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ATTENTATS DE PARIS: LES AVOCATS DE SALAH ABDESLAM RENONCENT À LE DÉFENDRE

ATTENTATS DE PARIS: LES AVOCATS DE SALAH ABDESLAM RENONCENT À LE DÉFENDRE

ATTENTATS DE PARIS: LES AVOCATS DE SALAH ABDESLAM RENONCENT À LE DÉFENDRE
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VIDÉO - Ils justifient leur décision par le mutisme de leur client, seul membre encore vivant des commandos du 13 novembre, qu'ils imputent notamment à la décision de le placer sous vidéosurveillance permanente. «Il ne dira plus rien. Mais quel dommage», expliquent-ils.

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ATTENTATS DE PARIS: LES AVOCATS DE SALAH ABDESLAM RENONCENT À LE DÉFENDRE

VIDÉO – Ils justifient leur décision par le mutisme de leur client, seul membre encore vivant des commandos du 13 novembre, qu’ils imputent notamment à la décision de le placer sous vidéosurveillance permanente. «Il ne dira plus rien. Mais quel dommage», expliquent-ils.

Les avocats de Salah Abdeslam, suspect clé des attentats parisiens du 13 novembre, renoncent à défendre leur client, ont-ils annoncé dans un entretien à BFMTV diffusé ce mercredi. «On a décidé l’un et l’autre de renoncer à la défense» d’Abdeslam. «Nous avons la conviction qu’il ne s’exprimera pas et qu’il appliquera le droit au silence», a expliqué Frank Berton aux côtés de son confrère belge Sven Mary.

«Dans cette position qui est la nôtre qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse. Nous l’avons dit dès le début, nous avons prévenu, si notre client reste muet nous quitterons sa défense», poursuit Me Berton. «Quand on a le sentiment d’être là pour faire des visites sociales à la prison, à ce moment-là une décision doit être prise», a ajouté l’avocat belge, Me Mary.

«Un immense gâchis»

  Abonnez-vous à Figaro Premium 222 commentaires  Facebook  Twitter  Google +  Linkedin  E-mail  Imprimer VIDÉO - Ils justifient leur décision par le mutisme de leur client, seul membre encore vivant des commandos du 13 novembre, qu'ils imputent notamment à la décision de le placer sous vidéosurveillance permanente. «Il ne dira plus rien. Mais quel dommage», expliquent-ils. Les avocats de Salah Abdeslam, suspect clé des attentats parisiens du 13 novembre, renoncent à défendre leur client, ont-ils annoncé dans un entretien à BFMTV diffusé ce mercredi. «On a décidé l'un et l'autre de renoncer à la défense» d'Abdeslam. «Nous avons la conviction qu'il ne s'exprimera pas et qu'il appliquera le droit au silence», a expliqué Frank Berton aux côtés de son confrère belge Sven Mary. «Dans cette position qui est la nôtre qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse. Nous l'avons dit dès le début, nous avons prévenu, si notre client reste muet nous quitterons sa défense», poursuit Me Berton. «Quand on a le sentiment d'être là pour faire des visites sociales à la prison, à ce moment-là une décision doit être prise», a ajouté l'avocat belge, Me Mary. «Un immense gâchis»  Pour Franck Berton, la décision de placer le prisonnier sous vidéosurveillance 24h sur 24h a joué dans son refus de parler. «J'ai le sentiment d'un immense gâchis. J'ai vu Salah Abdeslam sombrer de mois en mois», explique l'avocat. «Lorsque chacun scrute même la nuit vos faits et gestes, vous devenez dingue. Et ça, c'est une conséquence d'une décision politique. Ce n'est pas une décision de la justice», martèle l'avocat. «Les vraies victimes dans tout ça, c'est les victimes des attentats de Paris, parce qu'elles ont droit à cette vérité et elles ont droit à tenter de comprendre l'incompréhensible», ajoute son confrère Sven Mary. Les avocats expliquent qu'Abdeslam ne souhaite pas être représenté par quelqu'un d'autre pour le moment. «On était persuadés qu'il avait des choses à dire et qu'il allait les dire», se désole Frank Berton. «Il ne dira plus rien. Mais quel dommage.» Mis en examen pour assassinats terroristes et suspect clé des attentats parisiens qui ont fait 130 morts, Lorsque chacun scrute même la nuit vos faits et gestes, vous devenez dingue. Et ça, c'est une conséquence d'une décision politique. Franck Berton Salah Abdeslam est détenu à l'isolement depuis le 27 avril à Fleury-Mérogis et surveillé de façon continue. Salah Abdeslam avait tenté, devant le Conseil d'État, de faire suspendre ce dispositif inédit en France, mais la plus haute juridiction administrative l'avait débouté fin juillet, estimant que «le caractère exceptionnel des faits terroristes» pour lesquels il est poursuivi «impliquait que toutes les précautions soient prises». L'unique membre encore vivant des commandos du 13 novembre, refuse également de répondre aux questions du magistrat antiterroriste chargé de l'enquête sur les attentats de Paris et Saint-Denis. Il exerce son droit au silence pendant l'interrogatoire. «Comme un rat dans sa cage»  Les deux avocats se sont aussi exprimé ans une interview à L'Obs, précisant les raisons de leur défection, et prenant la défense de leur client. «Ses conditions de détention relèvent de la torture psychologique», estime Sven Mary. «Salah Abdeslam n'a jamais été l'organisateur des attentats de Paris. Mais le pouvoir politique a choisi de répondre à une attente populiste en le traitant comme tel, en l'épiant comme un rat dans sa cage. Je vous le dis, la prison est en train de transformer Salah Abdeslam en bête sauvage», ajoute Franck Berton. «Mon client n'était pas «un terroriste», mais un homme de 27 ans accusé d'avoir participé à une entreprise terroriste. Je suis fier d'avoir été l'avocat de Salah Abdeslam, je le revendique», ajoute-t-il. Selon lui, Abdeslam ne prendra pas d'autre avocat, et semble se désintéresser complètement de son sort. «Je pense qu'il n'aura pas d'autre d'avocat. Il n'en a plus envie. Salah Abdeslam abandonne. C'est comme un suicide, je le crains», juge l'avocat. La décision des deux avocats n'est pas sans inquiéter les victimes des attentats. «Cette annonce crée de l'inquiétude», a ainsi déclaré Stéphane Gicquel, président de la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs (FENVAC) au micro de RTL. «Ces familles sont très attachées à l'idée d'un procès. Elles se disent «Est-ce que ça va compromettre le procès?» Le procès, ou l'enquête judiciaire, ne repose pas sur la parole d'Abdeslam. Il y a un jeu pervers de sa part de penser que toute l'enquête dépend de sa parole. Non il n'est pas le maître de l'enquête et de la procédure judiciaire, et ça c'est important de le rappeler aux familles.»Pour Franck Berton, la décision de placer le prisonnier sous vidéosurveillance 24h sur 24h a joué dans son refus de parler. «J’ai le sentiment d’un immense gâchis. J’ai vu Salah Abdeslam sombrer de mois en mois», explique l’avocat. «Lorsque chacun scrute même la nuit vos faits et gestes, vous devenez dingue. Et ça, c’est une conséquence d’une décision politique. Ce n’est pas une décision de la justice», martèle l’avocat.

