reconstruira pas seule, a toujours clamé Joseph Kabila qui ne cesse de marteler que le pays est suffisamment vaste pour accueillir tous ceux qui veulent y investir et contribuer à
son développement. Et dans ce dispositif, la diplomatie congolaise a un rôle majeur à jouer pour attirer les partenaires internationaux, mais aussi mettre en confiance l'importante diaspora
congolaise et son potentiel d'investissement.
Cette évidence a été captée cinq sur cinq au ministère des Affaires étrangères qui, depuis plus de deux ans, sous la houlette d'Alexis Thambwe Mwamba, a entrepris
des actions de mise à niveau du dispositif diplomatique congolais par rapport aux défis de la reconstruction nationale. Depuis qu'il s'est placé aux commandes des Affaires étrangères, en effet,
Thambwe Mwamba s'est fixé comme objectif essentiel de redynamiser la diplomatie congolaise. La démarche embrassait l'ensemble des préoccupations managériales d'une structure - les Affaires
étrangères - qu'il fallait placer dans l'optique d'un défi à relever pour la rendre à même de répondre aux multiples attentes de son public : l'Etat congolais et ses citoyens (de l'intérieur
comme de l'extérieur) et ses différents Etats-partenaires. Pour y parvenir, l'actuel chef de la diplomatie congolaise a choisi une politique de proximité et de «harcèlement» pour faire adhérer
tous les sceptiques, nationaux comme étrangers, à la vision d'un Congo décidé à tourner le dos au chaos pour s'imprimer une nouvelle image qui se traduit, notamment, par " le façonnage du bon
paraître " qui attire les " curieux ".
Management et modernisation des infrastructures
Pour y parvenir, le patron de la diplomatie congolaise s'est imposé une démarche managériale visant à améliorer l'image de la diplomatie congolaise, notamment en réhabilitant la "fréquentabilité"
du ministère des Affaires étrangères, non seulement en termes de cadre infrastructurel, mais aussi de l'encadrement des cadres et agents dans une logique participative et autour d'un objectif
commun d'où chacun tire son profit. En un mot, depuis sa prise des commandes de la diplomatie congolaise, Alexis Thambwe Mwamba, qui accumule déjà plus de 5 mandats comme ministre dans sa
carrière politique, s'est fixé comme objectif la modernisation du ministère des Affaires étrangères, cela bien entendu, au-delà de l'action diplomatique proprement dite. Celle-ci, on le sait
déjà, a conduit à plusieurs succès diplomatiques pour la RDC, notamment la normalisation des relations avec la Belgique ainsi que ces voisins autrefois hostiles tels que le Rwanda, le Burundi et
l'Ouganda ; la montée en puissance de la RDC dans les organisations de coopération sous-régionales basées sur une entente diplomatique sans faille, notamment la SADC, la CEAC, etc.
Ces réalisations sont le corollaire d'une action de " re-fréquentabilisation " de la centrale diplomatique congolaise - ses installations, ses officiels et son personnel administratif - qui, depuis plus de deux ans, a sublimé le besoin de " flatter " la qualité, le statut et la profonde motivation des visiteurs. Cette œuvre est le résultat d'une action en interne ayant eu pour point de mire : requinquer les infrastructures, mettre à l'aise le personnel et rendre agréable le séjour des usagers du ministère. Cette action interne a, imperceptiblement, joué un important rôle pour la réintégration de la RDC dans la communauté internationale.
Pour y parvenir, Thambwe Mwamba a donc usé d'une stratégie de modernisation des infrastructures et de management qui a consisté à organiser les ressources de
l'administration afin de les amener à donner le meilleur d'elles-mêmes dans un cadre de travail rendu agréable, non pas seulement par l'aménagement des cadres et conditions de travail, mais aussi
par la garantie du respect des intérêts du personnel.
Le second souci, dans cette démarche, est, pour Thambwe, de prendre en compte les différences du temps de travail effectif et de traitement des dossiers.
