Dimanche 8 novembre 2009
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Rabat expulse une conseillère de l’ambassade de Suède et provoque
l’Algérie
Terreur diplomatique
Le communiqué est sans ambiguïté et s’autorise en même temps une attaque franche contre
notre pays : «Le Maroc a exigé aujourd’hui le départ immédiat d’une diplomate suédoise, accusée d’avoir transmis des documents officiels marocains à des éléments séparatistes liés à
l’Algérie et au Polisario.»
A l’origine de cet incident diplomatique, une lourde accusation de la part des autorités marocaines à
l’endroit d’un conseiller de l’ambassade de Suède à Rabat. Selon l’AFP, il est reproché à Anna Block-Mazoyer un manquement grave aux pratiques diplomatiques parce qu’elle aurait remis des
documents confidentiels marocains «à l’ennemi de l’intégrité territoriale du royaume». Il s’agirait d’un dossier officiel qui aurait été confié à la chancellerie suédoise par le ministre des
Affaires étrangères et de la Coopération marocain, M. Taieb Fassi Fihri.
Les informations relatives au contenu de ces feuillets de la discorde évoquent une «démarche
diplomatique» sans plus de précision. Tandis que l’ambassadeur de Suède, Michael Odevald, a été convoqué mercredi dernier par le ministre Fassi Fihri, rien n’a filtré pour l’instant sur la
réplique de la Suède au sujet de cette affaire et de cette soudaine dégradation dans les relations entre les deux pays. Cependant, les observateurs avertis sauront analyser les éléments du
contexte politique qui semblent motiver la provocation de l’occupant arrogant du Sahara occidental.
Stockholm,
sans complaisance
D’abord, il y a cette reconnaissance de la RASD, il y a quelques jours, par le congrès du Parti socio-démocrate suédois considéré comme la force politique la plus influente du pays. Ensuite il y a
eu, ce même mercredi 4 novembre où l’ambassadeur a été convoqué, la remise d’un prix au profit d’un militant sahraoui des droits de l’homme à Stockholm. Le prix suédois «Per Anger» 2009 doit être
décerné à Brahim Dahane, détenu dans les prisons marocaines pour ses efforts dans la défense des droits de l’homme au Sahara occidental, selon un communiqué de la Commission internationale de
juristes qui a décerné le prix. Il faut savoir que la distinction prend un caractère politique officiel car son attribution est supervisée par le gouvernement suédois. D’ailleurs, c’est la ministre
de la Culture Lena Adelsohn Liljeroth qui devra le remettre symboliquement, puisque son lauréat croupit de nouveau dans les geôles du royaume alaouite, lors d’une cérémonie prévue pour le 16
novembre. Deux événements se déroulant certes bien loin d’El-Ayoun ou de Dakhla, mais qui n’ont pas dû plaire au Palais, habitué à une réserve complice de la part de nombreux pays d’Europe, dont la
France, sur le dossier de la décolonisation du Sahara occidental.
Le Congrès américain plus clair qu’Hillary Clinton
Un conflit que pas moins de 12 membres du Congrès américain ont évoqué hier dans un message au roi Mohammed VI. «Après plus de 30 ans, le conflit du Sahara occidental n’est toujours pas résolu, en
dépit des nombreuses négociations (…) Nous nous adressons à vous pour vous exprimer notre préoccupation quant à l’arrestation de sept activistes sahraouis des droits de l’homme le 8 octobre 2009 à
l’aéroport Mohamed-V de Casablanca à leur retour des camps de réfugiés sahraouis.»
C’est donc dans un contexte de soutien actif partagé de plus en plus par de nouvelles parties à travers le monde que les Marocains tentent leur énième diversion dans la provocation d’un incident
diplomatique avec la Suède, alors qu’elle préside l’Union européenne jusqu’à la fin du mois de décembre. Quant à l’évocation de notre pays dans cette offensive marocaine, il semblerait qu’Alger
opte encore une fois pour le silence face aux ruades d’un colonisateur de toute façon démasqué.
Nordine Mzalla
Par BONGOS ROGER
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Publié dans : Orient - Moyen et Extrême Orient
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