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Créé le 15.03.10 à 01h10 - AFRIQUE REDACTION | MEDECINE | RDC | Mis à jour le Lundi 15.03.10 à 01h12. Par : SYFIA GRANDS LACS
A Goma, la médecine chinoise pratiquée depuis 7 ans dans un dispensaire est appréciée, mais le coût des traitements qu'on ne trouve qu'au centre rebute les moins
nantis.
"Je suis diplômé en médecine chinoise depuis 1990", souligne Célestin Karanwa, médecin congolais du dispensaire chinois, installé il y a 7 ans à Goma au Nord-Kivu. Comme lui, d’autres Congolais
ont été formés en République populaire de Chine. Ils servent ainsi de relais entre les professionnels de la santé chinois et les malades. Dans ce dispensaire dirigé par un Chinois, 80% du
personnel est congolais.
Le caractère traditionnel de la méthode chinoise fait qu’elle est enregistrée, au niveau de l’inspection provinciale de la santé du Nord-Kivu, au même titre que les
autres pratiques traditionnelles présentes dans la ville de Goma.
Ce centre de santé ne travaille pas en vase clos, mais bien en étroite collaboration avec la médecine occidentale. "Mon frère souffrait de paralysie faciale et a été interné pendant plusieurs
semaines à l’hôpital. J’avais perdu tout espoir. Heureusement, son médecin traitant lui a conseillé de poursuivre les soins au dispensaire chinois. Après quelques semaines de traitement, il avait
recouvert sa santé", témoigne Micheline Ntakwinja qui y accompagne un malade. De nombreux patients se rendent donc au dispensaire et certains n’hésitent pas à abandonner leur traitement dispensé
dans les grandes structures médicales. "J’ai longtemps souffert de lombalgie. Je me suis déjà rendu dans plusieurs hôpitaux, mais mes problèmes persistaient. Depuis que je suis les soins ici,
tout s’améliore. La lombalgie est finie. Maintenant je viens pour la sinusite", confirme Jeanne Masika.
Des médicaments rares et chers
Les Chinois ont leurs propres méthodes. Ils utilisent notamment l’acupuncture qui consiste à planter des aiguilles dans certains points stratégiques du corps. Cette technique utilise l’énergie
vitale du corps qui y circule en suivant des méridiens. En ciblant différents points répartis sur ces méridiens on peut réduire un excès d’énergie ou améliorer sa circulation. Les patients se
voient aussi prescrire des médicaments particuliers fabriqués à base de plantes et fabriqués en Chine.
L’inconvénient de ces traitements est qu’ils ne sont disponibles qu’auprès des Chinois et ne se trouvent donc pas en pharmacie. "Quand nous sommes éloignés du dispensaire chinois, nous ne pouvons
pas trouver ces produits dans d’autres pharmacies. Et seul le personnel du dispensaire peut déchiffrer les ordonnances parce que tout est écrit en chinois. Voilà le problème qui nous guette avec
cette pratique", regrette Brigitte Moseka, une patiente interrogée à l’entrée de ce centre.
Enfin l’autre problème est qu’"elle n’est pas à la portée des bourses de tous ", conclut Médard Byemba. En cas d’infection urinaire par exemple, un malade doit payer 5 dollars pour la
consultation et doit encore en débourser 15 à 20 pour les examens alors que dans les centres de santé, ces mêmes soins sont gratuits. Ces coûts élevés font que, même si les patients de manière
générale apprécient la qualité des soins dispensés, seuls les nantis peuvent aller jusqu’au bout de leur traitement. Les autres après s’être rendus une fois au dispensaire n’y retournent
plus.
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