Comme l'indique un haut cadre de la " centrale " diplomatique congolaise, "pour Thambwe Mwamba, moderniser et manager les infrastructures, c'est compléter le management stratégique, qui est aussi
une vision externe de la gestion de la politique étrangère, par le management opérationnel ou vision plus interne, mais centrée sur l'efficacité de l'organisation." L'objectif ultime de cette
démarche était donc d'assurer une qualité optimale de l'administration avec pour finalité l'amélioration des synergies de toutes les structures, considérées comme capital immatériel et
matériel.
Plus concrètement, l'action menée sous cette vision a produit pour effet : le renforcement des capacités de l'administration des Congolais de l'étranger grâce à un financement de la BAD ainsi que
des coopérations suisse et britannique ; l'accroissement des flux informationnels par l'urbanisation et le management du système d'information (équipement informatique dans chaque bureau avec
connexion Internet par la Corée du Nord) ; la réhabilitation des bâtiments avec le ravalement des façades et le réaménagement interne par la coopération chinoise ; la climatisation de tout
l'immeuble sur financement du PNUD, le renouvellement des ascenseurs grâce aux moyens offerts par l'Ambassade turque ; l'acquisition d'un nouvel équipement de bureau, etc.
Dans sa vision, Thambwe Mwamba entend que toutes les composantes d'une telle action trouvent une satisfaction dans leur association. Cela signifie que tout le monde est sur le même bateau pour la
sauvegarde et la sublimation d'un patrimoine commun. Et cette vision ne peut se comprendre que dans une optique entrepreneuriale, une sorte de " contrat social " de tous les compartiments de
l'administration centrale des Affaires étrangères. La logique est claire, en effet : " le ministère appartient aussi bien à l'Etat qu'au personnel ", deux parties censées partager chaque profit
engrangé.
Cinquantenaire et sens de responsabilité
Pour autant que la diplomatie congolaise peut se targuer d'une visibilité indéniable au seuil du jubilé d'or du cinquantenaire d'indépendance, les perspectives d'avenir, aux Affaires étrangères,
devraient se décliner en termes d "'obligation de poursuite des efforts pour atteindre la modernisation, à travers la responsabilisation des acteurs, de la machine diplomatique congolaise.
Concrètement, il devient impérieux, selon des observateurs à la Centrale, d'assurer un système de contrepoids attentif qui permettrait d'éviter que l'une des composantes internes ou externes
essaie de monopoliser l'attribution des profits : Etat rapace, syndicalistes irresponsables, cadres égocentriques, fournisseurs spéculateurs ", etc.
Dans cette perspective également, Thambwe Mwamba entend poursuivre son combat contre le parasitisme - individuel ou collectif - qui tend à dévoyer le projet entrepreneurial collectif. Cela veut
dire qu'il faudra s'attendre à la poursuite des arrestations d'agents qui se rendent coupables d'actions dignes d'un sabotage de cette œuvre collective.
Dans cette démarche, le ministre des Affaires étrangères envisage une stratégie de responsabilisation du personnel à deux niveaux. Il s'agit, d'une part, de la
formulation stratégique de la réflexion des cadres, permettant d'opérer des choix stratégiques face aux objectifs de la renaissance de la diplomatie dans l'optique du cinquantenaire. D'autre
part, il s'agit d'assurer le management des conditions de mise en œuvre de ces choix et d'organiser les actions collectives pouvant générer les performances attendues.
Dans la pratique, on retiendra que l'objectif de modernisation du ministère des Affaires étrangères passe par la planification d'actions en vue d'atteindre les objectifs du cinquantenaire :
l'opérationnel comme vitrine de la diplomatie congolaise. Bien entendu, les actions à mener sont censés intégrer, sans les sublimer, les difficultés à faire accepter le changement des
comportements, du cadre de travail et d'accueil des usagers.
Jonas Eugène KOTA
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