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Créé le 15.03.10 à 01h10 - AFRIQUE REDACTION | DIPLOMATIE | RDC | Mis à jour le Lundi 15.03.10 à 01h12. Par : OBSERVATEUR
Le Président la République de Turquie, Abdullah Gül est arrivé hier dimanche 14 mars 2010 à Kinshasa dans le cadre d'une visite officielle de plusieurs jours.
Aujourd'hui, le numéro un turc s'entiendra avec le président congolais Joseph Kabila.
Le président turc est accompagné d'une forte délégation du gouvernement et de 250 investisseurs turcs intéressés par le marché congolais. Après la rencontre avec Joseph Kabila, la délégation
turque participera ce lundi à l'hôtel Memling au forum économique Turquie-RDC. Il est également prévu une rencontre avec les membres du bureau du Sénat. Cette visite s'inscrit dans le cadre du
renforcement des relations bilatérales et coopération entre la Turquie et la République démocratique du Congo. Les autorités de Ankara, on le sait, ont toujours ciblé la RDC comme un des pays
africains favorables au développement des relations politique, économique, commerciale, culturelle et technique.
Une puissance entre l'Europe et l'Asie
Située au carrefour entre l'Europe et l'Asie, la République de Turquie fut créée sur les cendres de l'empire ottoman. Au 19ème siècle, des soulèvements de diverses nations qui composent cet
empire crée en 1300, sous l'instigation des puissances occidentales, le fragilisent davantage.
L'empire ottoman va ainsi perdre trois grandes guerres successives. La dernière étant la première guerre mondiale à laquelle il participe activement.
A l'issue de cette guerre, les Turcs, contrairement à leurs alliés, vont refuser de se soumettre aux conditions humiliantes que leur ont imposé les vainqueurs. Ils exigent donc leur propre
indépendance. Et cette lutte de libération sera menée sous la conduite d'un personnage charismatique appelé Mustapha Kemal Pacha. Sous la conduite de celui-ci, le peuple turc remporte les
batailles des Dardanelles, face aux plus puissantes armadas du monde. La résistance et la guerre de libération déclenchée par Moustapha Kemal Pacha conduisent au départ des troupes occupant le
territoire turc. Le 29 octobre 1923, Moustapha Kemal Pacha proclame la République de la Turquie à Ankara. Celle-ci devient du coup la capitale de la Turquie moderne. Une République pluri ethnique
et multiconfessionnelle. Le nouveau Parlement de la jeune République rend hommage à son fondateur, Moustapha Kamal Pacha, en lui décernant le nom de Ataturk. Ce qui veut dire le Père des
Turcs.
La paix dans le monde
Ataturk devient tout de suite le symbole de la paix. Il formule le principe fondamental et éternel de la Politique étrangère de Turquie par son adage célèbre " La paix dans le pays, la paix dans
le monde". Sous la conduite d'Ataturk, la République de Turquie connaît de profondes réformes.
Sur le plan interne, Ataturk annule d'abord toutes les concessions économiques et juridiques consenties dans les siècles précédents aux puissances étrangères sans aucune contrepartie. Ces
concessions économiques nommées " les capitulations " par les historiens constituaient en réalité la raison fondamentale de la misère économique de l'empire Ottoman.
Ataturk entreprend également une série de réformes radicales non seulement pour changer le système politique. Mais aussi pour créer un nouveau peuple, ayant les valeurs et le mode de vie de
l'occidental. " C'est là qu'on constate la grandeur de son réalisme et son rationalisme. Sa sagesse politique très rare dépassait les sentiments de haine et d'hostilité ", a déclaré l'historien
congolais, le professeur Elikya Mbokolo. Il réalise ce qu'on appelle " la révolution turque ". Sur cette voie, il sécularise d'abord l'Etat. Le laïcisme devient l'aspiration irréversible du
peuple et de l'Etat turc. Il achève l'utilisation des caractères arabes et adopte l'alphabet latin. Ainsi, celui-ci devient le troisième alphabet turc. Il entreprend ensuite une série de réformes
juridiques, en abolissant les codes anciens inspirés des principes religieux et de la charia. A la place, la Turquie adopte les lois modernes occidentales pour les codes civils, commerciaux,
pénaux, etc.
La réforme culturelle
Dans ces codes, l'égalité entre les femmes et les hommes est strictement établie. C'est ainsi que par exemple, les femmes turques gagnent les droits à voter et à être élues déjà en 1934.
C'est-à-dire bien avant la plupart des pays européens. Elles occupent les fonctions importantes dans la société. Aujourd'hui 40% de la profession médicale est constituée par les femmes.
Ataturk engage également une réforme culturelle en valorisant les arts et la musique traditionnelle turque. Cependant, la réforme la plus importante est celle qu'il réalise sur le plan
économique. Il contribue à la création de premières entreprises du pays ainsi qu'à la réhabilitation des infrastructures routières et sanitaires. L'on peut citer les chemins de fer de Turquie,
les sidérurgies, les industries navale et mécanique, les barrages, la compagnie aérienne turque. Ataturk meurt le 10 novembre 1938, à l'âge de 54 ans. Mais, son œuvre sera poursuivie par son
compagnon de lutte, Ismet Inonu, deuxième Président de la Turquie moderne et laïc.
Aujourd'hui, un des candidats à L'Union européenne, la Turquie compte parmi les pays développés de la planète. Avec un produit national brut (PNB) de 5000 dollars américains par an. Le pays est
aussi un membre influent de l'Otan et des Nations Unies. La Turquie est également un pays incontournable dans le règlement des conflits au Proche Orient et en Asie centrale (Afghanistan, Arménie,
Georgie, Irak.)
Luc-Roger Mbala Bemba
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