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Créé le 12.03.10 à 06h10 - AFRIQUE REDACTION | ENSEIGNEMENT | RDC | Mis à jour le Vendredi 12.03.10 à 06h32. Par : L'AVENIR
Il s’observe de plus en plus dans les écoles de Kinshasa que la sécurité des enseignants pose quelquefois problème. Au moment où l’usage du fouet se relativise,
certains enseignants qui tiennent encore à y recourir pour faire entendre raison, sont parfois victimes de vengeance de la part soit des parents soit des proches d’élèves. Il y a eu des cas
d’abus, le plus récent étant celui d’un enseignant du primaire qui s’est vu ôter la chemise par des « kuluneurs » (ravisseurs, partisans d’un gang opérant à l’arme blanche dans les quartiers
kinois de la populace).
C’était à la demande d’une mère dont l’enfant du niveau élémentaire avait reçu trois coups de fouet. Le journal L’Avenir a initié un forum dans ses colonnes, permettant à des responsables
scolaires intéressés de s’exprimer sur la sécurité courante des enseignants. Dans les écoles de la coordination nationale kimbanguiste, le responsable Munkonda Diyazololua Georges tient à faire
observer la mesure relative à la suppression du fouet. Ce témoignage ressort d’une interview que le Directeur Adjoint, D.A de l’Ecole Primaire, EP V/ Kingasani, M.Yamona Magema. L’école est
établie au quartier Mokali, dans la commune de Kimbanseke.
-L’Avenir : A votre avis, qu’est-ce que le système éducatif congolais a perdu en adhérant au principe de la suppression du fouet ?
-Yamona Magema : Rien n’a été perdu. Car la matière de l’éducation, c’est l’enfant. Il est déconseillé d’appliquer de la violence sur l’enfant pour lui donner une éducation. L’école
traditionnelle ayant failli, elle a été relayée par l’école active. Ici, c’est l’enfant qui est au centre de son enseignement. Il est donc prohibé d’enseigner l’enfant sous forme d’une dictature.
L’enfant doit être l’acteur principal de son éducation, comme le prônait Jean-Jacques Rousseau. Et la matière à dispenser à l’enfant doit véritablement profiter à son enseignement. Ce sont les
connaissances de l’enfant qui doivent diriger la matière.
Le fouet ne peut en aucun cas être une arme à l’éducation. Beaucoup de cas d’accidents ont été enregistrés autour de l’usage du fouet. Notre école profite des campagnes de sensibilisation
qu’organise la Croix-Rouge autour de la suppression du fouet à l’école. Etre enseignant, c’est une vocation. Cela responsabilise le sujet sur le respect de certaines normes. Surtout nous qui
sommes une école confessionnelle, nous sommes tenus au respect des principes cardinaux de notre coordonnateur national. Il en résulte que les enseignants ne tiennent plus le fouet comme arme de
l’éducation.
-L’Av :Y a-t-il eu d’autres occasions où les enseignants ont été mis ensemble, pour être édifiés sur la suppression du fouet ?
- Y.M : L’année passée, l’Unicef a initié une telle occasion. Le calendrier indique d’autres séminaires en vue sur la suppression du fouet. Il ne faut plus que le fouet soit placé devant un
enfant à qui l’on transmet de la matière. Même si vous avez un chien et que vous lui présentiez un morceau de viande, le chien ne viendra pas si vous mettez un bâton devant. Alors, il faut qu’il
y ait un enseignement basé sur la confiance de l’enfant.
L’Av :-Beaucoup affirment que le fouet parti, c’est l’indiscipline généralisée à l’école. Ils tablent notamment sur les directeurs de discipline qui n’auraient plus de personnalité, et les « papa
kapita »,(entendez : les sentinelles) que la plupart des élèves traitent en grands-pères…
-Y.M : Ceux qui affirment cela se trompent. L’enfant est un être humain à part entière. Il faut lui montrer le mal qu’il ne doit pas faire et le bien qu’il doit faire. Si l’on s’approche de lui,
l’enfant est disposé à s’adapter à tout ce qu’on va lui dire. Tenir le fouet pour éduquer, ce n’est pas bien. Car actuellement, le dressage n’a plus sa place dans l’éducation nationale.
- L’Av : Pouvez-vous affirmer à ce jour que le cahier de communication vaut encore son efficacité dans le cadre des rapports parents – école ?
-Y.M : Le cahier de communication, c’est le pont entre parent et école. C’est à travers ce cahier que le parent se rend compte des activités pédagogiques et même administratives de l’école. Ledit
cahier peut aussi renseigner le parent sur le comportement de son enfant à l’école. Sans le cahier de communication, comment le parent peut-il s’informer sur les activités intellectuelles,
morales voire éducatives et leur enfant ? L’importance que chaque parent donne à ce cahier dépend autant du niveau que du milieu de l’intéressé. Car dans certains milieux, des parents ne prennent
pas ce cahier comme cela se doit.
Payne
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