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Créé le 31.03.10 à 07h00 | AFRIQUE REDACTION | CONFLIT ARMÉ | RDC | Mis à jour le Mercredi 31.03.10 à 07h20 Par : OBSERVATEUR
Le gouvernement trouve fantaisiste le chiffre avancé par cette ONG
Par la bouche du ministre de la Justice, Luzolo Bambi Lessa, le gouvernement congolais regrette le ton et le caractère frisant la désinformation du rapport de l'ONG Human Right Watch (HRW)
publié, samedi 27 mars 2010. Rapport dans lequel cette ONG accuse les rebelles ougandais de l'Armée de résistance du seigneur (LRA) d'avoir perpétré un massacre de 321 personnes au nord-est de la
RDC.
Il s'en est donc fallu de peu pour que le ministre de la Justice s'arrache les rares cheveux qui lui restent encore quelques heures après la publication de ce rapport que Kinshasa a accueilli
avec beaucoup de froideur. Ainsi, par la bouche du ministre de la Justice et Droits humains, le professeur Luzolo Bambi, le gouvernement congolais, a démenti catégoriquement, lundi 29 mars 2010,
ce chiffre avancé par HRW. Il s'est aussi étonné du fait que ce rapport ait été présenté comme s'il s'agissait d'une actualité.
Même s'il y a eu effectivement un problème dans la Province Orientale, dans la localité de Makombo, à l'ouest du territoire de Nyangara, dans le district du haut-Uélé, a reconnu Luzolo Bambi, des
éléments résiduels et incontrôlés de la LRA qui fuyaient les Forces armées de la RDC (FARDC) et à la recherche de la nourriture, avaient attaqué certaines personnes. Se fondant sur des
informations fournies par le gouvernorat de la Province Orientale, Luzolo Bambi a souligné que ces événements se sont passés en décembre 2009 et non récemment. Il a aussi indiqué qu'il n'y a pas
eu des massacres comme l'a affirmé le rapport de cette ONG internationale de défense des droits de l'homme, mais plutôt de quelques personnes attaquées au passage des éléments LRA.
Au sujet du nombre des victimes, il a précisé que par rapport aux sources provinciales, le chiffre de 321 civils tués avancé par HRW est manifestement exagéré. Pour le ministre de la Justice et
Droits humains, le nombre des victimes tuées au sein de la population civile ne dépasse pas 25.
Ce rapport a été publié de façon fantaisiste, indique Luzolo Bambi qui au passage a annoncé certaines des dispositions prises par le gouvernement quant à ce, et pour la protection de la
population civile.
En effet, le gouvernement a fait savoir que la localité de Makombo est depuis décembre 2009 sous le contrôle des FARDC. Le ministre de la Justice et Droits humains a donné des injonctions à
l'Auditeur général des FARDC pour ouvrir des enquêtes. Ce dernier va, à son tour, instruire l'Auditeur supérieur militaire de Kisangani à cet effet.
Le professeur Luzolo Bambi a aussi annoncé que les membres de la LRA font l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale et que le gouvernement congolais s'emploie à lancer, en
collaboration avec l'Ouganda, des opérations de recherche des LRA pour les arrêter. Tout sera mis en œuvre par Kinshasa pour leur arrestation en vue de les remettre à la CPI.
Entité de liaison avec les ONG
Pendant ce temps, le gouvernement voudrait rassurer les organisations non gouvernementales des droits de l'homme de sa collaboration et du travail en synergie, a indiqué le ministre de la
Justice. A cet effet, il a annoncé que le Premier ministre va procéder incessamment à la mise en place de l'Entité de liaison des Droits de l'homme. Cette entité servira de cadre permanent de
concertation entre le gouvernement et toutes les parties prenantes sur les questions des droits de l'homme.
Luzolo Bambi a ajouté que dans le cadre de ce travail de synergie, son ministère se réunira tous les 15ièmes jours du mois avec les ONG de droits de l'homme dans toute transparence afin de
dresser ensemble le monitoring des droits de l'homme et de dégager les stratégies communes pour la promotion et la protection des droits de l'homme. En travaillant dans la transparence avec les
ONG, le gouvernement voudrait raffermir davantage les droits de l'homme pour assurer le bien-être des populations.
Pour le ministre de la Justice et des Droits humains, cette réaction ne constitue nullement une manière de se fâcher contre l'ONG HRW, mais le gouvernement congolais tient à ce que la population
ne soit pas désinformée sur les questions des droits de l'homme devenues aujourd'hui un enjeu important. " Nous ne sommes pas contre l'ONG HRW, mais nous sommes dans une dialectique démocratique.
Le ton de ce rapport et le caractère d'actualité qu'on voudrait donner à celui-ci nous divisent. Il faut considérer notre réaction comme de divergences positives et non que nous sommes
systématiquement effarouchés quand une ONG publie un rapport ", a rappelé le ministre pour qui " déjeuner la vérité, dîner la vérité et souper la vérité est un souci fondamental pour les droits
de l'homme ".
En la matière, Luzolo Bambi s'est réjouit que la RDC soit le seul pays qui a coopéré en toute transparence avec la justice pénale internationale. " Nous avons collaboré avec la CPI en livrant
quelques compatriotes pas de gaîeté de cœur, mais dans le souci de démontrer notre volonté de respecter les droits de l'homme. Quel est ce pays qui a fait autant que le Congo ? ", a dit le
ministre
La RDC convaincante à Genève
Parlant des droits de l'homme, le ministre a révélé que la RDC a récolté une importante décision à la 13ième session du Conseil des droits de l'homme à Genève. Dans la capitale suisse, la RDC
s'est soumise au mécanisme de l'Examen périodique universel (EPU).
Au cours de cette session qui a pris fin le 26 mars 2010, le rapport de la RDC sur les droits de l'homme a été approuvé sans réserve par le Conseil. La délégation congolaise était composée, outre
du ministre Luzolo Bambi, de Me Néhémie Muilanya, conseiller juridique principal du chef de l'Etat. Notre pays a démontré que la situation des droits de l'homme s'est sensiblement améliorée sur
l'ensemble du territoire national.
Ce rapport a donc convaincu le Conseil des droits de l'homme qui n'a pas hésité de rejeter le mandat de l'Expert indépendant pour la RDC.
" Il n'est pas important de se voir désigner un observateur indépendant. Cela signifie que nous sommes capables de nous prendre en charge. Notre gouvernement a le devoir de protéger nos
populations et le faisons déjà bien ", a conclu le ministre de la Justice.
Willy Kilapi
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