"Des débordements visuels sur la sphère publique." Voilà comment Marine Le Pen définit les minarets, dont elle a réclamé, dimanche sur i-Télé, l'arrêt de la construction en France. "Je pense qu'il faut arrêter l'ensemble de l'avancée des signes ostensibles du communautarisme", a plaidé la vice-présidente du Front national. Il peut y avoir des mosquées mais "modestes et financées avec l'argent des fidèles à l'exclusion de tout denier public", a-t-elle défendu, réclamant l'inscription du refus du communautarisme dans la Constitution. "Il faut repousser la religion musulmane (...) dans la sphère privée", a-t-elle encore argué.
Les déclarations de l'élue du FN font suite au référendum suisse de dimanche dernier sur les minarets. Les Helvètes ont en effet ont approuvé à 57,5% l'interdiction de leur construction, lors d'un scrutin tenu à l'appel de la droite. Marine Le Pen a dénoncé la "lâcheté et la faiblesse du pouvoir" face à cette question: "Le gouvernement est si faible qu'il est incapable de donner la ligne sur les minarets (...) On ne peut pas laisser les maires face à des revendications communautaristes permanentes", a-t-elle estimé.
Deux plaintes contre le référendum
En Suisse, des élus tentent d'annuler le vote de la semaine dernière par un nouveau référendum. Le Club Helvétique, qui regroupe des intellectuels, étudie un plan d'action pour effacer le verdict de la "votation populaire" du 29 novembre, qui a suscité de nombreuses critiques à l'étranger et incité des centaines de personnes à descendre ce week-end dans les rues de Zurich, de Bâle et de Berne. "Une nouvelle initiative est le moyen le plus démocratique d'y parvenir", a déclaré au journal Sonntag le juriste Jörg Müller, spécialiste de droit constitutionnel. Deux plaintes mettant en cause la légalité de l'interdiction des minarets ont été déposées auprès du Tribunal fédéral helvétique.
L'Union démocratique du centre (UDC), premier parti de la Confédération, et l'Union démocratique fédérale (UDF, conservateurs), qui ont organisé le référendum, se refusent à revenir sur le résultat d'un vote démocratique. "Le Club Helvétique est une association de mauvais perdants", a lâché Christoph Blocher, vice-président de l'UDC, à Sonntag. De son côté, Micheline Calmy-Rey, ministre des Affaires étrangères, reconnaît que la situation est "tendue": elle dit ne disposer "d'aucun indice sur d'éventuelles menaces terroristes" contre la Suisse, ajoutant qu'elle faisait tout pour "que la situation ne se dégrade pas".










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