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RDC : La diaspora congolaise se mobilise contre « Joseph KABILA »

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Créé le 13 -04-2011 à 01h00 | AFRIQUE REDACTION | REDACTEUR EN CHEF : ROGER BONGOS | SITE PANAFRICAIN |  ACTUALITE | RDC | Mis à jour le mercredi 13 -04-2011 22 h05 | AFRIQUE REDACTION  PAR : JEUNE AFRIQUE

 

image Le Président Joseph Kabila en compagnie des musiciens Congolais

 

 

« Les artistes musiciens Congolais soutiennent le pouvoir en place. Ils sont donc complices des crimes commis par le pouvoir de Joseph Kabila ». « Notre pays est entre les mains d’un pillard et nos artistes acceptent d’être payés pour faire des libangas en son honneur. Trop, c’est trop ! »

À l’approche de la présidentielle congolaise, la diaspora se mobilise contre Kabila. Son mode d’action ? Le boycott d’artistes payés par le pouvoir. Un mouvement qui s’amplifie.


La vidéo fait le tour du web. Le 12 mars, la star congolaise de la rumba, Fally Ipupa, interprétant ses tubes et se déhanchant sur scène dans un Zénith parisien… vide. Enfin, presque. Sur les 6 000 places que compte la prestigieuse enceinte, il y avait un peu moins de 200 spectateurs. Quelques irréductibles qui ont réussi à franchir le barrage des Bana Congo (« les enfants du Congo »), un mouvement d’opposition créé en 2002 par des ressortissants du pays le plus vaste d’Afrique centrale et qui organise le boycott de tous les concerts d’artistes musiciens congolais en Europe. La raison ? « Ils soutiennent le pouvoir en place. Ils sont donc complices des crimes commis par le pouvoir de Joseph Kabila », martèle Jean-René Lumumba Yoto, installé à Londres depuis 1992 et qui revendique la paternité de ces actions. À quelques mois de la présidentielle en RDC, prévue fin 2011, le mouvement entend mobiliser le maximum d’anti-Kabila. « Notre pays est entre les mains d’un pillard et nos artistes acceptent d’être payés pour faire des libangas en son honneur. Trop, c’est trop ! »

Combattants de la résistance

Le libanga, l’art de la louange. Manié avec dextérité par les chanteurs congolais, il s’exécute contre une ­récompense, de préférence en pièces sonnantes et trébuchantes. Pour les hommes politiques congolais, c’est un excellent moyen de faire leur promotion. Et lorsque l’on sait l’influence qu’ont les artistes sur la jeunesse meurtrie et désœuvrée, on comprend pourquoi ils sont les cibles des Bana Congo. « Plus question de faire la fête, de danser et de chanter pendant que le peuple congolais meurt dans la misère », s’indigne Henry Muke, du mouvement de Bruxelles.


Des Bana Congo – qui se font aussi appeler les Combattants de la ­résistance –, on en retrouve à Londres, Paris, Bruxelles, Montréal. Jeunes, vieux, ils viennent de Lubumbashi, Kisangani ou Kinshasa. Étudiants, informaticiens ou cadres de banques, ils partagent tous une ambition : susciter un sursaut national qui remettra leur pays sur les rails… depuis l’extérieur. Aux revendications politiques s’en ajoutent bien d’autres, qui varient selon que l’on soit Bana Congo de Paris ou de Bruxelles. « Nous en avons marre des chansons qui n’évoquent que des choses en dessous de la ceinture et des danses obscènes exécutées par les danseuses », s’indigne Henry Muke. « Il faut que les pays occidentaux ouvrent les yeux sur ce qui se passe en RDC et refusent de collaborer avec ce gouvernement », renchérit Odon Mbo, du mouvement parisien.


La première action des « combattants » a eu lieu à Londres, en 2005. La victime : JB Mpiana, dont les rumbas font danser de Kinshasa à Dakar. Alors qu’il devait se produire dans un cabaret bien connu de la diaspora congolaise, une vingtaine de manifestants en bloque l’accès. « Il y a eu une bagarre, ce qui a rameuté la police, mais nous étions très satisfaits : le concert n’a pas eu lieu », jubile Jean-René Lumumba Yoto.


Depuis, le mouvement a fait des petits, la méthode s’exporte partout en Europe. En 2008, Koffi Olomidé n’a pu se produire à Londres ; en 2009, à Bruxelles, ce fut au tour de Tshala Muana, et de JB Mpiana en 2010. Werrason et Papa Wemba à Paris en janvier… Toutes les stars en font les frais : Tshala Muana ? « Ses danseuses sont obscènes ». Koffi Olomidé, Férré Gola ? « Ils ont chanté les louanges d’hommes politiques véreux. » Papa Wemba ? « Il a soutenu Joseph Kabila aux élections de 2006. » Si ce dernier ne s’en défend pas, il ne comprend pas la violence avec laquelle les artistes sont attaqués. « Ils nous accusent de toucher de l’argent du gouvernement, de fermer les yeux sur ce qui se passe au pays. Et pourtant personne ne peut prouver que nous ayons touché quoi que ce soit. Les artistes vivent de leurs prestations musicales. Il faut arrêter de voir la corruption partout. Nous ne faisons que notre travail », argumente Papa Wemba, tout en priant pour que bientôt tout rentre dans l’ordre.


