Lundi 23 novembre 2009
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Le raïs égyptien, Hosni Moubarak, n’est toujours pas apaisé. Hier, dans un discours
prononcé devant le Parlement, il a souligné sur un ton on ne peut plus belliqueux que l’Egypte «ferait preuve de fermeté envers ceux qui font du mal» à ses
ressortissants.
Sofiane Aït-Iflis -
Alger Le Soir) - L’allusion, dans ce propos, est faite à l’Algérie que les Egyptiens vouent aux gémonies depuis la défaite de leur équipe nationale de football face aux Fennecs algériens.
L’affirmation de Hosni Moubarak peut, en d’autres circonstances, paraître tout à fait légitime et diplomatiquement acceptable. Mais au vu de ce que les médias du bord du Nil débitent comme
insanités depuis plus d’un mois, relayés par des voix logées à différentes strates de l’architecture politique et institutionnelle égyptienne, elle est à cataloguer comme une maladresse
supplémentaire, de trop. Le président égyptien, on l’aura vérifié ce samedi, mêle sa voix, de manière solennelle et officielle, à la rue égyptienne. Au plan interne, il n’a peut-être pas
d’autre choix que de se montrer en phase avec le ressentiment populaire égyptien. Il a trop misé sur la joie de la rue égyptienne comme élément de régulation
politique interne. A présent que les Egyptiens ruminent la déception au lieu de la joie promise, Hosni Moubarak se doit de chercher de quoi distraire son peuple, lui, qui aurait à l’idée de
garder encore le trône ou, sinon, passer le flambeau à son fils.
Et en l’espèce, quoi de mieux que de recourir à la vieille recette, laquelle consiste à canaliser les frustrations
populaires en orientant leurs expressions vers un ennemi extérieur. Paniqué à l’idée de devoir reprendre à zéro ses plans pour propulser son fils au haut de la pyramide, Hosni Moubarak tisonne le
brasier que ses médias ont allumé. Le réveil a été dur pour lui. Tellement dur que lui et le reste des autorités égyptiennes ont manqué terriblement de bienséance diplomatique : rappel de leur
ambassadeur à Alger, retrait de l’Union nord-africaine de football, tout cela au milieu d’injures et d’invectives qui touchent même aux symboles de la nation algérienne. Se peut-il que la
rivalité sportive à elle seule attise autant de haines égyptiennes ? La question mérite d’être franchement posée. Dans toute compétition, il y a forcément un vainqueur et un vaincu. Mais il
semble que les Egyptiens ne sont pas imprégnés de cette éthique qui voudrait que l’on reste sportif même dans la défaite. Preuve en est que Moubarak n’a pas eu la sagesse d’appeler à
l’apaisement. Il a choisi de chevaucher l’extrapolation dangereuse faite à ce qui, à l’origine, n’était qu’un match de football.
S. A. I.
Par BONGOS ROGER
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Publié dans : Afrique du Nord
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