Mardi 1 décembre 2009
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Quoiqu’il fasse plus de deux semaines que Nilesat et Arabsat ont arrêté la diffusion des émissions de la chaîne Al-Alam, les critiques vont encore bon train
dans les milieux médiatiques indépendants de la région contre cette décision inattendue.
Arabsat basé en Arabie Saoudite et Nilesat basé au Caire ont décidé de couper la diffusion des émissions de la chaîne arabophone Al-Alam, et cela, sans aucune
notification orale ou écrite. En fait, la diffusion des émissions d’Al-Alam sur Arabsat se faisait dans le cadre d’un accord conclu fin janvier 2002 avec la RII, un accord qui ne prévoyait, ni
même dans ses annexes additionnelles, aucun droit pour les responsables des deux groupes arabes, de l’annuler de façon unilatérale. Ils ont cependant décidé de cesser la diffusion d’Al-Alam,
montrant ainsi leur soumission aux motivations politiques de l’Arabie saoudite et de l’Egypte. Dans une lettre à l’adresse de l’IRIB, le Directeur exécutif de l’Organisation des
Télécommunications satellitaires d’Arabsat, Nabil Al-Shariti a prétendu que la diffusion d’Al-Alam avait été coupée « parce que cette chaîne arabophone basée à Téhéran avait diffusé des
interviews avec des opposants aux Etats arabes ».La lettre indiquait précisément le nom du Docteur Al-Masaari, une figure de l’opposition saoudienne résidant à Londres.
Dans son interview diffusée par Al-Alam, le dissident saoudien aurait formulé des critiques contre le gouvernement de Riyad, selon le Directeur exécutif de
l’Organisation des Télécommunications satellitaire d’Arabsat. Il a également prétendu que la chaîne qu’il co-dirigeait n’aurait jamais permis passer à son antenne des opposants au gouvernement
iranien : un argument qui ne tient pas debout ; or, la réalité c’est que la chaîne Al-Alam se reconnaît toujours la responsabilité de communiquer au monde entier la réalité sur les oppressions
que subissent les nations musulmanes de la région. Al-Alam a ainsi payé son appui au peuple opprimé palestinien et à la Résistance à Gaza et au Liban.
De son côté, le Président du conseil exécutif de Nilesat a mis en avant d’autres motivations dans une interview avec le quotidien Ashaq Al-Awsat. L’arrêt de la diffusion des émissions d’Al-Alam a
été décidée pour des problèmes plutôt marginaux liés à l’accord préliminaire, a affirmé Ahmed Anis, un argument qui vise, paraît-il, à masquer les vrais motifs de cette décision. Revenons aux
raisons élaborées par le Directeur exécutif de l’Organisation des Télécommunications satellitaire d’Arabsat. Le Dr. Al-Masaari est un opposant en exil qu’on retrouve souvent en tant qu’expert ou
invité spécial dans les émissions de différentes chaînes comme Al-Jazeera ou la BBC en anglais et en arabe ; or, aucune de ces chaînes n’ont jamais été abandonnée par le groupe Arabsat.
Contrairement à ce que prétendent les groupes Nilesat et Arabsat, la chaîne Al-Alam a toujours veillé à ce que ses émissions représentent un vaste panel de points de vue variés. Al-Alam a
toujours respecté le principe d’impartialité que tout média indépendant doit d’ailleurs respecter. Cette fidélité, la chaîne Al-Alam en a fait preuve en recouvrant dans ses émissions de
différentes approches aux sujets divers. Le Dr. Al-Masaari a participé à une de ces émissions pour simplement s’exprimer. De même, dire qu’aucune personne ou groupe d’opposition anti-iranienne
n’a jamais apparu sur l’antenne d’Arabsat est faux. A titre d’exemple, la chaîne saoudienne Al-Arabiya qui figure aussi sur la liste des chaînes diffusées par Arabsat a diffusé une interview avec
Abdulmalek Rigi, chef du groupuscule terroriste qui se donne le nom de Jundullah. La chaîne Al-Arabiya a également mis un studio à la disposition des éléments du groupuscule terroriste des
Monafeqin, se mettant ainsi au service de leurs malveillantes campagnes anti-iraniennes. Cela montre dans quelle mesure les prétentions d’impartialité des responsables d’Arabsat s’avèrent
fausses.