Si les Bana Congo sont persuadés de faire l’unanimité, un rapide sondage dans la communauté révèle que celle-ci est très divisée sur la question. « Autant on peut comprendre leurs revendications, autant les méthodes qu’ils utilisent sont ridicules », s’indigne Armand, un jeune étudiant congolais de Paris qui avait fait le déplacement pour le concert de Fally Ipupa. « Ils prennent la culture en otage », renchérit son ami. Du côté des promoteurs du spectacle, la liste des récriminations est longue comme le bras et cela ne sera pas sans conséquences pour les artistes.

 

« Les combattants ont caillassé le car des musiciens, ils s’en sont pris physiquement aux gens qui sont venus, en crachant sur eux ou en les molestant », relate-t-on chez Meganet Productions, le promoteur du spectacle de Fally Ipupa. « Les tournées européennes et mêmes américaines de tous les artistes congolais sont compromises, parce que aucune assurance ne couvre ce genre de dégâts. » Sans vouloir communiquer le montant exact des pertes, chez Meganet Productions, on glisse qu’elles se chiffrent « à cinq zéros », rien que pour le Zénith du 12 mars.


Mais les Bana Congo n’en ont cure. Les vidéos de toutes les actions sont postées sur le Net et Odon Mbo se plaît à rêver à une révolution arabe… subsaharienne : « Maintenant, les gens du pays voient que la révolution est en marche. J’espère que cela va les pousser à battre le pavé très très vite. » Et si ce n’est pas le cas, les combattants pensent déjà à une autre action : suspendre tous leurs transferts d’argent vers le pays de Joseph Kabila.

(Jeune Afrique)

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Guy Tshibola 15/04/2011



Moi je me pose deux questions: Si aujourd'hui Kabila va dans une bureautique, il paie son argent normalement pour qu'on lui fasse une affiche qu'il va coller aux murs a Kinshasa, faudra-t-il
qu'on pille cette bureautique? ou qu'on frappe le tenancier de la bureautique? ou meme que ceui-ci refure de faire ce travail?.


La deuxieme est de savoir, faudrait-il que les fanatiques de Kabila (Je dis bien fanatiques, car c'est juste du fanatisme aveugle que ces soi-disant Patriotes sont, et qu'on ne se voile pas la
face, meme Kabila aussi a des fanatiques. Tous ceux qui lo'ont vote ne l'ont pas fait parce qu'ils etaient payes par lui).


Je revient a la question, si les fanatiques de Kabila font aussi une descente chez ceux qui soutiennent l'opposition, les patriotes mikilistes trouverons-t-ils cela normal? Car c'est la
democracie: si tu le fait, accepte que l'autre aussi le fasse. Je crois que ces mikilistes ne comprennent meme pas ce que c'est qu'une democratie. Et dire que c'est eux qui vivent la vraie
democratie: foutaises.



Leo wa Leo 15/04/2011



L'initiative d'informer et d'échanger les informations sur notre pays la RDC est très louable et j'encourage tous ceux des notres disposant des informations sur la mafia au sommet qui ruine le
pays de les mettre à la place public. Mais le hic est que souvent , nous n'apportons pas des preuves incontestables . Comme pour cette affaire SOCCO , pourquoi s'il existe des preuves des
appartements achetés à HONG KONG , ne pas les publier sur votre site et même les faire relayer par d'autres média avec une audience plus grande.La diaspora congolaise doit se reveiller et prendre
au sérieux les problémes du pays . En plus, elle évolue dans un espace ou il ya plus de liberté que dans le pays. Il ne faut pas se le cacher, la RDC est parmi les pays ou la dicture est la plus
forte et même la plus sanguinaire. souvenez vous des cas d'Armand NUMATUNGULU , assinée dans les géoles de la Presidence de la Republique pour avoir jetté une pierre sur le cortège Présidentiel;
souvenez vous du sécretaire Exécutif de la voix de sans voix assinée par les officiers connus de la police nationale ainsi que son chauffeur dont la depouille est resté introuvable à ce jour
. Toutes ces personnes qui ont osé lever le petit doigt sont morts et aujourd'hui oubliées. Qu'a fait la diaspora pour se souvenir d'eux  ? . Voilà des faits qui devaient nous
mobiliser au lieu de s'occuper de PAPA WEMBA qui pour le bésoin du ventre ,comme  la plupart des congolais vivant en RDC, cherche son pain. La RDC a peut être bougé avec la perestroika
mais le courant du monde arabe risque de passer sans que la RDC n'en sentes le moindre souffle . Wait and see.