Mercredi 2 décembre 2009
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Le journaliste irakien Mountazer al-Zaïdi lors d'une rencontre avec des journalistes, à Paris, le 1er décembre 2009./O. Raffin/20minutes.fr
IRAK - Mountazer al-Zaïdi a passé neuf mois en prison après avoir lancé ses chaussures contre George Bush...
Mountazer al-Zaïdi arrive en marchant péniblement. Les neuf
mois passés dans les prisons irakiennes ont laissé des marques sur son corps. Le célèbre «lanceur de chaussures», dont George Bush avait été la cible en décembre 2008, est de passage à Paris, alors
qu’il suit un traitement médical à Genève.
Lors d’une rencontre avec des journalistes, il raconte son emprisonnement: «j’ai été détenu d’abord pendant trois jours, on me reprochait de mes positions, qui dénoncaient ce qui se passe en
Irak.» Le journaliste dit avoir eu «les mains attachées avec des liens en plastique», avoir reçu «des coups de bâtons en fer, de chaises». «Deux fois, ils ont utilisé une seringue. Je ne sais
pas s’ils ont fait un prélèvement de mon sang ou s’ils ont mis quelque chose, poursuit Mountazer al-Zaïdi D’après les médecins, on ne pourra pas savoir avant six mois».
Fractures, déchirures ligamentaires
Après avoir lui-même essuyé un tir de chaussure pendant la
conférence, il poursuit: «j’ai subi pendant trois jours des
tortures. Ce sont des Irakiens qui tenaient les bâtons, mais je sais qu’ils collaboraient avec les Américains, la main était américaine.» Aujourd’hui, à Genève, les médecins le soignent
pour ses fractures, ses déchirures ligamentaires dans le dos, ses dents cassées... «d’autres troubles devraient apparaître au fur et à mesure précise-t-il».
Il n’empêche. Si c’était à refaire, il le referait. Même face à Barack Obama. «Quelque soit la couleur de la peau, l’origine ou la religion du président, il occupe mon pays. Je suppose que si
la France était occupée, vous ne recevriez pas l’occupant avec des fleurs!».
«Les faibles ont trouvé un moyen de protester»
Il est vrai que le lancé de chaussures a fait des émules. Notamment en Turquie, face à Dominique Strauss-Kahn. Des manifestations sur lesquelles Mountazer al-Zaïdi se prononce peu: «Je ne suis
pas fier mais je ne suis pas gêné non plus. Il faut que les dictateurs se méfient, comme tous ceux qui bafouent les droits de l’Homme dans le monde: les faibles ont trouvé un moyen de
protester.»
Mountazer al-Zaïdi n’envisage pas de s’impliquer politiquement. Il veut rester journaliste et compte fonder une association pour aider les victimes avec l’idée, aussi, d’accuser George Bush
devant un tribunal comme criminel de guerre.
Oriane Raffin
Par BONGOS ROGER
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Publié dans : France
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