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L’opposition britannique crie au scandale

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Crée le 26-10-2012  07h00 | AFRIQUE REDACTION | REDACTEUR EN CHEF ROGER BONGOS | SITE PANAFRICAIN |ACTUALITE NATIONALE, AFRICAINE ET INTERNATIONALE. Mis à jour le vendredi 26-10-2012 -12H05 PAR : LE POTENTIEL

 

* Reprise de l’aide publique de la Grande-Bretagne au Rwanda. Le Premier ministre David Cameron essuie des critiques acerbes de la part de l’Opposition britannique pour avoir décidé de reprendre l’aide publique en direction du Rwanda. Or, ce pays  soutient le M23, un groupe rebelle qui est à la base de l’insécurité qui déstabilise actuellement  l’Est de la RDC. Le gouvernement britannique démontre, par cette reprise de son aide publique au régime de Kigali qu’il est un maillon important de l’axe du mal déterminé à mettre les Grands Lacs à feu et à sang, afin de faciliter le pillage systématique des ressources naturelles de la RDC et sa partition. D’où, l’opposition britannique crie au scandale.

Le Premier ministre britannique, David Cameron, fait face à une fronde au sein de son opinion publique. Son péché est d’avoir rétabli l’aide publique en direction du Rwanda. Cela quelques jours seulement après l’avoir suspendue à la suite des révélations faites par un groupe d’experts des Nations unies concernant le soutien rwandais aux rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) qui opèrent dans la partie Est de la République démocratique du Congo.

La fronde est conduite par une frange importante de l’Opposition du Royaume-Uni. Elle a été vite relayée par un groupe d’activistes de défense des droits de l’Homme. En clair, le Premier ministre britannique passe une période de fortes turbulences. Même la permutation du ministre ayant signé la mesure aujourd’hui décriée, n’y a rien fait. Celui-ci, Andrews Mitchell, alors secrétaire d’Etat à la Coopération internationale reste sous les projecteurs d’une opinion publique qui ne jure que sur sa déchéance.

Tout simplement parce qu’il est l’homme par qui le scandale est arrivé. D’autant que, au même moment il ne s’est empêché de frapper un policier, comme pour dire qu’il est un négrier des temps modernes. En fait, c’est lui Andrews Mitchell qui avait négocié la reprise de l’aide au Rwanda, dont l’enveloppe est estimée à 26 millions USD. L’homme a, pour des rasions faciles à deviner, passé outre tous les appels internationaux au gel de toute forme d’aide publique au régime de Kigali.
Des voix s’élèvent

A Londres, siège des institutions politiques britanniques, l’affaire est prise au sérieux. L’Opposition à David Cameron qui parle même d’un scandale ne s’expliquent pas les liens qui unissent son gouvernement au régime de Kigali, pourtant décrié pour son implication avérée dans la déstabilisation de la partie Est de la RDC.

Convaincu de ce qui passe désormais pour un scandale politique, le Parlement s’en est directement saisi, apprend-on des sources concordantes. C’est Ivan Lewis, député de l’Opposition, qui pilote ce processus. «Il faut arriver à la conclusion que les amitiés et les liens qui existent entre [Premier ministre britannique] David Cameron, Andrew Mitchell, le parti (au pouvoir) conservateur et le gouvernement du Rwanda, a joué un rôle important dans cette décision », a-t-il dit, dans ses propos repris par VOA.

Dans les preuves de justification de la mesure de levée de l’aide britannique en faveur du Rwanda, Andrew Mitchell avait laissé entendre que la décision était dictée par la volonté manifeste du Rwanda de « participer de façon constructive au processus de paix » dans l’Est de la RDC. Un argument qui ne tient pas du tout debout, mais qui, au contraire, procède de la protection des intérêts entendus.

Car, sur le terrain (Est de la RDC), le Rwanda poursuit son approvisionnement en armes, munitions et autres matériels militaires en direction du M23. Bien plus, il impose des initiatives qui, somme toute, s’érigent en obstacles pour un retour rapide à la paix dans cette partie de la RDC.

A en croire la VOA, personne au département britannique de la Coopération internationale n'était disponible pour s’expliquer. Toutefois, un communiqué du département britannique de la Coopération internationale, rapporte toujours la VOA, a fait savoir que « le secrétaire d’Etat à la Coopération développement international se penchera de très près sur la question de l'appui budgétaire au Rwanda avant notre prochaine décision en décembre ».

La réplique du député de l’Opposition, Ivan Lewis, n’a pas tardé.  Selon lui, les preuves de l’implication du Rwanda dans la nouvelle guerre dans l’Est de la RDC est telle que « la Grande-Bretagne ne devrait pas se démarquer de la communauté internationale et prendre des décisions unilatérales. Nous devons envoyer un message fort aux Nations unies et au gouvernement du Rwanda : nous sommes sérieux, pas plus d'interférences en RDC, sinon il y aura des conséquences ».

Kinshasa doit se ressaisir

Est-ce que le combat d’Ivan Lewis sera soutenu en Grande-Bretagne, compte tenu des liens d’amitié, souvent obscurs, qui lient les deux pays. En effet, la Grande-Bretagne est le principal donateur du Rwanda en termes d’aide publique. En 2012, ce montant devait avoisiner 130 millions USD, confirment plusieurs sources.

La semaine dernière déjà, le Premier ministre britannique, David Cameron, avait jeté des fleurs au Rwanda, le considérant comme un bel exemple dans la mise en œuvre de la stratégie de lutte contre la pauvreté. La grogne qui est née à la suite de la reprise de la Coopération britannique avec le Rwanda devait profiter, à coup sûr, à la République démocratique du Congo.

Tout dépendra cependant de l’attitude qu’adoptera le gouvernement congolais pour capitaliser ce scandale qui n’est moins un appui de taille. Il s’agit pour l’instant d’accroître la pression sur Kigali, mais aussi en direction de Kampala, pour pousser la communauté internationale à franchir l’étape des condamnations pour arriver elle sanctions contre ces deux capitales. Dans la mesure où il est clairement établi, au regard de toutes les preuves accumulées autant par l’ONU que par d’autres organisations de défense des droits de l’Homme, que le Rwanda, tout comme l’Ouganda, n’ont jamais travaillé en faveur du retour d’une paix durable dans la partie Est de la RDC. Kinshasa devrait donc se ressaisir, sans tergiverser.

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