La chaîne Al-Alam a décidé de diffuser désormais ses programmes sur Hotbird8, Telstar12, Galaxy19 et Asiasat 5 et elle est aussi captée en Europe, en Asie, Océanie, Amérique du Nord et centrale.
Al-Alam n’a donc pas perdu ses interlocuteurs ; par contre ce sont ces deux groupes de média arabes qui ont perdu leur prestige professionnel. Dans une émission récemment diffusée par la chaîne
Al-Jazeera en langue anglaise, on apprend que la popularité de la chaîne Al-Alam inquiète certains pays arabes qui craignent que cette chaîne arabophone iranienne contribuent en quelque sorte à
renforcer le poids de l’Iran, sur l’échiquier régionale.
Le mouvement du Hezbollah libanais a condamné dans un communiqué le gel de la diffusion d’Al-Alam sur Nilesat et Arabsat. Le texte dénonce un acte de touche politique, qui est un exemple flagrant
de violation de la liberté d’expression.
Oussam al-Ourian, Chef du bureau politique des Frères musulmans de l’Egypte et Mohamed Maher Qabil, Professeur en sciences politiques de l’université du Caire estiment que la chaîne Al-Alam joue
un rôle significatif d’élucidation en appui à la Résistance islamique en Palestine et au Liban. La cessation de la diffusion de la chaîne Al-Alam est conforme aux politiques des Etats-Unis et du
régime sioniste dans la région, estiment-ils.
Député égyptien et rédacteur en chef de l’hebdomadaire El-Osbou’, Mustapha Bakri estime lui aussi qu’en abandonnant la chaîne Al-Alam, les deux médias arabes ont voulu empêcher que l’opinion
publique mondiale reçoive le message de la RII et se renseigne de la réalité des évolutions de la région. Hafiz Abou Saada, Directeur de l’agence égyptienne des droits de l’Homme juge lui aussi
injustifiable l’arrêt de la diffusion des émissions d’Al-Alam sur les deux groupes satellitaires arabes, une décision qui, selon lui, contredit la liberté de pensée et d’expression.
La vraie raison du gel de la diffusion des émissions d’Al-Alam serait peut-être pour la simple raison d’avoir toujours respecter l’équité et l’impartialité dans ses émissions. Al-Alam a été la
première chaîne télévisée au Moyen-Orient et dans la région du golfe Persique à avoir révélé l’appui de certains pays arabes au déclenchement de la guerre contre l’Irak. Dans la foulée de
l’agression de 33 jours du régime sioniste contre la résistance du Hezbollah libanais, la chaîne Al-Alam a transmis au monde des images montrant les crimes commis par l’armée israélienne et a
dénoncé le suivisme patent ou latent de certains Etats arabes de la région aux Etats-Unis et à Israël. C’était aussi la chaîne Al-Alam qui a ôté le voile à la contribution du gouvernement
égyptien à l’attaque barbare du régime sioniste contre la bande de Gaza, dans la guerre de 22 jours. Vu ses révélations sur le rôle de l’Arabie saoudite ou d’autres Etats arabes de la région dans
les conflits en Irak et sur le suivisme du gouvernement de Hosni Moubarak au régime sioniste dans la guerre de Gaza, la chaîne Al-Alam ne pourrait pas être bien sûr, le média favori du Caire ou
de Riyad. Les deux groupes médiatiques Arabsat et Nilesat n’ont eu, sans aucun doute, aucun choix que d’accepter les politiques de Riyad et du Caire auxquelles ils dépendent. En tout cas, les
nations musulmanes et les médias indépendants de la région sont bien conscients que la seule faute d’Al-Alam a été le respect de l’équité et l’appui à la résistance islamique dans la région.
www.french.irib
Par BONGOS ROGER
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Publié dans : Orient - Moyen et Extrême Orient
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