«Les vraies victimes dans tout ça, c’est les victimes des attentats de Paris, parce qu’elles ont droit à cette vérité et elles ont droit à tenter de comprendre l’incompréhensible», ajoute son confrère Sven Mary. Les avocats expliquent qu’Abdeslam ne souhaite pas être représenté par quelqu’un d’autre pour le moment. «On était persuadés qu’il avait des choses à dire et qu’il allait les dire», se désole Frank Berton. «Il ne dira plus rien. Mais quel dommage.»

Mis en examen pour assassinats terroristes et suspect clé des attentats parisiens qui ont fait 130 morts,

Salah Abdeslam est détenu à l’isolement depuis le 27 avril à Fleury-Mérogis et surveillé de façon continue.

Salah Abdeslam avait tenté, devant le Conseil d’État, de faire suspendre ce dispositif inédit en France, mais la plus haute juridiction administrative l’avait débouté fin juillet, estimant que «le caractère exceptionnel des faits terroristes» pour lesquels il est poursuivi «impliquait que toutes les précautions soient prises».

L’unique membre encore vivant des commandos du 13 novembre, refuse également de répondre aux questions du magistrat antiterroriste chargé de l’enquête sur les attentats de Paris et Saint-Denis. Il exerce son droit au silence pendant l’interrogatoire.

«Comme un rat dans sa cage»

Les deux avocats se sont aussi exprimé ans une interview à L’Obs, précisant les raisons de leur défection, et prenant la défense de leur client. «Ses conditions de détention relèvent de la torture psychologique», estime Sven Mary. «Salah Abdeslam n’a jamais été l’organisateur des attentats de Paris. Mais le pouvoir politique a choisi de répondre à une attente populiste en le traitant comme tel, en l’épiant comme un rat dans sa cage. Je vous le dis, la prison est en train de transformer Salah Abdeslam en bête sauvage», ajoute Franck Berton. «Mon client n’était pas «un terroriste», mais un homme de 27 ans accusé d’avoir participé à une entreprise terroriste. Je suis fier d’avoir été l’avocat de Salah Abdeslam, je le revendique», ajoute-t-il. Selon lui, Abdeslam ne prendra pas d’autre avocat, et semble se désintéresser complètement de son sort. «Je pense qu’il n’aura pas d’autre d’avocat. Il n’en a plus envie. Salah Abdeslam abandonne. C’est comme un suicide, je le crains», juge l’avocat.

La décision des deux avocats n’est pas sans inquiéter les victimes des attentats. «Cette annonce crée de l’inquiétude», a ainsi déclaré Stéphane Gicquel, président de la Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs (FENVAC) au micro de RTL. «Ces familles sont très attachées à l’idée d’un procès. Elles se disent «Est-ce que ça va compromettre le procès?» Le procès, ou l’enquête judiciaire, ne repose pas sur la parole d’Abdeslam. Il y a un jeu pervers de sa part de penser que toute l’enquête dépend de sa parole. Non il n’est pas le maître de l’enquête et de la procédure judiciaire, et ça c’est important de le rappeler aux familles.» Reuters, AFP

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