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AFRIQUE REDACTION | SOCIETE | LUNDI 14-12-2009 | 11H35
C'est aujourd'hui lundi 14 décembre 2009 que
les avocats de Jean-Pierre Bemba vont revenir à la charge pour tenter pour la dernière fois d'obtenir la liberté provisoire de leur client. La partie est loin d'être facile, ni gagnée d'avance,
après les échecs répétés de leur démarche auprès d'une Cour déterminée à garder en taule l'ancien vice-président de la République de la RDC, arrêté en Belgique le 28 mai 2008. Et pourtant, l'un
de ses avocats, Me Aimé Kilolo reste optimiste quant à l'issue heureuse de sa démarche.
Le sénateur congolais Jean-Pierre Bemba avait obtenu en août 2009 une mise en liberté provisoire avant que la chambre d'appel interjette appel contre la décision du juge de la chambre Première II. La Chambre d'appel a estimé que les risques de voir Jean-Pierre Bemba disparaître dans la nature, une fois libre, étaient très grands. Par ailleurs, la mise en liberté du chef charismatique du Mouvement de libération du Congo (MLC) reste conditionnée à un pays d'accueillir par les six, à savoir : la France, la Belgique, l'Italie, l'Allemagne, Portugal et l'Afrique du Sud.
Il se fait malheureusement qu'aucun de six pays pressentis pour l'accueillir jusqu'à la tenue de son procès, n'a accepté de le recevoir sur son sol. Le gouvernement italien avait pourtant donné son accord de principe, au mois de juillet dernier, pour recevoir le candidat malheureux de la présidentielle de 2006. Ce qui pousse ses proches à dénoncer un " procès politique ", accusant les juges de la CPI de complicité avec le régime du président Kabila qui chercherait, à travers ce procès, de se débarrasser de leur leader, devenu trop gênant.
Refus des députés d'accueillir Bemba
Le 2 décembre courant, la CPI a prononcé une décision annulant la précédente qui accordait à JP Bemba une mise en liberté provisoire. La nouvelle décision faisait suite à l'appel qu'avait interjeté le procureur Luis Moreno O'Campo. La Chambre préliminaire a, cependant, laissé la possibilité d'examiner de nouvelles demandes de mise en liberté provisoire tous les 120 jours. Et le 120ème prochain jour coïncide pratiquement avec le début du procès de Jean-Pierre Bemba Gombo, prévu le 27 avril 2010.
Aujourd'hui, après le refus par les députés congolais d'accepter d'accueillir Jean-Pierre Bemba si la CPI lui accordait la liberté provisoire, le sort du sénateur Bemba est très incertain quant au pays qui doit l'accueillir. Le député Lisanga Bonganga a fait une motion proposant que l'Assemblée nationale adopte une recommandation demandant au gouvernement de saisir la Cour pénale internationale de solliciter le renvoi de Jean Pierre Bemba en RDC pour y jouir de sa liberté provisoire.
Le député Bonganga, très proche du chairman, ne pouvait pas croire que les députés refuseraient qu' un de leurs compatriotes, Bemba soit-il, vienne passer sa liberté provisoire dans son propre pays. Par ailleurs, avant le prononcé de la décision suspensive de la mise en liberté provisoire de Bemba suite à l'appel du Procureur, les avocats du chairman du MLC avaient effectivement suggéré la RDC parmi les autres pays proposés pour l'accueillir.
Parmi les écueils à voir la RDC accepter d'accueillir Jean-Pierre Bemba, c'est son statut politique. Le Procureur Luis Moreno O'Campo avait notamment argué la crainte de subornation des témoins et des victimes. Et étant donné que Kinshasa et tout autre coin de la RDC partent avec des présomptions défavorables en raison du fait que plusieurs témoins entendus y vivent. De même, la RDC est trop proche de la République centrafricaine, théâtre des événements pour lesquels Bemba est poursuivi. Là aussi vivent des témoins et des victimes de ces événements, ce qui complique encore la possibilité d'un renvoi du leader du MLC.
Un autre écueil, c'est la situation politique de Bemba en RDC. Ce qui pourrait pousser le Procureur Moreno à avancer la crainte que le concerné soit source de déstabilisation de la société vers laquelle il pourrait être envoyé. C'est dans ce même ordre d'idées, que, selon Paul Madidi, le chargé de la communication de la CPI à Kinshasa, que tout pays qui accepterait d'accueillir un accusé mis en liberté provisoire doit présenter des conditions favorables à l'exécution des conditions de cette mise en liberté provisoire, notamment des garanties de sécurité, de l'interdiction du concerné d'exercer les activités politiques, de la restriction des déplacements et de l'interdiction faite au concerné de rencontrer certaines personnes.
Plusieurs éléments défavorables
Tout compte fait, tous ces éléments restent défavorables à Jean-Pierre Bemba pour être accueilli par son pays, la RDC. Si la Belgique avait refusé d'accueillir l'ex-vice-président de la République, évoquant des raisons de sécurité, d'autant que lors des funérailles de Jeannot Bemba Saolona, père de J.-P.Bemba, les nombreux fans de Bemba ont dû manifester, semant ainsi un désordre à Bruxelles, à l'apparition de Bemba, que dire donc de la RDC, un pays post conflit dont les institutions démocratiques se trouvent en pleine phase de consolidation, et où le candidat malheureux de la présidentielle de 2006 compte de nombreux fanatiques et militants de son parti ? La RDC présente plus d'éléments loin de garantir les conditions de sécurité requises.
Jean-Pierre Bemba est accusé des crimes contre l'humanité et crimes de guerre, commis en République centrafricaine (RCA) entre 2002 et 2003, par ses miliciens qu'il y avait envoyés pour soutenir le régime de l'ancien président Ange Félix Patassé, alors confronté à une rébellion armée, dirigée par l'actuel chef de l'Etat, François Bozizé. Il avait quitté la RDC, sous escorte des casques bleus de la Monuc, après des combats violents les 22 et 23 mars 2007 entre ses miliciens et la garde républicaine.
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