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Mercredi 31 mars 2010 3 31 /03 /Mars /2010 22:14

Créé le 31.03.10 à 07h00 | AFRIQUE REDACTION | POLITIQUE | RDC | Mis à jour le Mercredi 31.03.10 à 07h20  Par : LE POTENTIEL  

 

L’anarchie, savamment et expressément, entretenue dans l’espace audio-visuel, tant à Kinshasa qu’à l’intérieur du pays, a trop duré. Cela depuis la fin du monopole d’Etat exercé par la Radiotélévision nationale congolaise, alors La Voix du Zaïre, dans ce domaine au début des années 90. Et qui a vu cet espace envahi par des opportunistes de tout bord, venus dans la profession par effraction pour des visées mercantilistes.


107 chaînes de télévision, dont 49 à Kinshasa, et 274 stations de radio, parmi lesquelles 39 implantées dans la capitale, sont enregistrées à ce jour. Inégalement disséminées à travers le territoire national, avec des programmes incongrus, bon pour le dévergondage et la délinquance juvénile et sénile. Il est temps d’y mettre un terme. Et c’est un sénateur, en la personne du rapporteur de la chambre haute du parlement, Modeste Mutinga Mutuishayi, qui y a songé. Il vient d’initier, à ce sujet, un projet de loi portant principes fondamentaux applicables à la radiodiffusion et à la télévision en RD Congo sous examen depuis hier mardi 30 mars 2010 au sénat. Projet de loi qui tire son fondement de l’article 123, point 9, de la Constitution, fait-il remarquer.


En effet, le but légitime de cette proposition de loi, fait savoir le sénateur Mutinga, est «d’améliorer quantitativement et qualitativement la production audiovisuelle en RDC». Il fait également observer que «les dispositions de cette proposition de loi seront applicables tant au secteur public que privé. La chaîne publique sera soumise aux principes fondamentaux édictés par ce projet de loi en ce qui concerne la production nationale, la publicité, le parrainage, le jeu concours, le télé-achat, la protection de l’enfant et la sauvegarde de la dignité de la femme». Aussi met-il à la disposition du Conseil supérieur de l’audiovisuel des normes pour que ce dernier puisse procéder à la régulation suivant la loi.


Puisqu’aucune loi ne régit ce secteur, la confusion est totale. Il en est de même du désordre savamment et expressément entretenu. Des amateurs et même ceux qui se disent professionnels en profitent pour «faire n’importe quoi», la déontologie et l’éthique professionnelles jetées aux oubliettes. L’important est de se faire de l’argent. Chaînes de télévision et stations de radio du secteur privé, des confessions religieuses et celles communautaires ne respectent pas leur cahier de charges et se livrent souvent à une concurrence déloyale.


C’est ainsi que la proposition de loi «met en place un principe fondamental définissant la typologie des éditeurs de services et leurs domaines d’intervention. On peut distinguer les éditeurs des services publics, les éditeurs de services privés commerciaux, ceux de services privés communautaires et confessionnels et ceux de services scolaires et académiques». Et d’ajouter : «Par cette catégorisation, on laisserait, par exemple, la politique politicienne aux éditeurs de services public et privé commerciaux, la religion aux confessionnels, le développement rural, l’éducation sanitaire et environnementale aux communautaires».


L’initiateur du projet fait un constat malheureux : «Ces chaînes qui pullulent émettent toutes en clair et ont presque toutes les mêmes programmes dominés par la musique, le feuilleton nigérian, des films et émissions piratés. Sans oublier les sulfureux débats politiques véhiculant parfois des propos diffamatoires, injurieux, mensongers et irresponsables». Et de relever le fait que «la dignité de la femme est souvent bafouée sur la plupart de ces chaînes de télévision ; notamment par l’exhibition de danses obscènes et d’accoutrements indécents. La protection de l’enfant n’est pas garantie à travers certaines offres de programmes télévisés, en l’occurrence le catch américain, les films violents, érotiques, voire pornographiques. Pire, la promotion de l’alcool et d’autres produits nuisibles à la santé (produits cosmétiques) est assurée par une publicité sans limitation ni de temps ni de volume».


A tout prendre, il nous faut reconnaître l’importance et l’opportunité de cette proposition de loi qui permettra, à coup sûr, d’assainir ce secteur vers lequel se sont rués des moutons noirs. Qui ternissent même l’image de la presse congolaise.


Par BONGOS ROGER - Publié dans : CONGO DEMOCRATIQUE (RDC)
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