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Créé le 15.03.10 à 01h10 -
AFRIQUE REDACTION | INTERVIEW | RDC | Mis à jour le Lundi 15.03.10 à 01h12.
Par :
En vacances parlementaires dans son fief électoral de Matadi, le député national Fabrice Puela que nous avons abordé, s'est dit ne pas être satisfait du remaniement
intervenu au gouvernement que dirige le Premier ministre Adolphe Muzito. Il a toutefois indiqué que tous les membres du courant rénovateur n'ont pas encore apposé la signature sur la motion de
censure qu'ils préparent contre le Premier ministre. Ci-dessous l'essentiel de l'interview qu'il a bien voulu nous accorder peu avant de quitter Matadi pour la rentrée parlementaire de ce 15 mars
2010 à Kinshasa.
L'Observateur : Vous êtes à la tête d'un courant dit " rénovateur ". Avec qui êtes-vous et pour quelle finalité ?
Honorable Puela : Un grand penseur a dit que chaque génération a le choix entre jouer effectivement son rôle ou trahir. Et moi, je pense que je suis dans la première hypothèse, celle de jouer le
rôle pour l'avènement d'un pays plus beau qu'avant comme l'avait confessé les pères de l'Indépendance de notre pays. Nous sommes là à la tête d'un courant dit rénovateur, mais courant, il faut
comprendre par un mouvement des pensées…qui refuse la médiocrité qui gangrène la gestion de la chose publique particulièrement au sein de l'Alliance pour la majorité présidentielle (AMP) où nous
avons constaté que la plupart de ceux qui sont là ne facilitent pas la tâche à celui qui a fédéré toutes les forces pour l'aider à accéder au pouvoir, à se maintenir et à conserver ce pouvoir ;
je parle du Chef de l'Etat… Dans notre mouvement, nous avons commencé à trois en dehors desquels treize députés se sont joints à nous au départ, toutes tendances confondues. Et les soutiens, nous
les avons de tous les partis politiques y compris le PPRD…
L'Honorable Fabrice Puela ne peut plus engager l'ARC, son parti politique, qui s'est finalement désolidarisé de sa personne. Qu'êtes-vous devenu ?
Je suis député national, élu de la ville de Matadi… Je n'ai pas besoin d'engager l'ARC dans la mesure où mes électeurs ont élu Me Puela et non l'ARC…
Peut-on continuer à croire en votre combat politique au sein du courant rénovateur. Peut-on connaître sa situation actuelle et savoir si le nombre de 125 signataires a été atteint?
Tous les membres du courant rénovateur n'ont pas encore apposé la signature sur la motion de censure que nous préparons contre le Premier ministre. Nous ne l'avons pas mis en avant, tout
simplement parce que nous étions en session extraordinaire qui veut que l'on ne traite que des sujets prévus à l'ordre du jour. Mais dans une session ordinaire, on peut faire figurer à l'ordre du
jour de nouveaux sujets, et c'est modifiable à souhait, les matières qui se présentent. Donc nous pensons que le nombre que nous avons, c'est déjà largement au delà de 150… Nous tenons bon ; ça
fait bientôt trois mois, jour pour jour, depuis que nous avons mis sur pied le courant rénovateur. Nous faisons l'objet de beaucoup de menaces et d'intimidations, mais cela vient d'ailleurs nous
renforcer dans notre position, dans notre combat.
Le gouvernement Muzito vient d'être remanié. N'est-ce pas que vous êtes satisfait ?
Non ! Bien au contraire, je ne suis pas satisfait… Vous savez, vous pouvez prendre des wagons neufs que vous collez dans une locomotive dont le moteur est grippé. Qu'est-ce que vous allez
attendre d'un tel train ? Rien du tout. C'est le Premier ministre qui aura largement démontré ses insuffisances et son immobilisme qu'il fallait faire partir pour qu'il y ait un réel changement,
qu'il y ait un autre dynamisme…L'AMP doit être repensée parce que nous estimons qu'à l'AMP, on escamote les débats ; on ne traite pas les sujets de fond tels que : quelle est l'opportunité de
l'intervention d'un ministre de l'Intérieur dans les affaires d'une Assemblée provinciale ? Le ministre de l'Intérieur se trompe d'époque ; il pense que nous sommes encore à un moment où il avait
une tutelle sur les provinces alors que ce n'est pas le cas. Le débat de fond c'est comme : quelle l'opportunité de faire un assainissement dans les régies financières ? Faire partir 7.000
personnes. En RDC, la retraite est devenue une sanction… Pourquoi révoquer plusieurs milliers de pères de familles sans qu'il y ait une action disciplinaire ouverte et clôturée ? Pourquoi on doit
faire commettre des erreurs au chef de l'Etat ?...
Vous êtes de l'AMP, mais comment vous critiquez le gouvernement ? Pour quelles ambitions ?
La seule ambition que j'ai, et la plus légitime pour tout Congolais, c'est de voir le pays être dirigé suivant les principes les plus élémentaires de la bonne gouvernance, de la démocratie et du
respect des règles établies. L'AMP, ce grand conglomérat de plusieurs opportunistes qui se sont regroupés tout simplement pour avoir chacun sa part de gâteau mais sans jouer le rôle que le peuple
est en droit d'attendre ; là dedans, vous avez des unitaristes, des fédéralistes confondus, des libéraux, des capitalistes, des communistes sans idéal clairement défini… On fait commettre des
erreurs au chef de l'Etat…
Votre dernier mot
C'est d'appeler le peuple congolais à la vigilance. Le Congo nous appartient… Chacun doit s'impliquer pour que nous ayons un pays plus beau qu'avant… Si le Chef de l'Etat est au sommet, nous
devons tous le soutenir en commençant par l'Assemblée nationale. On ne va pas le soutenir au niveau de l'Assemblée nationale en étant complaisant, complice de l'immobilisme ; en n'organisant pas
bien le travail ; en refusant de sanctionner ; en devenant une caisse de résonance ou une chambre d'enregistrement au lieu d'être cette grande Institution pivot devant impulser la vie nationale
et toutes les institutions. Je pense que tous ceux qui nous condamnent doivent se remettre en cause parce que nous ne disons rien de faux. Notre seul souci c'est de voir le pays avancer et non
reculer.
Propos recueillis par Charles Nguvulu
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